Et si je me lançais en indépendant ?

En période de chômage entre deux postes, j’ai la création d’entreprise qui me démange beaucoup.

Je ne fantasme pas la vie d’indépendant. Ma priorité va de loin à la participation à un effort collectif dans la durée au sein d’une société.

L’idée de base c’est d’avoir une activité en attendant le poste en CDI qui me fera briller les yeux. Je ne serai pas non plus contre à l’avenir avoir un emploi principal aux 4/5ème et une activité d’indépendant en parallèle quelques jours par ci par là. J’ai toujours trouvé que ça peut être bénéfique pour se changer les idées, voir d’autres choses, ou moduler le volume de travail en fonction de la motivation.

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Le truc c’est que je ne vois pas le risque. Tel que je le comprends, que j’ai ou pas des revenus sur l’activité, je peux compter au minimum sur le maintient des indemnités chômage pendant toute la durée habituelle.

Si on me fait une belle offre de CDI dans deux mois et que je mets ma boite en sommeil. J’aurais dépensé quelque chose comme 2 500 € entre les frais d’ouverture et le comptable la première année. C’est acceptable et vite remboursé si je fais quand même un peu de prestation sur ces deux mois.

Au pire (ou au mieux, suivant), la belle offre ne vient pas et je mènerai la barque en indépendant dans la durée.

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Le projet est de créer une SASU et de me rémunérer en dividendes tant que ce n’est pas une activité principale à plein temps. Il sera temps de basculer en rémunération par salaire si ça devient une activité principale à plein temps.

Si jamais je dois mettre la structure en sommeil, j’aurais encore la CFE et le comptable à payer. La somme des deux ne devrait pas dépasser 1 000 ou 2 000 € au grand maximum. Il y a aussi des frais pour clôturer la société. J’ai bon espoir que ça soit du même ordre de grandeur. Ce n’est pas rien mais ça reste dans des proportions raisonnables.

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Bref. Sauf si fermer sa société implique des frais très importants, je ne vois pas le risque, ni humain ni financier.

Ai-je fait une erreur quelque part ?
Quelqu’un a-t-il déjà parcouru ce chemin ?
Vous avez des conseils ou retour d’expérience ?


FAQ

Pourquoi pas Auto-entrepreneur ? La fiscalité est bien plus avantageuse que celle des dividendes d’une SASU mais les règles de cumul avec le Pôle Emploi sont bien moins avantageuses. Au final j’y perdrais, sans compter que mes frais de déplacements Paris-Province seraient soumis à cotisation.
Ça aura par contre du sens en activité annexe d’un emploi principal stable. On verra quand j’en serai là.

Pourquoi pas une EURL ou une SARL ? Fiscalement c’est un peu moins avantageux que de tirer des dividendes d’une SASU et les règles de cumul sont aussi désavantageuses que l’auto-entrepreneur. Je subirai aussi le RSI dans sa totalité, et ça j’aimerais éviter.
Ce serait intéressant fiscalement comme activité principale par rapport à une activité salariée en SASU, mais je ne suis pas certain d’avoir envie d’abandonner le régime général.

Pourquoi pas du portage salarial ? Je connais peu mais j’ai l’impression que j’échange les frais de création + comptable contre une commission de 6 à 10% sur tout ce que je facture. J’ai peur de la pénibilité quand il faut faire signer les contrats tripartites ou pour faire valoir mes frais professionnels.
Ce serait un très bon tremplin pour commencer une activité de freelance avec l’idée de me mettre à mon compte quand ça fonctionnera bien, mais ce n’est pas mon projet. Dans l’idée, je cherche encore un CDI de salarié à titre principal.

13 réponses sur “Et si je me lançais en indépendant ?”

