On change d’ap­pa­reil

J’ai craqué.

Ou plutôt on a craqué pour moi sur un prétexte de fêter ma nais­sance il y a quelques dizaines d’an­nées. Je passe d’un vieux réflex APS-C d’ama­teur à un hybride plein format moderne et de haute qualité.

Hier j’ai eu ma première vraie séance photo sur du nouveau maté­riel. Et donc j’ai pris les ¾ de mes photos sans le viseur, à partir de l’écran arrière, à 800 ISO, en ouvrant à souvent à f/3.2 ou moins.

Avec le passage au plein format, je suis passé du 35mm au 55mm pour avoir le même cadrage avec la même distance au modèle. Je ne l’avais pas anti­cipé mais pour garder la même profon­deur de champ dans cette situa­tion il va aussi falloir que j’ar­rête d’ou­vrir à f/2.2. Je vais gagner un stop avec la montée en ISO, mais je vais aussi le reperdre sur l’ou­ver­ture. Un peu frus­trant.

Le passage du viseur à l’écran est ma décou­verte prin­ci­pale.

Mon dieu que c’est confor­ta­ble…

J’ai toujours regardé avec doutes ceux qui prenaient les photos ainsi mais main­te­nant que j’ai un appa­reil prévu pour, je ne sais pas si je revien­drai en arrière. Pourquoi donc coller mon œil à ce truc ?

Le confort c’est aussi des réglages simples et direc­te­ment visibles. Même après une unique séance, j’ai moins peur d’ou­blier de restau­rer un réglage tempo­raire.

Le passage du point de focus auto­ma­tique au point de focus manuel est lui un véri­table plai­sir. Je n’ai pas besoin de choi­sir un des deux modes.

Tout n’est pas magique

Chan­ger de maté­riel c’est tous les réflexes et les repères à reprendre. Quelle ouver­ture pour la profon­deur de champ que je souhaite ? Quelle vitesse puis-je m’au­to­ri­ser avec cette montée en ISO et la stabi­li­sa­tion du capteur ? La lumière est-elle accep­table ou trop faible ?

Je n’ai pas encore regardé en détail mis je m’at­tends à beau­coup d’er­reurs et de déchets, des erreurs que je ne faisais plus depuis long­temps avec mon réflex habi­tuel.

Ne pour­rait-on pas avoir un stan­dard pour les flash ?

J’ai surtout shooté sans mon flash. J’ai l’ha­bi­tude de choi­sir ma lumière, ou au moins de compen­ser à loisir la lumière natu­relle avec un petit flash cobra déporté.

Le précé­dent se contrô­lait, déclen­che­ment et puis­sance, à l’aide du petit flash d’ap­point interne au boitier.

Niet. Je n’ai plus de flash interne au boitier, et le contrôle à distance est de toutes façons propre à chaque marque. Me voilà reparti pour rache­ter un flash déporté, et en plus devoir ache­ter un système de commande à distance.

Le système offi­ciel de Sony est hors de prix. Il va falloir regar­der Cactus ou Godox. Bien entendu tous ces systèmes sont incom­pa­tibles entre eux et mon fidèle Metz Nikon est bon pour une revente d’oc­ca­sion.

Je trouve juste scan­da­leux que ni les menus de contrôle ni le module radio ne soient de série sur des boitier de cette gamme. Même mon vieux D90 avait ça.


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4 commentaires

  1. > Pourquoi donc coller mon œil à ce truc ?
    Parce que l’œil est le premier et meilleur viseur. L’œilleton n’est plus qu’un cadre entre le sujet et le « capteur » qu’est l’œil. Tout autre système interfère avec un outil qui se pose en évidence entre les deux éléments, que ça soit une chambre photo autrefois, un dépoli de moyen-format ou un écran aujourd’hui. La visée n’est plus une ligne droite entre le photographe et le sujet. Après, cela a certains intérêts, comme de pouvoir prendre des images d’un point de vue plus difficile pour le corps humain : au-dessus d’une foule, bras tendus ; en contre-plongée à partir du sol, etc.
    Mais la différence fondamentale reste là et il est important d’en avoir conscience en tant qu’auteur selon moi. Un œil qui regarde « à travers » n’est pas un œil qui regarde un écran qui lui-même pointe un sujet.
    Au niveau de la perspective, c’est nettement pas la même chose. Être « saisi » soudain par une composition avec l’œil, nu, parce qu’on est en prise directe avec le monde est impossible avec un outil entre les deux.
    Ce qui n’empêche de faire de belles images :-) Mais c’est autre chose.

    1. > Être « saisi » soudain par une composition avec l’œil, nu, parce qu’on est en prise directe avec le monde est impossible avec un outil entre les deux.

      Tiens, en fait mon expérience tend à me dire l’opposé. Avoir cet écran à regarder plutôt qu’un œilleton me fait d’autant plus prendre conscience du cadrage et de ce que sera l’image. Je peux avoir plus de recul sur ce que je prends, construire l’image au lieu d’être simplement spectateur.

      La visée directe des réflexes permettait d’avoir le bon cadre dans l’œil à une époque où il n’y avait pas d’alternative pratique

      1. Quand je dis « œil nu », c’est vraiment sans aucun appareil, ni écran, ni œilleton. Ensuite, porter un viseur à l’œil portera le cadre pile au niveau de la vision, alors qu’un écran non, il sera de toute façon déporté et la perspective ne sera pas exactement la même.
        C’était déjà une réflexion qui animait autrefois les photographes entre ceux utilisant les reflex TTL (through the lens) et ceux utilisant les viseurs télémétriques, qui, bien que très proche de l’axe optique en sont quand même décalés, comme l’œil droit par rapport au gauche.
        Pour les écrans actuels, ou le verre dépoli des moyens formats, ils « font déjà image » sur un support tiers, et ce n’est déjà plus la même chose ; on y regarde l’image du sujet, plus le sujet lui-même. C’est l’expérience dont tu parles, mais ce n’est pas celle que l’on a avec un viseur, surtout si ce viseur devient le plus transparent possible (le viseur extrême étant l’iconomètre ou le « sportif », voir https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Appareils/Syst%C3%A8mes_de_vis%C3%A9e)

        Tiens, me fait soudain penser que sur mon vieux Yashica, j’ai ce viseur rudimentaire « sportif » en complément du viseur sur verre dépoli, illustré ici : https://c2.staticflickr.com/4/3305/3410968133_433d8b614b_z.jpg

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