Pour en finir avec la laïcité


J’at­ten­dais que quelqu’un parle mieux que moi de la laïcité. C’est chose faite avec Maitre Eolas, pour en finir avec la laïcité :

Il y a eu des abbés dépu­tés dans l’as­sem­blée qui a voté la loi de 1905. Ils sont citoyens à part entière, comme vous et moi.

[…]

Reli­sez la loi de 1905. Elle n’in­ter­dit nulle­ment à quelque culte que ce soit de se mêler de poli­tique. La liberté d’ex­pres­sion s’y oppose même fron­ta­le­ment.

Mais aussi

La loi commence par procla­mer la liberté de conscience, et s’oblige à garan­tir le libre exer­cice des cultes. C’est à dire que la Répu­blique est tenue de mettre en œuvre les moyens proté­geant ce libre exer­cice.

[…]

Dans un avis du 27 novembre 1989, le Conseil d’État rappelle l’évi­dence : l’obli­ga­tion de neutra­lité ne s’ap­plique qu’aux agents, et en aucun cas aux usagers du service public, proté­gés par l’ar­ticle 1er de la loi de 1905.

[…]

La laïcité de la répu­blique n’est pas la prohi­bi­tion du fait reli­gieux dans l’es­pace public.

Et surtout (la graisse est mienne)

Une loi [restrei­gnant l’exer­cice de la reli­gion dans les lieux publics] viole­rait la laïcité, en restrei­gnant arbi­trai­re­ment l’exer­cice d’un culte pour des raisons n’ayant aucun lien avec l’ordre public (la vue d’une kippa ou d’un hidjab ne trouble pas l’ordre public, même si elle vous trouble vous ; dans ce cas ce n’est pas la reli­gion le problème mais votre into­lé­rance).

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12 réponses à “Pour en finir avec la laïcité”

  1. Hello,

    Pour réponde à ta graisse, je dirai que ces signes extérieurs de croyance me troublent, en effet, car je suis intolérant vis à vis de la religion qui me semble contradictoire avec l’idée même de conscience, mais que ce n’est pas un problème, je l’assume ;).

    Quand a savoir si l’Etat devrait garantir la liberté de culte, on en revient au problème de savoir quel culte car si demain je décidai de faire revivre les sacrifices mayas, je doute qu’on me laisse faire.

    Dans une moindre mesure, adopter une religion qui restreint la liberté de conscience de ses enfants, la liberté d’action de sa conjointe ou autre, ne devrait pas être toléré.

    Or, quelles que soient les religions, elles marquent au fer rouge (baptême, circoncision) des enfants qui sont de toute façon conditionnés dans un univers qui les oblige à croire.

    La question que je me pose est, ces gens là se prennent-ils pour Dieu ? En effet, si une personne a la conviction que le vrai dieu est Untel, c’est une question de foi personnelle. Or, si cette dernière décide que ses enfants doivent également croire en ce même dieu, elle se substitue à dieu en imposant les principes de son propre dieu à une personne qui pourrait en de toutes autres circonstances croire en un autre dieu ou selon toutes probabilités, ne pas croire en dieu.

    Bref, la religion en toute conscience, oui, mais alors la condition est qu’il ne faut pas parler de religion a un enfant et attendre qu’il fasse son choix en atteignant la majorité. Ce qui n’est pas le cas et ce qui justifie mon intolérance envers la religion.

    • Que la religion te trouble je peux le comprendre (ou pas, peu importe), mais heureusement ça ne change rien à ce qui est autorisé ou non. On est dans la pleine liberté de culte, de conscience et d’expression. Penses bien que ton athéisme peut aussi choquer des religieux, y compris dans tes signes extérieurs. Ce qui est autorisé à l’un est autorisé à l’autre.

      > je décidai de faire revivre les sacrifices mayas, je doute qu’on me laisse faire.

