Auteur/autrice : Éric

  • [Commen­taire] The moment the CFO becomes CEO—it’s done. Game over.

    The moment the CFO becomes CEO—it’s done. Game over.

    La cita­tion, attri­buée à Elon Musk, iden­ti­fie très bien ce que j’ap­pelle le mana­ge­ment à la française, où la direc­tion de la société est géné­ra­le­ment pilo­tée par le commer­cial ou le finan­cier.

    Vécu plusieurs fois, souf­fert plusieurs fois. On rabote, on exploite, on essouffle, on court derrière le court terme, asser­vis. Parfois ça fonc­tionne un temps – finan­ciè­re­ment, pas humai­ne­ment. Au premier pépin, qu’il soit tech­nique, commer­cial ou stra­té­gique, c’est la traver­sée du désert.

    Il y a tant d’autres modèles. Quand je regarde ailleurs les socié­tés modernes qui m’at­tirent, je vois plutôt des entre­prises pilo­tées par la vision ou la mission qu’elles se donnent, parfois d’autres pilo­tées par le service (à l’)utili­sa­teur.

    Diffé­rence de culture, d’in­ves­tis­se­ment, de vision.

  • [Lecture] Ideal HTTP Perfor­mance

    A common ques­tion about Server Push is “what if the client already has a copy in cache?” Because Push is inhe­rently specu­la­tive, there’s always the chance that you’re sending some­thing that the brow­ser doesn’t need.

    HTTP/2 allows the client to cancel the push in this situa­tion, with a RESET_STREAM. Howe­ver, even then, there’s roughly a round trip’s worth of wasted data in flight that could have been used for better things. Remem­ber, the ideal is to send only the data that the client needs to show the page.

    A propo­sed solu­tion for this is for the client to use a compact Cache Digest to tell the server what it already has in cache, so that the server knows what’s needed.

    Bon article de Mark Nottin­gham sur HTTP 2, qui dépasse les notions de base qu’on voit partout. On y parle même un peu des évolu­tions de TCP.

  • [Lecture] Fouilles lors d’un contrôle d’iden­tité : exigence d’in­dices objec­tifs

    Je me suis long­temps posé la ques­tion de la léga­lité des fouilles. Je n’ai jamais lu de texte clair à ce sujet. Visi­ble­ment on était dans l’usage diffi­cile ou impos­sible à remettre en cause mais sans base légale.

    Tout au plus certains sites proposent de décla­rer quelque chose comme « je n’y consens pas, je ne prête pas mon concours, mais je ne me rebelle pas au cas où vous le faites vous-même en ayant le droit de vous passer de mon consen­te­ment ».

     « la palpa­tion de sécu­rité opérée sur une personne faisant l’objet d’un contrôle d’iden­tité n’au­to­rise pas l’of­fi­cier de police judi­ciaire à procé­der, sans l’as­sen­ti­ment de l’in­té­ressé, à la fouille de sa sacoche, dès lors que cette palpa­tion n’a pas préa­la­ble­ment révélé l’exis­tence d’un indice de la commis­sion d’une infrac­tion flagrante ».

    — Cour de cassa­tion, chambre crimi­nelle, via Dalloz

    Bien évidem­ment, vous vous essayiez de lais­ser les poli­cier vous fouiller sans donner votre accord ou que vous refu­siez en citant la juris­pru­dence, vous risquez surtout d’éner­ver les forces de police et qu’ils consi­dèrent ça comme rébel­lion.

    Il reste, qu’en ces temps où la loi et les usages donnent tous les droits à l’État et la police, cette préci­sion est plus qu’ap­pré­ciable.

    Dalloz conti­nue en rappe­lant que ça ne vaut pas en cas de flagrance, ni si la palpa­tion laisse effec­ti­ve­ment penser à infrac­tion.

  • [Lecture] How Etsy Formats Currency

    In order to follow along, you need to know one impor­tant thing: Currency format­ting depends on three attri­butes: the currency, the member’s loca­tion, and the member’s language.

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    Excellent billet d’Etsy sur la loca­li­sa­tion des montants et devises. Rien que pour la cultu­re…

  • Feed­back posi­tif

    Je me rappelle les cartes postales. À Yahoo il était possible de décer­ner une étoile à un collègue pour le remer­cier ou distin­guer une action parti­cu­lière. Je me rappelle d’un système de cartes postales internes pour cela.

    Je ne l’ai jamais vu utilisé dans les bureaux pari­siens. Peut-être une histoire de culture. Peut-être qu’aux États-Unis les pratiques étaient diffé­rentes.

    Je me demande toute­fois si ce n’est pas aussi une ques­tion d’ou­tils. Il est telle­ment facile de mettre un like sur Face­book et montrer un peu de compas­sion et de célé­bra­tion…

    Aujourd’­hui j’at­tri­bue une partie du succès de Slack aussi à ça : la capa­cité d’ajou­ter une humeur ou un emoji en réac­tion à un message.

