Étiquette : Chemin photo

  • Intros­pec­tion photo­gra­phique – 2

    J’ai eu envie de remettre à jour l’intros­pec­tion photo­gra­phique qui parle plus de mes débuts que de ce qu’il s’est passé ensuite, expliquer ce que je fais et en quoi c’est impor­tant pour moi.

    Je n’en ferai fina­le­ment rien : Je ne renie rien du précé­dent texte et de son chemi­ne­ment. J’ai avancé, je travaille diffé­rem­ment, je ne vois plus les choses sous le même angle, mais je parle toujours du rapport au corps, à l’autre et à moi-même. Ce texte origi­nel a encore tout son sens (et je vous en propose donc la lecture avant de passer à la suite).

    Aujourd’­hui j’écris sous les photos, et ça s’est révélé aussi impor­tant pour le proces­sus que la photo elle-même. C’est confus, pas toujours profond, mais certains textes complètent mieux que je ne pour­rai le faire ici la descrip­tion initiale de ma démarche, où j’avance, comment ou pourquoi.

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    Il est possible d’ou­vrir les albums Flickr, pico­rer les photos qui vous plaisent ou qui vous inter­rogent, et suivre les liens qui accom­pagnent certaines de ces photos (quand il y en a deux, le premier lien est géné­ra­le­ment accom­pa­gné d’un texte sur mon parcours).

    Pour ceux qui ont l’en­vie de s’im­mer­ger, je propose plutôt une collec­tion des textes qui m’im­portent le plus, à parcou­rir un par un. Il y en a une tren­taine à ce jour mais la plupart ne font que quelques lignes.

    Si vous avez le temps, vous pouvez aussi dérou­ler l’in­té­grale des billets photo dans l’ordre, un par un (130 à ce jour, dont une partie ne sont que des inspi­ra­tions).

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    Ce que je n’avais pas anti­cipé ce sont les rencontres extra­or­di­naires que ces photos m’ont permis de faire, des rencontres avec des personnes extra-ordi­naires, belles, humaines. Souvent nous discu­tons beau­coup, avant, après, parfois pendant ; des conver­sa­tions sans la cara­pace usuelle. C’est un cadeau à part entière, indé­pen­dam­ment des photos.

    L’autre cadeau ce sont les remer­cie­ments appuyés des modèles ou leur envie de reve­nir après la première séance. Certaines parcourent un chemin paral­lèle au mien ; savoir que notre colla­bo­ra­tion a permis un autre regard sur elles-mêmes fait sauter toutes mes hési­ta­tions.

    Bref, tout ça m’en­ri­chit bien plus que prévu et la photo ne se révèle qu’un support. Je ne compte pas arrê­ter. Aujourd’­hui j’ai envie d’autres séances, de rencon­trer d’autres gens. Pour conti­nuer le chemin déjà engagé mais aussi sur d’autres sujets. J’ai envie de gens qui s’em­brassent, d’une danseuse, d’une femme enceinte. J’ai envie de gens qui ont souhaitent s’ou­vrir et parta­ger.

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  • [Photo] Dérive

    Dérive (9457) - Flickr
    Dérive (9457) – Flickr

    Je repro­duis sans le vouloir une ancienne photo passée, avec je pense une progres­sion. Cette pose renforce un peu l’image stéréo­ty­pée du corps fémi­nin mais c’est aussi un peu l’objec­tif. Il s’agit d’oser accep­ter que ces images ne sont pas réser­vées aux modèles parfaits et retou­chés des maga­zines, de jouer avec.

    J’ai longue­ment hésité sur le sens à lui donner et fini par garder l’orien­ta­tion à gauche pour forcer à reve­nir en arrière lors de la lecture, et suivre le corps avec ses courbes. L’idée c’est un peu retrou­ver le regard qui dérive sur le corps. Tentez de l’in­ver­ser, je suis curieux de voir laquelle vous préfé­rez et pourquoi.

  • [Photo] Séré­nité

    Séré­nité (9377) – Flickr

    Je suis heureux de cette photo. J’avais déjà cher­ché le regard inti­miste avec cette lumi­no­sité qui trans­perce mais sans le trou­ver tout à fait. Ici j’y lis du calme et de la séré­nité.

    On me demande parfois si le nu est néces­saire. Proba­ble­ment pas, mais je ne me vois pas atteindre le même effet sans le dépouille­ment de la nudité. Les ambiances qui sont créées via le nu sont vrai­ment parti­cu­lières à mes yeux, autant sur la photo que pendant la séance.

  • [Photo] Épuré

    Épuré (9446) – Flickr

    J’adore ces photos douces, qui permettent d’ou­blier le côté terre-à-terre du corps. Tout le monde se voit avec plein de défauts. J’ai souvent la remarque « je ne suis pas comme les modèles que tu as déjà eu » et en fait si, toujours. Le regard des autres est telle­ment diffé­rent de celui qu’on a sur soi…

    L’his­toire n’est pas la même, mais je vous propose un second cadrage plus dans l’op­tique de la photo d’hier. Je suis inté­ressé par vos retours.

  • [Photo] Regards

    Regards (9647) - sur Flickr
    Regards (9647) – sur Flickr

    C’est évident après coup mais ce sont les photos de dos qui semblent provoquer le plus le regard des modèles après la séance. Ce ne sont pas celles qu’on a l’ha­bi­tude de voir, et encore moins mises en valeur.

    Je fais mes photos pour chan­ger le regard. Chan­ger le regard que j’ai sur moi-même et sur les autres, humble­ment parfois aider les autres dans le regard qu’ils ont d’eux-même.

