Sortir de soi, se trou­ver un peu

Sortir de soi, se trou­ver un peu

Ne pas oser, ne pas risquer, avoir honte, peur du regard des autres, d’un juge­ment, d’ab­sence de perfec­tion appa­rente.

* * *

Et puis un jour on se met des coups de pieds au cul, parce que le chan­ge­ment devient quelque part indis­pen­sable.

J’ai bous­culé ma propre honte, même si je conti­nue­rai proba­ble­ment à instinc­ti­ve­ment cacher mon corps encore long­temps.

J’ai dépassé en partie ma timi­dité pour abor­der une ques­tion déli­cate avec des gens proches, pour eux comme pour moi. Tous n’au­raient pas osé, n’ont pas osé braver leur propre regard.

Mais surtout je suis allé au bout du premier pas. Je remer­cie plus qu’elle ne le pense celle qui m’a fait confiance. Si cela a été si simple, c’est grâce à elle et à son approche.

Une fois face à face, il a bien fallu se jeter à l’eau. J’ai expé­ri­menté, perdu de vue ce que je voulais créer et expri­mer, en suis clai­re­ment insa­tis­fait, mais j’ai obtenu un résul­tat, pas aussi mauvais que craint initia­le­ment.

Mieux: J’ai laissé de côté mon habi­tude et j’ai partagé ce résul­tat tout en ayant pleine connais­sance de ses manques. Rien que ça…

Un merci tout parti­cu­lier aussi à ceux qui mont retourné un feed­back profond, franc mais respec­tueux sur les photos, ou qui le font encore. Ils me permettent d’avan­cer.

* * *

Savoir que tout ça est un chan­ge­ment irré­vo­cable quand bien même les vieilles habi­tudes ne parti­ront pas d’un coup.

Ne plus comprendre les réponses qu’on me fait, et qui pour­tant auraient été miennes il y a juste six mois. Se rendre compte combien tout j’était ridi­cule.

Vouloir conti­nuer l’ex­pé­rience plus loin. Cher­cher de l’aide, d’autres colla­bo­ra­tions, mais avec une approche moins crain­tive. Seconde étape.

Photo d’en­tête sous licence CC BY-NC par z rahen


3 réponses à “Sortir de soi, se trou­ver un peu”

  1. Je devine qu’il s’agit de ce fameux projet photo et des conversations sur le corps, la nudité, mais n’ayant suivi le sujet qu’à distance, je pourrai difficilement m’exprimer sur le fond.

    En revanche, ce sont deux petites lignes qui m’ont le plus interpellé.
    « Ne plus comprendre les réponses qu’on me fait, et qui pourtant auraient été miennes il y a juste six mois. Se rendre compte combien tout ça était ridicule. »

    Je trouve la réaction surprenante et, en un sens, regrettable. Cela veut dire que tu n’as pas forcément évolué, tu as plutôt, et « simplement » changé. Le distingo est selon moi important : en se construisant on va forcément développer des avis différents, à des stades différents de notre vie, mais il me semble intéressant, sinon essentiel, de se rappeler ce que l’on pensait, idéalement pourquoi on le pensait, et de rester tolérant face à ceux qui en sont encore là.
    Si l’on devient incrédule vis-à-vis d’un mode de pensée qu’on ne partage pas (ou plus), si l’on n’est pas compréhensif pour ce que l’on n’était pourtant, de ton propre aveu, seulement quelques mois auparavant, il ne faut pas s’étonner des tensions qui s’exacerbent ces jours autour de tout ce qui est étranger, différent, hors de notre champ de conscience ou hors de portée pour notre intellect.

    Je ne fais pas de jugement de valeur, ni ne te traite d’intolérant. Il faut simplement se poser un peu, et trouver un équilibre entre ce que tu pensais alors et ce que tu conçois maintenant. Intégrer les deux, pour mieux comprendre les autres, et où tu en es également.

