Une chute comme exemple de dérive


Tiens, la vidéo de la chute de Madonna a été reti­rée pour viola­tion du droit d’au­teur…

Ça n’a l’air de rien mais ce simple message de 140 carac­tère montre toute le non-sens du droit d’au­teur tel qu’il est appliqué aujourd’­hui.

Tout d’abord non, la chute de Madonna ne devrait pas être couverte par le droit d’au­teur. Elle ne relève en rien d’une œuvre carac­té­ri­sant l’in­ten­tion et la person­na­lité de son auteur, pas prise isolé­ment.

Tout au plus relève-t-elle de l’ar­gu­ment « j’ai payé, c’est mon spec­tacle, mon inves­tis­se­ment, ma vidéo, ma propriété ». Si cet argu­ment est fréquent au point de deve­nir presque une réalité dans les menta­li­tés, il ne justi­fie en rien un droit d’au­teur.

Mais plus loin, on voit le droit d’au­teur utilisé comme une arme, détourné pour faire cesser des propos ou des infor­ma­tions qu’on souhaite ne pas diffu­ser. Cet usage est devenu des plus répandu depuis que tout ou presque est consi­déré comme rele­vant du mono­pole de l’au­teur.

Tout est lié, mais rare­ment dans l’in­té­rêt du public (même si effec­ti­ve­ment l’in­té­rêt public lié à la diffu­sion d’une chute de Madonna me semble bien faible, c’est là un juge­ment de valeur qui ne devrait pas entrer en ligne de compte).


6 réponses à “Une chute comme exemple de dérive”

  1. > Mais plus loin, on voit le droit d’auteur utilisé comme une arme, détourné pour faire cesser des propos ou des informations qu’on souhaite ne pas diffuser.

    Oui. C’est définitivement devenu un outil comme un autre.

    > Cet usage est devenu des plus répandu depuis que tout ou presque est considéré comme relevant du monopole de l’auteur.

    Disons plutôt que c’est le problème de la justice en général et du pouvoir de ceux qui l’appliquent. Le droit d’auteur a été créé pour protéger les intérêts de certaines parties dans une situation de faiblesse et dans un contexte particulier. Mais cela reste comme tout autre loi un outil. Peut-être notre société est tellement devenue orientée processus logique que nous appliquons les éléments respectant cette logique sans considérer le contexte (ou l’esprit de la loi). Prenons n’importe quel outil et donnons le à un moteur puissant (un bras fort, 10,000 bras, etc.) et nous obtenons une arme. Le droit et la loi sont normalement là pour protéger les abus de faiblesse. Cependant dans ces cas fréquents, la loi est utilisée par les puissants.

    La chute de Madonna on s’en fout. En revanche, le principe de pouvoir utiliser cet outil dans ces circonstances est… très malheureux.

  2. C’est vrai qu’invoquer les droits d’auteur est assez ridicule dans ce cas. Ça pourrait un peu mieux se comprendre au nom du droit à l’image, quoi qu’il s’agissait d’une représentation publique. Sinon j’imagine que YouTube a mis ce message standard par facilité, sans avoir à se justifier davantage.
    Sinon sur les dérives du droit d’auteur, il y a l’excellent Tumblr CopyrightMadness.

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