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    C’est simple tech­nique­ment mais c’est surtout discret et non intru­sif au point que même les plus timides ont envie de parti­ci­per.

    Parfois c’est un pouce pour montrer l’ac­cord, un symbole ok, un coeur, un merci, une bouteille de cham­pagne ou des dizaines d’emojis moins signi­fi­ca­tifs qui ne sont là que pour donner un peu d’am­biance ou d’hu­meur.

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    L’en­ga­ge­ment néces­saire pour envoyer un emoji sur un message est extrê­me­ment faible. Rien à voir avec le frein pour envoyer un vrai message de célé­bra­tion. Le résul­tat c’est que les emojis sont utili­sés à profu­sion, et génèrent un feed­back posi­tif constant impos­sible à rempla­cer.

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    Et vous ? quel type de feed­back posi­tif mettez-vous en place dans votre équipe ? en mettez-vous au moins un en place ?

  • Photo­re­por­tage : Les enfants de Tcher­no­byl ont grandi

    On semble commen­cer à retrou­ver le sens des photos repor­tages et des webdoc. À l’heure où la TV ne prend aucun recul et où la presse se contente souvent de l’ac­tua­lité du moment et des refor­mu­la­tions de brèves de l’AFP, on a comme l’im­pres­sion d’un contre-courant, d’une redé­cou­verte des possi­bi­li­tés du media web.

    Le Temps sort un photo­re­por­tage bien fait sur l’en­vi­ron­ne­ment humain autour de Tcher­no­byl aujourd’­hui. Je ne peux que vous le conseiller.

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    Ce n’est pas le premier sur Le Temps, mais on repère encore le sous-domaine labs qui montre que tout ça n’est pas encore vrai­ment consi­dé­rer comme du contenu normal.

    Arte semble être un des rares à en faire vrai­ment des sujets à part entière, très réus­sis.

  • [Commen­taire] Nuit debout : Alain Finkiel­kraut chassé de la place de la Répu­blique

    « J’ai été expulsé d’une place où doivent régner la démo­cra­tie et le plura­lisme, donc cette démo­cra­tie c’est du bobard, ce plura­lisme c’est un mensonge.

    Il y a sur la place un mouve­ment de citoyens qui veulent entre autres se réap­pro­prier l’es­pace poli­tique. Ils avancent effec­ti­ve­ment les notions de démo­cra­tie et de plura­lisme.

    Ils ne sont cepen­dant pas la démo­cra­tie et le plura­lisme. Ils parti­cipent à la démo­cra­tie en tentant de la faire vivre, et au plura­lisme en ouvrant la discus­sion à d’autres que les person­na­li­tés média­tiques habi­tuelles. La nuance est impor­tante parce qu’ils n’ont aucune obli­ga­tion – pas même morale – de repré­sen­ter quiconque à part eux-mêmes, juste le devoir de porter leur voix dans un espace qui accueillera aussi celle des autres.

    Cet espace, la France, accueille déjà large­ment Alain Finkiel­raut, bien plus large­ment que 99,99% de la popu­la­tion. On ne peut pas dire que la démo­cra­tie et le plura­lisme soient morts en ne lui donnant pas le micro place de la Répu­blique.

    Europe 1 rapporte qu’il a pu écou­ter sans être gêné quand il était à côté de l’AG. L’in­ci­dent a eu lieu quand il s’en est écarté, de l’autre côté de la place où des groupes dispa­rates traînent, en marge des débats.

    Bref, rien qui ne puisse vrai­ment être imputé au mouve­ment lui-même. J’ose penser que Jean-Luc Mélan­chon à un rassem­ble­ment popu­laire LR ou Marine Le Pen à un rassem­ble­ment popu­laire de gauche auraient été bien plus chahuté qu’ici, où il n’y a eu que des invec­tives orales.

    Même si c’est un événe­ment lié à des indi­vi­dus et pas au mouve­ment lui-même, j’y vois juste­ment le plein exer­cice de la démo­cra­tie et de la liberté d’ex­pres­sion :

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    Alain Finkiel­raut c’est la figure oppo­sée à la plupart des courants qui animent le mouve­ment. Au delà, c’est celui qui théo­rise que la foule mène au tota­li­ta­risme. Bref, l’an­ti­thèse de ce que les rassem­blés à la place de la Répu­blique tentent de construire.

    Nous ne sommes pas ici dans une opinion diver­gente menant à débat, mais dans l’op­po­si­tion même à l’idée de construire le débat sur la place.