      Ca n’a ici rien à voir avec la liberté de culte ou non. La nation c’est un ensemble de règles dont aucune n’est absolue. Il est interdit de tuer les gens. Tant qu’ils respectent ça, ils peuvent tout à fait croire dans le même dieu que les anciens maya, y compris probablement regretter l’absence d’autorisation des sacrifices. Bien entendu ils peuvent aussi porter une croix ou se mettre un turban sur la tête.

      > Dans une moindre mesure, adopter une religion qui restreint la liberté de conscience de ses enfants, la liberté d’action de sa conjointe ou autre, ne devrait pas être toléré.

      C’est toute la question de l’éducation. Leur enseigner que dieu n’est pas tout puissant et qu’il n’y a pas lieu de craindre une telle entité ou d’aller à l’église tous les dimanche *est* autant restreindre leur périmètre que de l’inverse. Pire, pour certains religieux ce que tu fais risque même de les handicaper pour l’éternité. Tout est question de point de vue et ton point de vue n’est pas meilleur que le tiens.

      Là aussi, restreindre les libertés de ta conjointe est interdit, par contre restreindre ta religion parce que le voisin pense que cette religion restreint la liberté de ta conjointe, ça aussi c’est interdit. Tu n’as pas à imposer tes vues et tes opinions.

      > Bref, la religion en toute conscience, oui, mais alors la condition est qu’il ne faut pas parler de religion a un enfant et attendre qu’il fasse son choix en atteignant la majorité. Ce qui n’est pas le cas et ce qui justifie mon intolérance envers la religion.

      Sauf que ne pas parler de religion est autant un choix d’éducation et une orientation imposée que de parler de religion. Un enfant est plus ou moins libre là dessus en fonction de son âge et de la conscience qu’il a de ses choix. Tant qu’il n’est pas handicapé pour le futur et que les lois sont respectées, le reste est du domaine de l’éducation. Et non, le fait qu’il reçoive 5 ml d’eau lors d’un baptème n’est pas considéré comme un handicap pour le futur ou une marque au fer rouge.

      Et, de toutes façons, tout ça n’a rien à voir avec la notion de laïcité, et c’est bien tout l’objet du billet.

  2. « Or, quelles que soient les religions, elles marquent au fer rouge (baptême »

    Ok, l’eau et un peu d’huile marquent au fer rouge. Qu’est-ce qu’on va faire de tous ces gens qui se lavent et de ceux qui travaillent dans les fast food ?

    • Personne n’est mort de la symbolique, heureusement. D’autant plus que sauf quelques congrégations (les plus religieuses justement), les baptêmes sont faits à des âges (< 10 ans) où la symbolique leur passe à des kilomètres au dessus.

  3. Si pour un athée, le fait d’avoir reçu de la flotte sur le visage et qu’un célibataire ait passé son doigt enduit de matière grasse sur son front le « marque au fer rouge » (i.e. dans la chair), alors il est temps de vider les facs de médecine et de se contenter de billes au sucre. Ah oui, j’oubliais qu’on a aussi son nom marqué dans un cahier ; je suppose que ça marque la chair aussi.

  4. J’adore les religieux, de la foi il semblent n’avoir que la mauvaise.

    Le baptème c’est rien pour un athée, ces sales impies. Par contre, va faire une représentation de mahomet, va faire une discothèque dans une Eglise etc… et c’est la Vendetta !

    Désolé, mais pour moi, me soumettre à dieu alors que je n’en ai pas exprimer le souhait, ce n’est pas *rien*. Si les paroles prononcée pendant cet acte ne sont rien, alors la religion n’est rien ?

    Bref, on est dans une impasse qui me prouve une fois de plus que la religion veut qu’on la respecte, mais qu’elle ne respecte rien, pas même l’innocence d’un enfant.

    • C’est moi qui ne comprend pas. La foi c’est justement d’accorder de la valeur à ces paroles et ces symboles. Donc forcément pour certains d’entre eux quand tu dénatures ces symboles ça a de l’importance (je tiens quand même à dire que l’histoire des caricatures, ceux qui posent problème sont minoritaires et que des imbéciles on en a tout autant dans les non-religieux).