    Et ça fonc­tionne mais plus j’avance plus je me rends compte qu’il s’agit aussi d’ac­cep­ter le regard des autres, ou au contraire de savoir passer outre et vivre sans lui donner trop d’im­por­tance. Que nous refu­sons-nous sous la contrainte du regard d’au­trui ? Est-ce raison­nable ?

  • [Photo] Rien d’autre

    Parfois les images sortent diffi­ci­le­ment. Celles qui suivront ces prochains jours ont mis plus de six mois. Mon parcours a évolué depuis mais si je n’au­rais pas choisi ces situa­tions aujourd’­hui, elles ont toujours un sens. Certaines sont en couleur, ce qui est une excep­tion dans ma produc­tion. Ça aurait été un sacri­lège de ne pas en profi­ter ici.

    Rien d’autre (9364)

    Je parlais de croix il y a quelques temps, et sans le savoir j’ai failli donner le même titre à cette photo. Quand on enlève tout le reste pour se mettre à nu, pour révé­ler qui nous sommes, on s’aperçoit qu’il reste toujours quelque chose qui nous repré­sente. À nu on ne triche pas mais on exprime toujours quelque chose de fort.

  • Corps et tabous

    Je me moque copieu­se­ment de Face­book et de son filtre de respec­ta­bi­lité pour les photos. J’iro­nise sur les censures. On peut voir les corps mais pas de téton fémi­nin ou de sexe. On en arrive a des situa­tions déli­rantes où les artistes mettent des caches-téton sur les photos et où on bannit des photos de promo­tion contre le cancer du sein.

    Je me moque mais fina­le­ment, en discu­tant photo avec des amis, je me rend compte qu’on fait bien les même idio­ties. Notre limite est juste placée un peu plus loin, en auto­ri­sant les seins et un peu de pilo­sité. Même pour des photos artis­tiques et inté­res­santes par ailleurs, j’écarte systé­ma­tique­ment celles où le photo­graphe laisse le sexe appa­rant. Il faut qu’il soit caché ou hors cadre, à la limite dans l’ombre si on ne distingue pas grand chose.

    J’ai l’im­pres­sion de me faire domi­ner par des tabous stupides. Quel sens cela a-t-il de rendre honteux ou inter­dit quelques dizaines de centi­mètres carrés sur un corps sachant qu’on sait bien tous comment c’est fait de toutes façons ? Qu’il y a-t-il de si sulfu­reux à avoir un corps ou à l’as­su­mer ?

    Il y a quelques temps j’avais publié une photo quasi­ment unique­ment pour sortir de ce genre de tabous. C’était fina­le­ment plutôt pudique et consen­suel. Aujourd’­hui j’ai presque envie de repro­duire le tableau de Cour­bet, juste pour montrer qu’il n’y a là rien qui devrait faire faire honte, pour me montrer que je n’en ai pas honte.

    L'origine du monde - Gustave Courbet
    L’ori­gine du monde – Gustave Cour­bet

    Ce tableau a déjà 150 ans, et rien n’a changé. Nous l’ac­cep­tons, mais à condi­tion de ne le voir qu’à titre histo­rique, en pein­ture et entouré d’un cadre.

  • [Récap photo] Au mascu­lin

    Peut-être trop de pudeur de mon côté, cette première séance homme a été bien plus courte que les habi­tuelles. J’en garde quelques photos que j’aime bien, et des vues du dos qui me sont chères, mais je suis aussi frus­tré : J’ai l’im­pres­sion d’avoir comme bégayé dans mon chemin. Je suis reparti avec plus de pudeur et d’hé­si­ta­tions que dans ma première séance fémi­nine, mais en plus sans oser avan­cer fron­ta­le­ment. Il y a encore du chemin.

    Comme pour la précé­dente séance, vous avez les textes ici, mais les diffé­rents albums sont aussi publiés direc­te­ment sur Flickr, annon­cés sur Twit­ter.

    Changement
    Chan­ge­ment
    Droit
    Droit
    Espace
    Espace
    Dos
    Dos
    Survivre (8899)
    Survivre
  • [Photo] Espace

    Espace (8844)J’ai commencé mon parcours photo au télé­objec­tif, à faire des portraits telle­ment serrés qu’il manquait le front et le menton. J’en fais encore mais je commence à m’au­to­ri­ser les plans plus larges, en inté­grant l’es­pace autour pour créer quelque chose de diffé­rent. Je n’en n’avais pas réel­le­ment conscience et voir ce cadrage – conçu ainsi lors de la prise de vue – m’a fait un bien fou à l’égo.


    La séance complète

  • [Photo] Et avec un homme ?

    Changement (8829)Je crois que c’est le sujet qui revient le plus cette année. Pourquoi unique­ment des femmes ? – Par faci­lité, parce que c’est plus proche de ma bulle de confort, proba­ble­ment.

    Je voyais moins d’hommes prêts à accep­ter, et moi-même avais bien plus de barrières à faire tomber pour oser me confron­ter à la nudité mascu­line. Ma gêne est encore là vis à vis des hommes alors qu’elle a sensi­ble­ment réduit vis à vis du corps fémi­nin.

    La repré­sen­ta­tion du nu mascu­lin est aussi plus rare, voire plus tabou. Je me pose la ques­tion de ce que je peux montrer d’un homme, alors que je ne me la suis pas posée pour les modèles femmes.

    L’idée même de cette diffé­rence de trai­te­ment me gêne, mais elle ne peut dispa­raitre sans l’af­fron­ter direc­te­ment. Le chan­ge­ment ne pouvait venir que de moi.

    Main­te­nant que la séance précé­dente est publiée, voici quelques photos d’un premier essai diffé­rent.


    La séance complète