N’économisez pas sur votre matériel informatique professionnel

Choisis ce que tu veux

J’ai intégré une nouvelle société il y a peu. Première surprise, on m’a demandé avant que j’arrive ce que je voulais comme poste informatique. Agréable. Mieux : On m’a simplement dit d’aller prendre ce qui me correspondait sur les sites de Dell ou d’Apple. Pas de choix préétabli ou de guide sur le budget.

Avec un cahier des charges aussi inexistant le moindre DAF risquerait une attaque cardiaque. L’essentiel des effectifs peut facilement se faire coller l’étiquette « geek », c’est un coup à dépenser 3 000 euros par poste ça.

Qu’est-ce qui peut bien pousser une société à lâcher la bride ainsi à ses informaticiens ?

Que ceux qui n’ont jamais pesté devant leur machine qui ne réagit pas assez vite lèvent la main !

À mon arrivée à Yahoo! j’avais eu pendant un moment un vieux Dell qui avait 10 minutes de batterie (montre en main) et 8 minutes pour démarrer. Je n’avais pas le temps de lancer un logiciel qu’il s’arrêtait. Changer la batterie ? ah non, pas avant les trois ans d’amortissement. Résultat : une horreur pendant les réunions.

Plus récemment à mon précédent poste j’ai bénéficié d’un Dell Latitude E5510 tout neuf. Processeur Intel i3 dual core à 2,4 Ghz et 4 Go de mémoire, sur le papier c’est même surdimensionné pour quelqu’un qui fait un peu de code et majoritairement de la bureautique. Pourtant, que ce soit l’anti-virus ou le matériel, il me fallait presque 10 minutes pour démarrer la machine, plus d’une minute pour avoir accès à MS Word ou Firefox après les avoir lancé, et le wifi mettait du temps à accrocher.

Je ne prends même pas en compte toutes les fois où j’ai du noter sur papier et ressaisir à cause d’une mauvaise batterie et d’un manque de prises en salle de réunion, vous ne croiriez pas le temps perdu ainsi cumulé.

La rentabilité comme seul objectif

Depuis une semaine c’est une joie. J’ouvre le portable et je peux commencer à frapper au clavier. Pas de minute d’attente, pas même 30 secondes. Je clique sur l’icône de MS Word et je peux taper immédiatement. Je dis bien immédiatement. J’ai vérifié si c’était une impression ou si c’était objectif. J’ai cliqué et tapé immédiatement.  La batterie je n’en parle même pas, je pourrai tenir la journée dessus sans recharger. Quant au wifi, c’est en rédigeant ce billet que je me suis rendu compte que je n’ai jamais fait attention à savoir si le wifi était en recherche ou connecté : j’étais en ligne dès l’ouverture du capot, ou du moins je n’ai jamais ressenti le délai.

En ce moment je fais des entretiens auprès de mes clients. Deux entretiens par jour, c’est un démarrage à froid et trois reprises à chaud. Entre le wifi, la sortie de veille, le lancement des logiciels et la réactivité générale, je gagne un grand minimum de 3 minutes à chaque fois, le double pour le démarrage à froid, soit 15 minutes par jour.

Comptez vous-mêmes, j’ai rentabilisé une journée de travail à peu près tous les deux mois. 15 minutes ça peut sembler exagéré, on ne se rend pas toujours compte de tous ces petits temps d’attente, on met instinctivement en place des contournements (le café après avoir allumé la machine, la présentation avec le client le temps que MS Office se lance) … jusqu’au jour où on n’en n’a plus besoin et qu’on devient vraiment efficace.

N’économisez pas sur l’outil de travail

Le « choisis ce que tu veux » est très difficile pour moi. Ça veut dire que c’est à moi de définir les limites de ce qui est acceptable ou rentable. Mes expériences passées m’incitaient d’un côté à ne surtout pas rogner trop, mais de l’autre à croire que je risquais de me faire remarquer par une facture refusée avant même de faire mon premier jour.

Heureusement un futur collègue m’a incité à ne pas faire l’économie d’un poste de travail et m’a rappelé que le coût était quand même ridicule au final pour du professionnel.

