Une des photos pleinement en phase avec mon texte précédent. Une photo brute, avec une recherche graphique mais dont le message principal est d’abord de montrer qui on est, sans la carapace et sans honte.
Étiquette : Chemin photo
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[Photo] Brut
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[Photo] Respect
Il y a une histoire avec cette image. Je l’ai initialement mise dans ma sélection. Elle n’a rien d’exceptionnel en soi mais j’aimais bien les tons et les ombres.
En collectant des feedback j’ai eu des moues silencieuses à cause du contenu. À d’autres je me suis retrouvé à justifier d’avoir pris ce cliché, alors qu’on ne me le demande jamais sur une épaule ou une hanche nue.
J’ai fini par intégrer cette dimension, par me dire que la photo était inappropriée en ce qu’elle montre le pubis et qu’elle n’est pas assez motivée pour ça, puis par la retirer de moi-même de la sélection.
Cette semaine je me suis réveillé et je suis furieux contre moi-même, furieux d’avoir fait cette erreur.
L’image n’a rien d’irrespectueux ou de sulfureux. La modèle ne m’a d’ailleurs remonté aucune gêne en ce sens. J’ai simplement cédé au dictat qui veut que le corps ou certaines parties du corps ne doivent pas être montrées, qu’elles doivent être interdites ou honteuses.
Je suis furieux parce que j’ai amorcé ce projet pour parcourir exactement le chemin opposé, pour déconstruire la honte, l’interdit et la distance avec le corps. Le dictat social d’autrui a repris le dessus sans que je ne m’en rende compte.
Je montre des corps, parfois sur des plans serrés. Je n’en ai pas honte et, si je ne cherche pas à exposer, je ne souhaite surtout pas cacher ou sous-entendre. Il s’agit d’accepter que nous avons tous un corps, l’autre comme moi-même, et de rompre l’interdit ou la honte qui vont avec.
Cette vue n’est et ne devrait pas être plus honteuse ou plus difficile qu’une autre. Elle est même finalement bien plus neutre que la féminine d’il y a quelques jours. Qu’est-ce qui choque tant pour qu’on souhaite ne pas la voir ?
Même après cette mise au point, j’hésite à mettre sur Flickr la seconde image en noir et blanc, faute de vouloir affronter le regard de ceux qui ne liront pas le texte avec.
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[Photo] Féminine
Dans quasiment chaque préparation de séance il ressort en priorité un « je veux me voir féminine ». Il faut se réapproprier son image, son corps, et se revoir avec des yeux extérieurs.
L’ambiguïté c’est que ces images de nous qui nous rassurent et qui nous permettent de nous redécouvrir sont aussi celles qui flattent les stéréotypes et les dictats classiques de genre. Comment s’en sortir ?
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[Photo] Sans costume
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[Photo] Ressenti
Je suis bien à mal de répondre parfois quand on me demande ce que j’ai voulu exprimer. Cette image en est un très bon exemple.
J’aime vraiment. Je suis incapable de dire ce que ça évoque, je n’ai probablement pas encore assez conscience de mes propres ressentis pour ça. Je suis par contre convaincu que c’est une de mes préférées jusqu’à présent.
Quelque part ça me suffit. Je suis juste gêné quand on me demande d’expliquer, comme si tout devait être étudié, pensé, motivé.
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[Photo] Horizon
C’est assez contradictoire. D’un côté je cherche à capturer quelque chose de propre à la modèle ou à l’ambiance lors de la prise de vue. Lors des allers-retours, l’avis de la personne compte beaucoup pour moi, et elle le fait en fonction de sa propre image et de son propre ressenti.
En même temps je continue à choisir les photos que je publie en fonction de mon état d’esprit au moment de la publication. Il m’arrive même fréquemment d’en modifier le traitement lors de cette étape, quitte à en changer significativement la lecture.
Ce ne sont plus les photos de la modèle, et pas non plus totalement les miennes. Il y a probablement un peu des deux, à des niveaux divers suivant les images, comme un mélange de couleurs à partir duquel qu’il serait vain de tenter de retrouver les différentes composantes d’origine.
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[Photo] Personnel
Les photos « Marque personnelle » et « Objet personnel » de la séance « Un nouveau pas » se trouve désormais sur le site dédié Rapport au corps
Impossible de manquer un pendentif que la modèle ne retire pas d’elle-même. La photo prend immédiatement un tour particulièrement personnel. Il en va de même des tatouages et cicatrices.
Même sans marques personnelles, la gorge et les mains ont une connotation particulière. Même les yeux et les portraits serrés ne donnent pas ce ressenti. On montre à tout le monde un portrait, même très joli et très expressif il peut être passe-partout, anonyme. Les poignets et les mains appartiennent à quelqu’un.
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[Photo] Confiance
La photo « Confiance » de la séance « Un nouveau pas » se trouve désormais sur le site dédié Rapport au corps
J’ai l’impression d’employer des grands mots mais quelque part j’aime bien la rencontre et la confiance qui se pose lors des séances. On se retrouve souvent à discuter en se livrant un peu plus que d’ordinaire. Même quand nous nous connaissions avant, les sujets sont plus personnels ensuite, plus ouverts.
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[Photo] Être soi
Encore cette croix. Je trouve les chaînes particulièrement intéressantes.
Nous n’en parlons généralement pas lors de la préparation. Certains bijoux sont naturellement enlevés. Ceux qui restent, souvent des chaînes, ne sont pas que des ornements ou des souvenirs. À force d’être portés ils font partie de nous-même, comme un tatouage sur le notre soi. Les enlever semblerait artificiel, presque comme un déguisement.
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[Photo] Modèle
On nous montre des corps stéréotypés, retouchés, sélectionnés, auxquels tout le monde veut ressembler et auxquels personne ne ressemble.
Si j’en avais trouvé, probablement que j’en aurais été mal à l’aise. À la place j’ai eu la chance de voir des gens divers, me permettant de casser ces stéréotypes. Tout le monde est différent, et beau en même temps.
Ça a l’air d’une platitude, de celle qu’on répète tous sans forcément y croire soi-même, mais en prendre conscience permet un recul profond. Merci à toutes celles qui me l’ont permis.
Sur les photos il n’y a pas de femmes à la plastique idéal(isé)e. Je ne triche pas non plus à base de retouches ou en ne prenant que des positions flatteuses. Non, c’est juste que finalement, une fois confronté à l’appareil et son absence de préjugés, tous les corps se révèlent beaux. Tous. Simplement. L’idée qu’on ferait exception n’a en fait aucun sens.