    D’au­tant que je ne venais que pour écou­ter, je ne venais même pas pour inter­ve­nir et pour faire valoir mes idées mais on a voulu puri­fier la place de la Répu­blique de ma présence et donc j’ai subi cette puri­fi­ca­tion, avec mon épouse »

    Le choix des termes n’est pas un hasard. Quelqu’un d’ha­bité à lancer des polé­miques, qui croit profon­dé­ment que ces rassem­ble­ments sont dange­reux et ne sont pas un espace de débat… étran­ge­ment il en sort une polé­mique et une posi­tion dans laquelle il peut dire qu’il est victime de la foule, que le rassem­ble­ment n’est pas sain.

    Chacun a joué le jeu qu’on atten­dait de lui, et tout le monde y a perdu. Je ne dis pas qu’il y a de quoi être fier de ce qu’il s’est passén ou que ces insultes et invec­tives sont accep­tables. De là à trans­for­mer le pyro­mane en victime, il ne faudrait pas trop se lais­ser abuser.

    Le prin­cipe même que ce léger fait divers fasse l’ac­tua­lité montre que quelque chose cloche bien plus profond.

    Sérieu­se­ment, on est en train de faire la une de tous les médias parce que quelqu’un s’est fait insulté en marge d’une mani­fes­ta­tion poli­tique ?

    Il semble surtout que ce soit un sujet parce que c’est lui, qu’il appar­tient aux person­na­li­tés et aux sphères média­tiques, et que leur montrer une oppo­si­tion à eux, que de ne pas les consi­dé­rer au centre du débat, voire les en exclure eux, ça c’est scan­da­leux. Ne serait-il pas plutôt le sujet ?

    Fina­le­ment tout ça est diable­ment inté­res­sant, mais à condi­tion de ne pas s’ar­rê­ter au premier degré du fait divers.

  • Terro­risme.

    Prendre du recul, sortir de ce qu’on croit évident et de nos préju­gés, reve­nir aux défi­ni­tions.

    Terro­risme :
    A. – Histo­rique.
    Poli­tique de terreur pratiquée pendant la Révo­lu­tion.
    Par exten­sion : emploi systé­ma­tique par un pouvoir ou par un gouver­ne­ment de mesures d’ex­cep­tion et/ou de la violence pour atteindre un but poli­tique.

    Par cette défi­ni­tion les États-Unis quali­fient tota­le­ment au prin­cipe de l’État terro­riste.

    Poli­tique exté­rieure armée, lois d’ex­cep­tions, empri­son­ne­ment de « combat­tants enne­mis » hors conven­tion de Genève, poli­tique d’exé­cu­tion arbi­traire de mili­taires et civils par des bombes venant de drones… Tout y est, le systé­ma­tisme, le pouvoir en place, les mesures d’ex­cep­tions, la violence et le but poli­tique.

    Même si les mesures d’ex­cep­tion Vigi­pi­rate sont anciennes, les liber­tés du niveau de l’état d’ur­gence sont encore fraiches. La France n’en est pas au systé­ma­tisme et on peut encore discu­ter du but poli­tique. Atten­tion toute­fois : quand on annonce vouloir garder ces mesures d’ex­cep­tion tant que le terro­risme existe, qu’on en fait un outil poli­tique, on glisse juste­ment vers un État terro­riste nous-même. Le souhai­tons-nous ?

    B. −
    Ensemble des actes de violence qu’une orga­ni­sa­tion poli­tique exécute dans le but de désor­ga­ni­ser la société exis­tante et de créer un climat d’in­sé­cu­rité tel que la prise du pouvoir soit possible.
    Par analo­gie : Atti­tude d’in­to­lé­rance, d’in­ti­mi­da­tion dans le domaine cultu­rel, intel­lec­tuel et/ou spiri­tuel.

    Là aussi, la poli­tique exté­rieure des États-Unis quali­fie tota­le­ment à la défi­ni­tion racine.

    La France est moins inter­ven­tion­niste, ou pas. Peut-être avons-nous simple­ment moins de recul sur la moti­va­tion de nos inter­ven­tions mili­taires exté­rieures. Diffi­cile de ne pas croire qu’au moins en partie notre moti­va­tion n’est pas d’ins­tau­rer un nouveau gouver­ne­ment qui nous convient mieux, c’est à dire réali­ser ou permettre une prise de pouvoir.

    On pour­raient même dire que l’état d’ur­gence aujourd’­hui est en partie une façon de créer ou entre­te­nir un senti­ment d’in­sé­cu­rité et casser les barrières exis­tantes pour des motifs élec­to­raux. Je n’irai pas jusqu’à dire que ça valide l’es­prit de la défi­ni­tion de terro­risme, mais au moins nous nous devons de faire atten­tion.

