Avec un revenu de base, qui ferait les métiers pénibles ?


Je n’aime pas forcé­ment les réponses qui y sont données là bas mais la ques­tion est diable­ment inté­res­sante.

L’exis­tence même de cette ques­tion amène à dire que, bien à l’abri dans notre confort, nous sommes heureux d’avoir une société de classes où certains, pour vivre, n’ont pas le choix d’ac­cep­ter les métiers pénibles que nous ne voulons pas exer­cer.

La notion de confort et de péni­bi­lité varie suivant notre envi­ron­ne­ment social, mais seuls ceux tout en bout de chaîne ne peuvent pas en dire autant.

Renon­cer à chan­ger la société parce que nous n’au­rions plus une popu­la­tion infé­rieure corvéable, c’est déjà répondre que ce chan­ge­ment est juste­ment essen­tiel, et urgent.

Bref, nous aurons réussi, revenu de base ou pas, quand juste­ment nous ne nous pose­rons plus cette ques­tion.

Et pour la réponse ?

Il y a une chose de certaine : Si le métier est vrai­ment utile à la société, on finira par trou­ver quelqu’un pour le faire, parce qu’on sera prêt à y mettre le prix.

Le marché de l’em­ploi est actuel­le­ment tota­le­ment faussé par une demande dispro­por­tion­née par rapport à l’offre, et par une repro­duc­tion sociale très impor­tante. La conjonc­tion des deux permet de donner de très mauvaises condi­tions à des travaux pour­tant pénibles tout en offrant extrê­me­ment bonnes condi­tions à des travaux dits « haute­ment quali­fiés » réser­vés à une élite sociale, majo­ri­tai­re­ment repro­duite par nais­sance ou rela­tion­nel.

En réalité il y a plus de personnes capables d’as­su­rer ces travaux « haute­ment quali­fiés » pour peu qu’ils aient tous les mêmes faci­li­tés au départ, que de personnes prêtes à accep­ter les travaux pénibles.

À long terme avec un revenu d’exis­tence qui n’est pas au rabais, on risque effec­ti­ve­ment d’in­ver­ser les condi­tions de travail et les échelles de revenu de nombreux métiers. Les travaux pénibles vrai­ment utiles conti­nue­ront à être remplis, mais simple­ment pas aux mêmes condi­tions.


15 réponses à “Avec un revenu de base, qui ferait les métiers pénibles ?”

  1. > Il y a une chose de certaine : Si le métier est vraiment utile à la société, on finira par trouver quelqu’un pour le faire, parce qu’on sera prêt à y mettre le prix.

    Pour ma part, je n’y crois pas, sinon nous serions en train de sauver le monde au lieu de chanter-danser sur le pont du navire qui coule. Tant de boulots inutiles pour vendre du vent et tant de boulots utiles à investir, mais si peu drôles.

    • ah, je me plaçais à un niveau beaucoup plus terre à terre, du type « qui va enlever tes poubelles, nettoyer les bureaux, trimer en usine ». Ceux là il y a forcément un moment où soit ils ne sont pas si utiles, soit on les remplira.

      Ceux qui sont « changeons le monde ensemble » c’est une autre histoire, mais ceux là on ne les couvre déjà pas sans intervention publique. Ca ne changera rien, ou peut être que si : Libéré de la contrainte de l’emploi obligatoire, on aura peut être un peu plus de gens prêts à s’investir pour des causes, du long terme et pour changer le monde. Peut être, pas certain, mais je ne vois pas pourquoi ça serait pire et je suis prêt à tenter le pari

    • Nous avons chacun une notion différente de ce qui est pénible. Il est probable qu’une personne veuille exercer une profession qu’on ne ferait pas nous-même. Par exemple, je trouverais cela très pénible de travailler sous les néons dans un cubicule pour une compagnie d’assurances et pourtant je suis certain que certaines personnes aimeraient cela. Et je préférrais nettement, si le salaire suivait et j’en avais la compétence, être jardinier dans un parc.