    Tout cela peut faire un peu grandiloquent, mais étant donnés les questionnements qui apparaissent régulièrement sur ton compte Twitter dernièrement, je pense que c’est le genre d’introspection qui se profile.
    Dépasser le « voilà ce que je pensais avant, voilà ce que je pense maintenant ». Les deux ont un sens, et sont possiblement liés, ne serait-ce que parce que tu as construit ta nouvelle position relativement à l’ancienne. Ce point d’ancrage n’est donc pas dénué d’intérêt.

    (Pfff, ce que je suis donneur de leçons, ce matin. Je m’en excuse)

    Pour élargir un peu et terminer de rédiger un gros pavé indigeste, la question de la nudité, telle qu’on l’avait succinctement évoquée sur Twitter donc, est tellement ancrée dans les cultures (orientales comme occidentales, avec les nuances que l’on sait) que la penser autrement est un véritable exercice et une remise en cause profonde.
    On ne peut balayer d’un revers de la main des siècles de tabous et toute une pression sociale, même si l’on essaye de le prétendre.
    C’est peut-être même vain d’espérer changer, du moins sur le court terme. Au mieux peut-on faire bouger les lignes, doucement, en espérant que les suivants en profitent.
    C’est le même genre de combat que l’égalité des sexes, une éventuelle réforme politique ou encore la mutation que subit notre société ultra-connectée, dans les rapports humains, l’information, la perception de l’autre et du monde.

    Tes questionnements sur le corps seraient-ils les mêmes sans le regard critique et artistique apporté par Internet ? La multiplicité des interlocuteurs et, de là, des points de vue permet l’ouverture nécessaire à cette remise en question. La diversité des sources, facteur de confusion, est également bénéfique à l’esprit critique. Le problème restant, évidemment, de trier et hiérarchiser cette manne inépuisable de connaissance.
    Cela peut paraître généraliste comme discours, mais je pense que c’est néanmoins directement lié à beaucoup de nos questionnements actuels. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons eu accès à tant de données. Sommes-nous prêts pour cela, le serons-nous un jour ?
    En attendant, on peut juste essayer de prendre du recul et avancer doucement (où ça un paradoxe ?).

    Pfiou, on a bien mérité un petit café…

    • Sur ce qui t’interpelle, ma formulation est certainement peu adroite et oui, le respect est essentiel, la compréhension aussi. Ils sont toujours là, ancrés en moi et c’est quelque chose qui n’est pas prêt de changer, que je ne veux pas changer.

      Bien entendu que je respecte, que je comprends, que je lui laisse une place équivalente à la mienne. Je ne suis pas les autres, je n’ai pas vécu ce qu’ils ont vécu. Il ne s’agit pas d’être incrédule.

      Que je parle de ne pas comprendre ou de ridicule, ce n’est en rien un jugement sur ce que je reçois, c’est un sentiment sur moi même. C’était dire certaines réponses n’ont plus d’écho chez moi, que je trouve mon moi précédent ridicule désormais. Je parle de mon passé.

      Je me rends compte comment cela peut effectivement être lu et je m’en excuse, d’autant que ça me peine de pouvoir donner cette impression. J’hésite à éditer. Les commentaires sont désormais là pour donner du sens. Merci.

      Et à choisir, je dirais justement que j’ai changé, pas évolué. Je n’ai pas évolué parce que je ne me sens justement pas supérieur, je me sens différent. Ou plutôt je sens que que j’ai commencé un chemin. Bon, le terme « changé » est peut être justement un peu grandiloquent, ou surtout ça implique un changement passé alors que ce n’est qu’une étincelle de prise de conscience. Disons que je me suis remis en cause, mis en mouvement sur un nouveau chemin.

      Ce billet n’est qu’un instantané de ce que je ressens, exprimé tel quel, volontairement lapidaire et un peu brouillon. La forme s’en ressent forcément.

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