Encou­ra­ger à copier, toute une éduca­tion


Je rêve d’une école où on encou­rage les élèves à copier, à échan­ger leurs résul­tats et à colla­bo­rer. Est-ce qu’un élève qui a un besoin régu­lier d’un coup de pouce mérite vrai­ment une mauvaise évalua­tion si en groupe il arrive non seule­ment au même résul­tat mais enri­chit le groupe ?

Il y a quelques temps je parlais de l’uti­li­sa­tion des docu­ments et des ressources numé­riques – pas pour faire des cours modernes, mais réel­le­ment en travail et en évalua­tion. Je crois que tout ça rejoint la même idée. On forme l’in­di­vi­duel alors qu’on devrait former une géné­ra­tion qui sache colla­bo­rer en société pour arri­ver à quelque chose.

Tiens, pour ceux qui ont du temps : L’école à bout de souffle, vidéo d’une heure.


8 réponses à “Encou­ra­ger à copier, toute une éduca­tion”

  1. J’en suis exactement au même point de réflexion.

    Notre mode de fonctionnement individualiste à l’école entraine de profonde marque au niveau du travail : on ne cherche plus à faire grandir une équipe, mais à évoluer personnellement, …

    Sur la copie, interdire la copie, ça rend l’acte vicieux, et les copieurs se contentent donc de recopier sans apprendre.
    Alors que si on apprenais, comme tu le dis, à échanger plutôt que copier, on apprendrais à additionner les talents plutôt que les opposer. On apprendrais à collaborer plutôt qu’à se jauger.

  2. C’est qqpart ce que l’on découvre en école de commerce (donc à bac + 2 jsq +5) où on « apprend » le travail en groupe après 20 ans en travail individuel avec un certain paroxysme de l’individualisme avec les classes prépa.

    Faudrait voir si des courants alternatifs comme les écoles Montessori apporte une réponse (ou pas) à ce niveau. @nhoizey doit pouvoir partager son expérience sur le sujet.

    Après, sur le travail en groupe, tu peux avoir l’effet inverse où le bon élève se fait sanctionner parce qu’il est globalement dans un mauvais groupe ; sans parler des « boulets » qui se mettent dans les bons groupes, ne font rien et obtiennent une bonne note grâce aux autres… C’est peut être pour ces mauvaises raisons que l’on reste dans une notation individuelle…

    • Sur la notation de groupe il y a toujours une part de loterie (sur l’individuelle aussi cela dit) mais :

      * Si le bon n’a pas réussi à impliquer ou à faire progresser le mauvais, c’est effectivement un problème, il est légitime que ça fasse partie de la notation
      * Le tout implique forcément qu’on revoit la notation pour ne pas la traiter qu’au résultat. Savoir s’il y a eu progression du groupe et addition des compétences au lieu de simplement avoir un travail résultant du meilleur élève du groupe fait forcément partie des critères.
      * Il faudrait aussi se détacher plus qu’actuellement des systèmes de notation : C’est un moyen, pas une finalité. Si ça empêche la finalité, alors c’est un mauvais moyen

      Autant je critique 42, autant j’ai vu un billet sur l’expérience d’une jeune femme qui montre que justement l’évaluation peut tout à fait se faire sur la compréhension, la capacité à travailler en groupe, à communiquer, à apprendre, etc. C’est plus complexe, mais pensez aussi à toute l’énergie mise à interdire des choses et à individualiser…

    • Je suis pour cette approche colaborative sous réserve que l’on remette en cause le système actuel de façon à ce que cette approche collaborative soit correctement évoluée et que les travers soit correctement identifiés/gérés pour être correctement notés.

      Il y a je pense plus à en tirer pour tout le monde de toutes façons de prendre une approche collaborative qu’individuelle (le fameux 1+1=3)

      Par contre, la question pouvant être: à partir de quel âge ? pour quelles activités ? Certains acquis demandant à rester individualisé dans une certaine mesure (lecture, écriture, etc) alors que d’autres sujets (histoire géo ? bio/chimie/physique/économie/…) peuvent être plus facilement collaboratifs.

  3. J’ai un problème avec le titre : copier, ça n’est pas collaborer, c’est de la propagation pure et simple. Au temps des moines copistes, la copie devait se faire avec discernement pour interpréter les originaux trop usés, et en rajoutant des falbalas parce qu’il faut bien se détendre. La « copie » au sens scolaire moderne, c’est l’inverse, on ne sait pas ce qu’on copie, mais on le fait parce qu’on ne sait pas quoi répondre : c’est de la double ignorance.

    Alors apprendre à collaborer, oui, mais un groupe avec un perroquet, on sait tous comment ça se finit : dans le silence (ou par se battre s’ils savent faire autre chose que du pinch sur la tablette à papa).

    • La copie est idiote a cause de sa double peine actuelle : 1- elle est interdite, donc on copie mais rien de plus, on va au plus court, et surtout on ne l’encourage pas et on ne forme pas les gens à l’exploiter au mieux. 2- elle a pour objectif un gain individuel de la part du copieur via la notation, donc pas besoin de comprendre ni d’aider le copieur.

      Quand/si ça fait partie du système, l’échange autour de la copie devient non seulement possible sans se cacher mais fait partie de l’enseignement et de la notation.

      Les élèves sont très intelligents pour faire ce qu’on leur demande. Si l’objectif est d’avoir le bon résultat sur leur copie perso, il feront tout pour l’avoir mais rien d’autre. Si on finit par noter la progression de groupe, alors il y aura progression. Ça demande d’accepter d’arrêter de voir l’éducation via la notation objective individuelle ceci dit. Et ça ce n’est pas gagné

    • Je pourrais commencer à être d’accord si l’école n’était qu’une successions d’examens. Mais ça n’est pas le cas. La copie est déjà encouragée : c’est l’écriture du cours qui évolue plus tard en prise de notes. Si tu rates cette partie là, tu peux toujours récupérer le cours des camarades en collaborant avec eux ; après évidemment si on photo-copie, on retombe dans la copie purement mécanique.

      Et pour comprendre et aider le copieur, ce n’est pas sur le temps de l’examen que ça se déroule… Ou alors tu souhaites un système d’évaluation collective permanent : quel temps va-t-il rester pour apprendre ? :-)

  4. Savoir faire vs faire savoir. :)

    On nous enseigne beaucoup de connaissances et très peu de pratiques finalement. La pratique à l’école est bien plus souvent là pour sanctionner que pour apprendre… à part dans le domaine sportif.

    Comme tu as un enfant en bas âge, je te recommande la lecture de « Libres enfants de Summerhill » par A.S. Neill. Non pas pour suivre à la lettre, mais bien pour élargir le champ de la réflexion.

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