    • Je ne crois pas qu’il y ait tant de variation dans l’appréciation de la pénibilité, sinon les boulots pénibles ne seraient pas systématiquement occupés par les mêmes : les Sans-papiers (même pas les étrangers réguliers…)
      Il s’agit du bâtiment et en particulier du ferraillage ; de la restauration à toutes heures du jour et de la nuit ; du nettoyage des bureaux que le « zonage » a construit en territoire cauchemardesque et inaccessible, la nuit ; voire de la confection…

    • Rien que les horaires, trop souvent imposés actuellement, peuvent faire la différence : un couple avec enfant doit être disponible pour amener/chercher son enfant à telle heure à l’école ou après l’école chez quelqu’un d’autre.
      Il faut être soit souple et organisé si les 2 s’en occupent à tour de rôle, soit l’un des 2 va refuser les boulots à horaires glissants (et c’est actuellement bien souvent la mère… hôtesse de l’air, hotline quelque part entre 8H et 22H, 3×8, heures sup’ à offrir à sa boîte : niet)

  2. Un autre point : à chaque fois que je lis au sujet du revenu de base, je vois parler d’emplois « entiers », monopolisant un individu uniquement sur UN métier. C’est une vue très verticale créant des spécialistes. Partager son temps entre plusieurs activités pourrait permettre de répartir les difficultés et éviter les boulots pénibles à temps plein.

  3. Une monnaie libre n’a pas besoin d’attendre ou d’espérance qu’elle se réalise un jour. Une monnaie libre, une monnaie fondée sur un Dividende Universel, inconditionnel pour tous les membres qui l’adoptent, se développe, s’adopte et s’utilise, comme le font les membres des projets OpenUDC/uCoin.

    De la même façon les hommes qui ont libéré le logiciels, n’ont pas espéré ou attendu que Miscrosoft ou Apple libèrent un jour leurs logiciels privateurs. Ces hommes, intelligents, aspirant à développer un espace de libertés logicielles pour tout utilisateur, présent ou futur, ont développé GNU/Linux.

    Pendant ce temps d’autres hommes se sont laissé enfermés dans des espaces privateurs et s’aperçoivent ensuite d’effets tels que la NSA et autre PRISM.

    De la même façon, les hommes ne participant du développement de monnaies libres, et continuant d’utiliser des monnaies privatrices en espérant un changement qui ne pourra pas venir, s’étonneront à leur tour des effets futurs toujours indésirables, de même nature que la cause.

    L’utilisation de monnaies non-libres, la non-participation au développement, l’adoption et l’utilisation de monnaies libres, a pour effet une économie non-libre, une économie privatrice de libertés.

    A l’inverse, ceux qui parmi les hommes développent, adoptent et utilisent une monnaie libre, expérimenteront directement l’effet correspondant qui est une économie libre.

    Libre n’ayant jamais signifié ni gratuit, ni sans effort.

    • Je n’ai rien compris, mis à part ton attachement au terme « libre » et à une définition que vous y avez adapté à votre sauce dans le domaine de la monnaie.
      On y met joyeusement GNU/Linux, la NSA, les libertés. J’hésite entre le « je n’ai rien compris », « il n’y a rien à comprendre », et le « totalement hors sujet ». Je penche pour le troisième (qui n’est pas exclusif des deux premiers).

  4. hmmm les tribus primitives ne se soucient pas vraiment du salaire minimum mais plus tôt de l espace vital de l accès a l eau et a la nourriture ce qui revient ds notre société ou tout se paye au revenu minimum ; le travail pénible alias activités a risque était réparti ds les groupes les plus aptes …
    mais voila ils vivaient ensemble .
    Nous, nous sommes hélas souvent membres de la secte des séparés …c est la qu ‘arrive l envie de se recroqueviller plus tôt que de s encourager …et plus d énergie pour se lancer des défis ..même pénibles car ils permettent des victoires si ils sont reconnus a leur juste valeur
    Pourtant il n ya pas de plus grande joie que de partager et recréer la vie ensemble …
    en ce moment je découvre le projet terra

