Propo­ser un stage


J’ai lancé les propo­si­tions de stage tech­niques pour la société, mais je conti­nue à hallu­ci­ner sur les pratiques du milieu. Quelques réflexions :

Écoles, sites d’an­nonces :

  • Propo­sez un éditeur de texte mini­mal qui sait gérer les para­graphes, les listes et les liens. C’est quelques heures à inté­grer sur un site et ça permet d’avoir une annonce correcte dans la forme. Ne pas pouvoir faire de liens sur des offres de stages web c’est juste inima­gi­nable. Oh, et ne limi­tez pas à des tailles ridi­cules, il est de l’in­té­rêt de tout le monde d’avoir le plus de détail possible.
  • Ne faites pas ressai­sir à chaque fois les mêmes infor­ma­tions, surtout si vous avez un nombre de champs de formu­laire impor­tants. J’ai septs sujets possibles, j’ai passé litté­ra­le­ment des heures à publier sur juste trois sites, et pour­tant j’avais prévu de quoi faire des copier/coller.
  • Ne propo­sez pas de segmen­ta­tion trop fine des types de postes, surtout si vous le faites mal. C’était à chaque fois inadapté et ça m’a fait hésité une ou deux fois à poster mes offres. Quand les déve­lop­pe­ments se résument à « inté­gra­tion html – réfé­ren­ce­ment », « déve­lop­pe­ment web avec php/asp » et « program­ma­tion java et C/C++ » je place où un stage inté­res­sant avec du déve­lop­pe­ment d’ap­pli­ca­tif javas­cript, avec du ruby on rails, du mongodb et un des choses un peu évolué ?
  • Ne propo­sez pas des champs trop bloqués. J’ai une date de démar­rage de stage assez floue, entre janvier et juillet 2013, je remplis quoi ? J’ai mis mars parce que c’est là que se font la plupart des stages mais quid si votre école démarre en février ? Le must c’est pour l’INSA où on me demande un mois précis mais où les diffé­rentes filières commencent les stages à des dates diffé­rentes. Je ne peux même pas adap­ter mon annonce à la cible.
  • Pour les sites d’an­nonces : Lais­sez au moins les offres de stage en soumis­sion gratuite ! Une entre­prise prêt à payer 200 € pour poser une offre de stage c’est une entre­prise qui cherche juste un employé mal payé et pas un stagiaire à former. Ceux qui sont prêts à payer de telles sommes sont ceux que vous devriez refu­ser pour garder une vraie qualité d’offre.
  • Aucun ne m’a demandé quel était l’en­ca­dre­ment, comme j’abor­de­rai la forma­tion, etc. C’est vrai­ment à croire que même les écoles cadrent leurs critères comme une offre d’em­ploi ma payée.
  • Et pour aller plus loin : Je suis gêné, et encore plus pour une école, de poster mes propo­si­tions de stage dans « annonce d’em­ploi », « recherche d’in­gé­nieur » et autres quali­fi­ca­tions « je cherche un employé ».

Je commence à vrai­ment penser que les stages devraient être simple­ment bannis tels qu’ils le sont, surtout les stages de fin d’étude. S’il n’y a plus de forma­tion d’école après le stage et que le stage se résume à un rapport qui ne sera quasi­ment jamais inva­lidé, alors assu­mez qu’il n’a plus rien à faire dans la forma­tion initiale.

Tel qu’il est proposé partout ailleurs le stage de fin d’étude semble juste être un emploi de débu­tant pour des socié­tés qui n’as­sument pas qu’elles puissent payer un débu­tant. La seule diffé­rence c’est qu’on est hors droit du travail. Faisons comme dans tous les autres pays : Au lieu de prétendre que tout le monde doit avoir deux ans d’ex­pé­rience en sortant d’école, recru­tons aussi des débu­tants, à des salaires de débu­tants, tout simple­ment.


6 réponses à “Propo­ser un stage”

  1. Pour aller plus loin sur le dernier paragraphe :

    * Je ne suis pas fana de l’alternance. Je suis convaincu qu’il y a un gain pour la formation et pour l’alternant mais c’est un format avec beaucoup de contraintes et un grand risque pour l’employeur. En tant qu’employeur je ne sais pas comment l’étudiant va agencer ses priorités entre études et travail, et simplement s’il va correspondre. C’est un engagement d’un ou deux ans et la rupture peut signifier de très grandes difficultés à retrouver quelque chose et peut être mettre fin à la formation. Du coup je me vois plus difficilement casser une alternance qu’un stage ou qu’un CDI en période d’essai, et le risque est d’autant plus important.