      Eux sont cohérent là dessus. Toi par contre tu dis en même temps que ces paroles n’ont aucune valeur, mais que si on les prononce te concernant c’est te soumettre à un dieu (qui pour toi n’existe pas). Ca fait deux grosses incohérences (que ces paroles ont de l’influence, que dieu existe pour t’y soumettre) de ton côté.

      Pour moi le principe même que ces paroles n’ont aucune valeur, c’est bien que je laisse les gens y croire et les prononcer s’ils le souhaitent, justement parce que ça ne change rien pour moi. Je ne cherche pas à vivre dans l’opposition mais dans le vivre ensemble.

    • Pourquoi un athée (en réalité je suis plutôt déiste mais ça ne change rien) n’aurait pas de spiritualité ?

      Ne pas croire en un dieux nommé, ni prier qui que ce soit ne signifie pas qu’on est insensible aux symbolismes. Bien au contraire, pour moi les paroles comptes autant que les actes et en l’espèce, j’aurai été véritablement blessé si j’avais été baptisé.

      En somme, je l’aurai vécu comme un abus de faiblesse, comme une insulte pour l’adulte que je suis aujourd’hui.

      D’accord pour le vivre ensemble, mais là, justement je trouve qu’une limite est franchie. Attention, je ne dis pas que tous ces gens sont méchants et pervertis par la religion.

      Je suis bien conscient qu’ils le font par habitude, par tradition, mais il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis et mon avis est que l’on peut renoncer à certaines traditions quand la société évolue.

      Or, nous évoluons vers une représentation de l’enfant qui est un adulte en devenir qui doit pouvoir faire ses propres choix de vie. Plus personne ne remet en question cela et je pense que la religion devrait également s’y plier.

  5. Je suis agnostique (je sais pas), mais nous nous sommes interdit, ma femme et moi à élever nos enfants comme nous l’avons été. Dieu, Jésus, les apôtres, mes filles de 7 ans et 4 ans ne savent même pas de qui il s’agit.
    Mais j’avoue que cela pose un problème. Je suis capable de de répondre à toutes leurs questions, mais sur « ont va ou après la mort ?  » je n’ai aucun point de repère à leur donner (surtout à la grande) et j’avoue qu’à leur place, je serais terrifié …

    Nous avons besoin, je ressent de plus en plus le besoin de « communier », c’est finalement ce que nous faisons tous, tout les jours en discutant ici, sur Twitter, FaceBook, …

    Quelque part la religion n’est qu’une philosophie dans laquelle des gens se retrouvent. Peu importe le nom que porte le nom qu’on lui donne (religion, philosophie, réseau social…) ou qui est le grand chef, l’important reste cette communion d’esprits, de pensées.

    Le reste, ce ne sont que des signes extérieurs d’appartenance qui ne dérange que ceux dont la philosophie(religion) est différente de la leur… et qui conduisent aux dérives que l’on connait. C’est d’ailleurs la principale raison qui a fait de moi un agnostique : je veux croire mais je ne peux pas.

    • Malheureusement, je pense qu’il n’y a pas de réponse à donner et effectivement, c’est terrifiant. Enfant, j’ai pleuré dans mon lit en pesant à ces sujets ;).

      Mais c’est le fait d’avoir dépassé cela qui fait qu’aujourd’hui je pense que je profite pleinement de la vie. La vie n’est pas un long fleuve tranquille et il ne faut pas faire d’enfant pour être sûr de ne jamais les faire souffrir.

      Sauf que la souffrance fait parti de la vie, l’accepter aide à mieux apprécier les moments de joie. Et faire des enfants, c’est leur transmettre l’espoir et l’histoire de ta famille. On le sent bien, cet héritage, cette filiation, c’est indescriptible mais perceptible. C’est peut-être la perpétuité de ce sentiment notre raison de vivre ?

    • Et de communier, pour répondre totalement à ton commentaire ;). J’aime l’idée que mes ancêtres m’observent et m’aident comme des anges gardien… Ce qui est sûr, c’est que leur vie a eu cet ultime but, j’imagine que c’est ce qui anime le désir d’avoir un enfant et de l’élever.

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