  5. 1. Les métiers à faible valeur ajoutée ou pénibles tendent à disparaitre dans les pays développés. Ainsi, de nombreux projets de collecte des ordures ménagères sont en application ou en phase de test (camions collecteurs à bras articulé, transport pneumatique, etc). Bref, pour ceux qui espèrent faire le métier d’éboueur à haut salaire, j’ai peur que ce travail soit en voie d’obsolescence sous nos latitudes. Donc, pour moi, à moyen terme, beaucoup de travaux pénibles n’existeront plus. Pour ceux qui subsisteront, si l’on s’amuse à être un brin cyniques, on pourrait imaginer que l’ordre des choses perdurera … Il y aura ceux qui ont droit au RIE et ceux qui n’y ont pas droit (un peu comme la société grecque des origines avec les citoyens et les étrangers, ou bien comme nos sociétés modernes avec ceux qui peuvent faire grève car avec un statut qui les protègent du licenciement et les autres qui, eux, ne font pas grève …). Bref, les « esclaves » futurs seront ceux qui n’ont pas le RIE, donc les étrangers ! Si le RIE est généralisé au niveau international (et c’est pas pour demain) alors la loi de l’offre et de la demande s’appliquera, comme cela arrive ici ou là (avis aux plombiers polonais : ce métier est super bien payé au Canada, parait-il ;-)

    • On n’a jamais autant jeté (et communiqué sur le tri, ça finira bien par se faire pour de bon partout), je ne vois pas le métier d’éboueur disparaître. En centre de vieille ville, il faut aller chercher les poubelles dans la cour et monter/descendre quelques marches, ça fera de l’activité assurée (mais peut-être gratuite par obligation faite au proprio d’apporter les poubelles au camion ?). Le chauffeur a déjà des compétences en hausse, ne serait-ce qu’éviter de blesser ses collègues à l’arrière ou ne pas abîmer un matériel coûtant fort cher.

      Vu la gueule et l’odeur d’une grande ville après 3 semaines de grève, il y aura des marges de manoeuvre ;)

      Quand au nettoyage des rues, à peine plus agréable que le ramassage des déchets, quand je vois les efforts déployés par Strasbourg à l’approche du Marché de Noël et des autres saisons touristiques (passage tous les 2 jours puis tous les jours au lieu de ~1 ou 2 semaines dans les très nombreux endroits clés), il y a là aussi un avenir stable amha.

  6. Dans le domaine des stages (qu’il faudrait qualifier en France d’absence de revenu de base…), j’ai pu constater une telle inversion : une élève-ingénieur(e) payée largement plus (+50% ou +100%) que ses collègues dans d’autres boîtes parce qu’elle faisait son stage dans une station d’épuration/usine de retraitement de l’eau. Sans ce salaire défraiement, ces boîtes-là n’attireraient aucun stagiaire, en tout cas futur ingénieur.
    C’est peut-être anecdotique…

    • Mais tu t’adresses quand même à des hautes qualifications et hauts revenus, qui ont socialement la possibilité et l’habitude de négocier et choisir. Je ne pense pas que les employés en bas de chaîne soient plus payés justement.

  7. La technologie, le progrès ont remplacé l’homme par les machines. Il y a de + en + de monde sur terre et pas assez de travail pour tous mais TOUS peuvent consommer : d’où la nécessité d’avoir un revenu minimum pour vivre et ne pas voler son prochain ou le tuer pour survivre. Le revenu universel de base comme son nom le précise est seulement un minimum accordé à tous. Chacun peut alors vivre dignement et consommer même s’il ne travaille pas. Cette base de revenu est augmentée pour celui qui travaille : il perçoit davantage en fonction du poste qu’il occupe compte tenu des besoins de la société et du potentiel économique de l’entreprise qui l’emploie. Les collecteurs de déchets, les éboueurs étant nécessaires et indispensables à la société, le salaire des salariés sera automatiquement plus attrayant. Je ne connais personne qui ne serait pas intéressé par le fait de gagner plus pour avoir davantage de possibilités de mieux vivre et profiter de la vie. Le fait de vouloir avoir plus n’est pas condamnable comme le fait de vouloir vivre simplement : à chacun sa façon d’être et de pouvoir surtout profiter de cette existence. Il y aura toujours des plus riches mais l’essentiel c’est de vivre dignement sans avoir à mendier son pain, ou voler autrui, ou vivre dans la rue. LE REVENU DE BASE : LA SOLUTION à tous les problèmes s’il est UNIVERSEL à LA SEULE CONDITION : que les PRIX N’AUGMENTENT PAS : ex. loyer, consommation courante, énergie que les taux de remboursement des prêts et crédits soient stables et ne dépassent pas un montant raisonnable (2,50 %).

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