  1. Mon parcours : J’ai été longtemps en autoentrepreneur, pour commencer à côté de mes études. puis en parallèle de mon CDI (j’étais à 3/5e salarié, le reste du temps en AE, pour d’autres clients évidement).
    Je suis passé à mon compte à plein temps et j’ai du transformer mon autoentreprise assez rapidement pour ne pas dépasser les plafonds, et j’ai personnellement choisi l’EIRL.

    Mon avis : Je pense que dans ton contexte l’AE est un bon choix. Que ce soit temporaire à plein temps ou sur le long terme à temps partiel. Et si vraiment cela te plaît ou que tu arrives aux plafond, alors c’est que ça marche et que ça vaut le coup de se pencher sur un « vrai » statut.

  2. Bonjour Éric,

    Tu peux aussi tester ton activité en portage salarial. Cela fait bientôt 3 ans que je « teste », sans regret. Ce choix me permet de me concentrer sur mon travail et non pas sur l’administration de mon activité professionnelle.
    J’arrête bientôt de travailler, cela me sera également très simple de tourner la page…

    Cette solution est également cumulable avec un autre emploi car tu bénéficies d’un statut de salarié (à condition de ne pas dépasser un certain nombre d’heures ? je ne sais plus).

    À te lire,
    Laetitia

  3. 3è option à envisager, le portage. Créer une boite en France coûte cher en argent et en temps administratif (et la fermer coûte encore plus cher). Le portage te permet de laisser ces inconvénients à une autre structure (en plus de la garantie d’être payé pour les plus sérieux).

      1. Hélas non, tout ce que j’ai trouvé ce sont des témoignages individuels, souvent des estimations et non du réel (comme le chiffre donné au doigt mouillé par le comptable d’Olivier ci-dessous). Il doit bien y avoir un chiffre plancher correspondant aux frais incompressibles de procédure mais après ça dépend de la situation de la société au moment de la liquidation (une simple cloture doit être moins chère que s’il y a problème).

  4. (précision : je suis en indé depuis 2009)

    Le statut d’autoentrepreneur a quelque peu changé depuis que je l’ai quitté, mais sans être un spécialiste de ce type de question (loin de là), je dirais que c’est sans doute le statut taillé sur mesure pour ta situation (plafond bas, mais c’est pour une activité secondaire de toutes façons).

    Comme certains l’ont dit, les AE sont redevables de la CFE, mais pas la première année (ce qui peut être piégeux).

    Vu que tu n’es pas un bleu et que tu t’attends à ce qu’une création d’activité coûte de l’argent (ce qui n’est pas le cas de tout le monde), le risque à mon avis n’est pas forcément financier. Ça serait plutôt une question d’encombrement mental.

    Remplir la paperasse, essayer de comprendre les emails cryptiques des différents services qui vont suivre tes dossiers, comparer les contrats de responsabilité civile, ne pas se gourrer de case sur la déclaration de revenus, résister à ton banquier qui va te mentir effrontément pour te vendre un compte pro dont tu n’as pas besoin, gérer une compta même à l’arrache, etc. C’est très loin d’être insurmontable, mais ça demande néanmoins du temps et des efforts. Et si c’est pour gagner 500 balles à la fin de l’année, honnêtement, ça n’en vaut vraiment pas la peine.

    Il y aussi le risque de se retrouver empêtré dans une presta pour laquelle tu t’es engagé pour plusieurs semaines ou mois parce que tu n’avais rien de mieux à faire à ce moment là, et qui t’empêche de saisir une opportunité de CDI plus intéressante.

    Et puis, il y a aussi le risque de stress à subir des clients relous qu’on a mal géré, tout ça pour gagner des clopinettes (je précise pour ceux qui passeraient par là que tous mes clients sont cools).

    Bref, à mon sens, une création d’activité, même quand on se dit qu’on ne bossera qu’un peu si des contrats tombent du ciel sans rien faire, nécessite toujours un certain investissement au départ, en temps, en énergie et peut-être en stress. Il faut simplement être certain que ça en vaudra le coup.