    * À l’inverse j’apprécie beaucoup l’idée des années de césure qui sont proposées par les écoles de commerce. On a l’idée d’avoir un mélange d’expérience et de formation, on travaille sur des temps assez longs pour que ça ait du sens, le temps est dédié soit à la formation soit au travail mais pas mixé, et on est sur du droit du travail classique avec tout ce que ça comporte et comme bénéfices et comme contraintes.

  2. Une des choses qui me paraissent peut être la plus importante, c’est l’encadrement.
    Quand on cherche un stagiaire dans un domaine mais que personne dans la boite maîtrise réellement ce domaine, quels sont les apports pour le stagiaire ?
    Comme tu le soulignes, il devrait y avoir, au même titre que le contenu du stage, un contenu sur l’encadrement du stagiaire, les compétences acquises, etc…
    Sinon c’est un job, et mal payé !

    • Oui, mais je me vois mal y mettre fin en fait (sauf si vraiment l’étudiant est de mauvaise foi). Ca lui ferai rechercher une nouvelle alternance à un mauvais moment (quand on recherche une alternance un mois après le début des dates, non seulement les postes sont déjà pris mais personne n’est dupe et il va falloir galérer pour se faire reconnaitre comme acceptable) avec le risque de remettre en cause toute la formation s’il ne trouve pas, ou handicaper un peu son avenir s’il trouve une alternance « prétexte » qui plombera sérieusement son CV.

      Pas de problème si la personne fait n’importe quoi consciemment mais parfois la personne est correcte, c’est juste qu’elle ne correspond au poste, à l’ambiance, ou aux attentes. Un stage ou même un CDI, ça se casse plus facilement simplement parce qu’on peut retrouver plus facilement, il n’y a pas de double peine.

  3. Etant en recherche de stage de fin d’études, je trouve vos remarques intéressantes.
    A bac+5, la seule chose que je peux réellement apporter à une entreprise lors d’un stage c’est ma motivation à apprendre un métier (je passe sur les « rigoureux » « esprit d’équipe » « autonome » « aime le travail bien fait » qui sont autant d’arguments servant à agrémenter une lettre de motivation façon marchand de tapis).
    Mes compétences ? Quelles compétences ? On nous apprend des choses soit trop théoriques soit complètement dépassées par les pratiques courantes (surtout dans le web, vous le remarquez très bien, où là c’est carrément n’importe quoi). La seule chose qu’on a c’est un certain sens « de l’ingénieur » lorsqu’il s’agit d’aborder des problématiques. C’est déjà pas mal cela-dit…enfin je crois.

    Le stage (surtout le PFE) c’est le moment d’apprendre son futur métier. Est-ce qu’on devrait le supprimer et recruter des débutants ? Je ne suis pas sûr d’être d’accord, vu la difficulté qu’on a (que j’ai en tout cas) à faire valoir que non, nous ne sommes pas en stage pour travailler « pas cher » mais bel et bien pour « acquérir une expérience pratique dans le domaine de [—-] ».

    Sur ce, je retourne vendre des « curieux et rigoureux » sur mon CV, on ne sait jamais ;-)

    • Ah mais si tu as des compétences, sinon c’est que tu n’as pas fait d’école. Avoir des compétences ne veut pas dire avoir 10 ans d’expérience, mais tu as bien des compétences (j’espère pour toi).

      Après il y a aussi ce que tu développes à côté pour l’aspect pratique, et oui : ça joue.

      Le PFE pour moi n’est pas le moment où tu apprends ton métier, mais où tu complètes une expérience par la mise pratique. Alors oui on recrute d’abord une personne, oui il y a un fort volet formation (trop souvent absent), mais ça reste un stage où l’entreprise attend aussi que tu amènes des compétences. C’est un échange : S’il n’y avait que l’aspect formation aucune entreprise n’investirait 6 mois ainsi, même avec une faible indemnité.

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