Des militaires dans les rues

Je me rends compte qu’il y a des majeurs en France qui ont toujours vécu avec des militaires en patrouille dans les rues et dans les gares, et qui trouvent probablement cela normal.

Quand j’étais au collège, c’est à ça qu’on reconnaissait certains régimes dictatoriaux. J’en ai froid dans le dos.

Ce qui a officiellement été présenté comme une mesure d’exception temporaire est actif sans discontinuer depuis 1996. On soufflera les 20 bougies l’année prochaine.

La page Wikipedia montre très bien l’escalade vers le pire. On « renforce » et monte d’un cran à chaque événement, quand l’opinion est prête à l’accepter, mais ne redescend jamais.

On en est au point où les différents niveaux de couleur n’existent plus. Nous n’en n’avons gardé que deux niveaux rouges, le « gravissime » et le « encore plus gravissime que ça ». Au moins il est clair que l’exception est devenue la règle et qu’il n’est même plus envisagé de redescendre.

Bref, c’est considéré comme normal, et s’intensifie régulièrement. Je ne sais pas si les militaires qui sont aujourd’hui devant les lieux de culte et certains bâtiments officiels disparaitront un jour proche. J’en doute.

Quand j’étais au collège, c’est à ça qu’on reconnaissait certains régimes dictatoriaux. J’en ai froid dans le dos.

Oui, je l’ai déjà dit, mais j’ai l’impression qu’on ne réalise pas tout à fait où on risque de glisser jour après jour.

Il y a pourtant largement de quoi se poser des questions sur l’utilité de ces présences. Je n’ai en tête aucun événement qu’ils auraient empêchés, ni même où ils seraient simplement intervenus. Le seul effet probant est notre habitude à être gardés par des militaires. Gardés, ni plus ni moins.

J’ai cette citation qui dit que quand l’armée (censée protéger l’État) remplace la police (censée protéger les citoyens), alors on se retrouve avec l’État qui se protège de ses propres citoyens.

— Le Hollandais Volant

Entre l’écriture de ce billet et sa publication, je tombe sur cette citation. Je me dis que, définitivement, nous nous sommes égarés quelque part.

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5 commentaires

  1. Oui. Je suis arrivée à Paris, pour terminer mes études, en 1995, en pleine période d’attentat et j’étais choquée par cette présence militaire, déjà, davantage que du risque d’attentat.

  2. Toutes ces mesures sont anxiogènes et contribue à la peur de l’autre. Donc en réalité, les politiques de « gauche » ne font que se tirer une balle dans le pied.

  3. Ça date de 2015. Aujourd’hui, fin 2016, nous reconduisons l’état d’urgence pour encore 6 mois, en sachant que ça ne se terminera pas.

    Nous ouvrons bêtement nos sacs à tous les paliers de porte, en sachant qu’aucun vigile ne remarquerait une arme ou un explosif au fond si tant est que quelqu’un veuille en faire passer. Nos politiques expriment très officiellement qu’ils veulent mettre fin aux Convention Européenne des Droits de l’H et à l’État de droit, nous envisageons de calquer les règles d’utilisation des armes des policiers sur celles des militaires que sont les gendarmes… et nos militaires en treillis et fusils d’assaut sont encore dans nos rues.

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