    1. Auto-entrepreneur ça peut vite dépasser le plafond quand même, et quelque part les emmerdes avec le RSI qu’on me raconte m’attirent pas. La fiscalité est nettement meilleure mais je vais aussi être fiscalisé sur mes frais (genre les trajets vers Paris). Bref, je l’envisage plus en parallèle d’un CDI ou sur une durée courte. J’avoue qu’aujourd’hui je penche plus vers la SASU.

      Le stress, l’administratif, je l’ai bien en tête. Maintenant ne rien faire ça a aussi un coût humain et côté moral.

  5. Mise à jour et questions que je me pose :

    – Aujourd’hui je suis encore sur la mutuelle et la prévoyance de mon ancien employeur, via la portabilité lors d’un départ. Je me demande si cette portabilité ne tombe pas en cas de création d’entreprise. Je serais toujours indemnisé mais pas sous le même statut, donc potentiellement il me faudra prendre une mutuelle isolée (là ça peut être un budget)

    – Quelqu’un a déjà fermé son activité ? Ca coute combien en gros ? pour quel statut ?

    – Vous êtes beaucoup sur twitter à me proposer le portage salarial. J’avoue qu’être dépendant d’un tiers pour la contractualisation des missions et pour l’acceptation ou non des frais à déduire, je crains un peu. Je gagne des droits au chômage (mais ce n’est pas le sujet ici) et le coût de création de la structure, mais je perds 10% du chiffre d’affaire. Je reste assez dubitatif au final. Quel est l’avantage ? Je n’ai pas l’impression que la création de société soit insurmontable administrativement.

  6. Plusieurs choses :

    Créer une société en France, je l’ai fait en 2012, franchement ça a été rapide et vraiment pas compliqué. Ça a pas dû beaucoup changer.
    Pour le coût, quelques centaines d’euros, selon que tu fasses rédiger les statuts par un pro (avocat) ou pas.
    De mémoire pour moi moins de 1000 €, avec des statuts faits par un avocat qui s’est occupé aussi des publications légales. J’ai juste eu 1 ou 2 rdv à la CCI.
    En plus ces dépenses rentrent sur ton compte d’associé dans la compta de la boite, tu peux les récupérer plus tard.

    Si tu prends un comptable pour gérer la compta et les obligations légales, ça te libère vraiment d’un tas de trucs pénibles, qui peuvent t’épuiser si tu n’as pas déjà les compétences (et t’éviter de faire des grosses conneries).
    Tu auras un régime simple et peu d’activité (en nombre de pièces comptables), tu peux trouver une presta autour de 2000 € par an.

    Sur la comparaison du coût de la rémunération pour la société entre TNS et dirigeant salarié, ce simulateur est pas mal :
    http://www.leblogpatrimoine.com/impot/remuneration-du-dirigeant-chef-dentreprise-tns-affilie-rsi-ou-assimile-salarie-notre-simulateur.html

    Si tu comptes te rémunérer en dividendes avec une SAS/SASU, il faut noter que le RSI voudrait leur appliquer des charges sociales, comme en SARL.
    http://www.sas-sasu.info/le-rsi-veut-assujettir-les-dividendes-des-sas-et-des-sasu-aux-cotisations-sociales/

  7. Pour le portage salarial, tu peux largement Trouver en dessous de 10%. Certaines structures te proposent des commissions a 5%.

    Un avantage, c’est de pouvoir lisser tes revenus en portage : tu gagnes 10000, tu peux décider de te verser 4 fois 2500 euros. Bien pratique pour voir venir…

  8. Pour un info, un comptable est totalement facultatif : un logiciel de compta + une assoc agréée (qui donne une formation de base et qui répond aux questions piège par téléphone), et le tour est joué. Compter 1 jeure par mois + 1/2 journée par an pour l’administration + la compta (un peu plus la première année, le temps de se familiariser avec les procédures). Ca réduit encore le risque ;-)

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