    Sur la défi­ni­tion par analo­gie, la France comme les États-Unis quali­fient là aussi très faci­le­ment. Quand on voit nos poli­tiques prin­ci­paux s’en­fon­cer dans un racisme ouvert, voir parfois une guerre de reli­gion, vouloir contrô­ler l’ap­pa­ri­tion de telle ou telle reli­gion en public ou vouloir la modé­rer telle que la voudrait l’État, parler de droit de l’hom­miste, faire peur pour mino­rer les opinions diver­gen­tes…

    Après tout est une ques­tion de propor­tion, nous ne sommes pas en Chine, mais faut-il forcé­ment être dans le pire pour s’au­to­ri­ser à prendre du recul et consi­dé­rer qu’on est sur le mauvais chemin ?


     

    Par exten­sion : emploi systé­ma­tique par un pouvoir ou par un gouver­ne­ment […]

    Le diction­naire a ses défi­ni­tions, l’usage en a d’autres.

    À l’ori­gine le terro­risme quali­fie l’État ou le pouvoir en place. Il est inté­res­sant que ces derniers aient réussi à renver­ser la défi­ni­tion pour l’ap­pliquer à ceux qui les contestent. Inté­res­sant et effrayant.

    Cela dit, même dans la défi­ni­tion popu­laire du terro­risme, c’est à dire « qui commet des actes de violence sur des civils pour des motifs reli­gieux ou poli­tiques », n’ou­blions pas que nos pays quali­fient tout autant.

    Les attaques de drones états-uniens se font pour partie sur des civils. Nos opéra­tions exté­rieures sont plus discrètes et plus anec­do­tiques mais les croire diffé­rentes serait une gros­sière erreur.


     

    Je n’ai pas parlé d’Is­raël. En partie parce que ça déclenche des polé­miques à n’en plus finir, mais aussi malheu­reu­se­ment parce qu’il n’y a pas vrai­ment place au débat. On peut trou­ver ça justi­fié mais factuel­le­ment on valide chaque défi­ni­tion, formelle ou popu­laire, sans même l’ombre d’une hési­ta­tion.

    Ça amène le dernier point, fina­le­ment évident, le terro­riste c’est celui qui utilise de la violence illé­gi­time. L’illé­gi­time c’est l’autre, peu importe dans quel camp on est. Quand il n’en reste plus qu’un, l’illé­gi­time c’est le perdant, le moins fort.

    Aujourd’­hui je suis occi­den­tal, et nous appa­rais­sons comme les plus forts. Est-ce une justi­fi­ca­tion pour nous auto­ri­ser tout cela ?

  • Stage de décon­di­tion­ne­ment

    Nous avons des stages de citoyen­neté, des stages de sensi­bi­li­sa­tion à la sécu­rité routière, des obli­ga­tions de soins psycho­lo­giques pour les agres­sions sexuelles, nous avons pensé à des stages de déra­di­ca­li­sa­tion divers, aujourd’­hui des stages sensi­bi­li­sa­tion à la lutte contre l’achat d’actes sexuels.

    Indi­vi­duel­le­ment je n’en critique aucun. Accu­mu­lés, en tant que peine prin­ci­pale ou complé­men­taire, je suis gêné. J’ai l’im­pres­sion qu’on glisse douce­ment vers 1984 (encore une fois), à fina­le­ment faire du condi­tion­ne­ment et du contrôle des pensées.

    Je ne nie pas la perti­nence de préve­nir de la réité­ra­tion. Je suis convaincu que des discus­sions sont infi­ni­ment plus effi­caces que des amendes ou de la prison.

    Pour autant, la diffé­rence entre condi­tion­ne­ment et décon­di­tion­ne­ment est parfois très faible. Elle tient surtout en ce qu’on croit être la bonne pensée. Je préfère que la loi et les peines s’oc­cupent des actes, pas des pensées.

    Entre un « ne le faites pas » et un « on va vous guérir et vous apprendre à penser comme il faut », il y a un pas que je ne veux pas fran­chir.

  • What’s in your daily bag(s)?

    In mine : My wallet, two key rings, the 13″ laptop with its sleeve (I do not trust enough the bag’s protec­tion in case I put it down a bit too strong), a 6″ e-reader, an A5 spiral note­book with its pen, a large blue­tooth head­set, an ombrella, a cap (or gloves and beany in winter), a small pouch, and frequently a 50cl bottle of soda.

    In the small pouch: two travel batte­ries for smart­phone, one small micro-usb cable and one retrac­table, a pair of sun glasses, two packs of paper hand­ker­chief, a thun­der­bolt to ether­net adap­ta­ter, a small in-ear head­set.

    2016-04-10 19.13.48

    Option­naly I may also have a pullo­ver, the laptop char­ger – when I know I will stay more than half a day outside home or office – and/or a small shoul­der bag.

    What about you? Would you get a picture of your daily bag(s)’s content?