Résultat : Je me suis lâché. Raisonnablement, mais mon poste a probablement coûté quatre fois plus que celui que m’avait alloué mon précédent employeur.

Le montant représente tout de même moins de trois jours de facturation client. La différence avec un poste milieu de gamme sera amortie en moins de six mois sur la base des calculs plus haut. Avec un renouvellement tous les trois ans, mon employeur précédent aurait fait une économie de 15 jours de facturation en faisait le même choix.

Tout n’est pas chiffrable

Mais le gain réel n’est même pas là. Le gain c’est par exemple que j’ai envie de travailler, que j’ai une impression de confiance et d’efficacité indéniable pour commencer dans mes nouvelles affectations. Je commence motivé et non frustré.

Pour savoir combien cette frustration peut tuer toute motivation sur le long terme au fur et à mesure des embêtements et des mauvaises expériences, le retour sur investissement chiffré plus haut est totalement négligeable. La vraie valeur ajoutée elle ne se chiffre pas, mais c’est elle la plus importante : je suis efficace est motivé.

Faites tourner ce retour à votre service informatique le jour où on vous annonce que franchement votre poste coûte déjà assez cher comme ça et que ce que vous demandez n’est pas vraiment indispensable, qu’on peut très bien faire sans.

Photo d’entête sous licence CC BY-NC-ND par Kmeron

7 réponses sur “N’économisez pas sur votre matériel informatique professionnel”

  1. Je plussoie.
    Si je fais le calcul, on peut acheter une voiture avec le budget que j’alloue à l’informatique pour le boulot.
    En plus, je collectionne les vieux ordinateurs, donc ça enfle hors de proportion raisonnable.

    – Mac Pro 2010
    – 1x Apple Cinema 30″ + 2x Apple Cinema 24″
    – MacBook Pro 2010
    – MacBook Air 2010

    Sachant également que je renouvelle entre 18 et 24 mois.

  2. J’ai vécu la même surprise quand j’ai quitté SQLI moi aussi, pour Clever Age.
    Et ô surprise : deux ans et demi après, je me suis habitué au confort d’avoir un Dell Latitude E avec des caractéristiques qui feraient rougir n’importe quel DAF de grosse boîte, et je vis le deuxième effet KissCool : la garantie de mon Dell arrive à son terme, et alors que mon poste est encore à la pointe, on est sur le point de me demander par quoi je veux le changer.

    Résultat : quand j’ai passé des entretiens ces derniers temps pour la curiosité de regarder ailleurs (qui se sont soldés par une plus forte envie de rester), ça faisait partie de mes questions : « Et les machines de travail, c’est quoi ? »
    Et la réponse a été bien souvent éliminatoire…

  3. Pareil pour moi, en arrivant dans mon précédent emploi, une startup. On m’a dit : choisi ce que tu veux. J’avais quand même une limite de budget, mais qui ma permis d’acheter une belle machine. Et j’ai choisi un macbook pro 13″.

    Et ça m’a fait la même impression que toi quand j’ai commencé à l’utiliser : juste ça fonctionne. immédiatement. opérationnel en tout lieu, en toute circonstance (dans le train, au bureau, etc). du bonheur. et ça fait deux ans.

    Là je songe à changer, et comme maintenant, le patron c’est moi, le mot d’ordre est devenu : no limit. Je veux un truc qui m’emmerde pas, qui soit solide, performant, et agreable à utiliser. Bon, par contre, pas sûr que ce soit de nouveau un mac (peut etre un thinkpad). Linux me manque trop sur certains aspects.

  4. Le truc le plus dingue, c’est quand même les machines sous-équipées en RAM. J’ai vu ça je ne sais combien de fois : l’ordi utilise de la mémoire virtuelle en permanence, c’est une horreur à utiliser et ce pour une économie de bout de chandelle.
    Pour moi c’est iMac, 12Go de RAM (eclipse avec un gros projet, photoshop avec du calque en pagaille et windows dans une machine virtuelle pour les tests sous IE, etc), un disque dur SSD et la vie est belle.

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