Auteur/autrice : Éric

  • Je veux partir, lais­sez-moi partir !

    On me pose plein de ques­tions suite au billet sur les indem­ni­tés et je me rends compte que si on parle beau­coup de comment faire son entrée, personne ne parle de comment quit­ter un emploi. Ça semble un peu tabou.


    IANAL: Je ne suis pas juriste. Je peux me trom­per. En ce cas vous êtes invi­tés me corri­ger dans les commen­taires, je mettrai à jour avec plai­sir.


    La démis­sion. C’est simple : Vous signa­lez à votre employeur que vous partez. Il vous faudra respec­ter un préavis, c’est à dire le préve­nir à l’avance. Les durées clas­siques vont de un à trois mois. Pour les cadres c’est géné­ra­le­ment trois mois. Atten­tion : L’em­ployeur n’est pas tenu de vous accor­der de congés pendant cette période de préavis.

    Cette durée peut être raccour­cie d’un commun accord. N’hé­si­tez pas à le deman­der, poli­ment. Il est fréquent que l’em­ployeur accepte de couper à moins de trois mois, mais il est aussi fréquent qu’il ne l’an­nonce qu’au dernier moment, à la moitié du préavis. Inver­se­ment, si c’est l’em­ployeur qui veut unila­té­ra­le­ment vous voir partir plus tôt que prévu, il sera tenu de quand même vous payer l’in­té­gra­lité du préavis.

    Parce que votre mana­ger est un humain, même si le courant ne passe pas entre vous, essayez de le voir pour lui en annon­cer votre démis­sion en face à face. Si ce n’est pas envi­sa­geable, vous pouvez aller voir les ressources humaines, ou le président pour une petite boite. Faites-le, même si la rela­tion est tendue. Si vrai­ment c’est la guerre, envoyez au moins un email infor­mel poli disant que vous allez leur envoyer une démis­sion par cour­rier.

    Et donc… envoyez une lettre recom­man­dée avec accusé de récep­tion, datée, signée et adres­sée soit aux ressources humaines soit à votre président. Elle vous sécu­ri­sera quoi qu’il se passe ensuite. Indiquez dedans la date de départ que vous aurez calculé (le préavis commence à récep­tion de la lettre, donc comp­tez deux jours après son envoi), elle évitera des ambi­guï­tés et ce sera à l’em­ployeur de contes­ter expli­ci­te­ment s’il en calcule une diffé­rente. Comme je suis person­nel­le­ment un stressé de la vie, je la scanne et j’en­voie la copie en paral­lèle par e-mail à partir de mon adresse person­nelle, au cas où le cour­rier se perd mais aussi pour qu’on ne puisse pas en contes­ter le contenu.

    Main­te­nant le conseil : Sauf si vous avez déjà en main le contrat ou la promesse d’em­bauche d’un futur emploi… Ne. Faites. Jamais. Ça. Encore moins si c’est parce que ça se passe mal en interne.

    1 : Passez par une rupture conven­tion­nelle.

    Avant les cadres et mana­gers passaient par un faux licen­cie­ment accom­pa­gné d’une tran­sac­tion. Aujourd’­hui il y a la rupture conven­tion­nelle qui est parfaite pour ça, passez toujours par là. Toujours. Ça vous ouvrira les droits chômage et la porta­bi­lité mutuelle si quoi que ce soit ne se passe pas comme prévu (genre vous avez un acci­dent quelques jours après votre démis­sion et non seule­ment il faut payer l’hô­pi­tal mais en plus ça fait capo­ter le job de vos rêves parce qu’ils ne veulent pas attendre, je l’ai déjà vu).

    Et donc, la rupture conven­tion­nelle. Offi­ciel­le­ment c’est un licen­cie­ment par accord mutuel mais ça ne change pas grand chose : Vous annon­cez que vous voulez partir mais que vous voulez le faire sous le régime de la rupture conven­tion­nelle. Il n’y a pas de préavis mais il y a une procé­dure formelle à respec­ter qui met 4 à 6 semaines mini­mum.

    Pas la peine de vous embê­ter avec la procé­dure, votre employeur vous guidera (et tant qu’il vous donne une copie de la conven­tion signée, vous êtes à priori bordé de votre côté).

    Le seul point à rete­nir c’est de ne lais­ser aucune trace écrite ou publique de la propo­si­tion ou de la négo­cia­tion tant que la conven­tion n’est pas termi­née et signée. Tout se fait à l’oral tant qu’il n’y a pas accord. Ne vous inquié­tez pas, l’em­ployeur en fera tout autant de son côté.

    En sortie c’est un licen­cie­ment. On vous paiera une indem­nité légale. Le montant dépend de votre ancien­neté et de votre conven­tion collec­tive. Pour les cadres syntec c’est 1/3 de mois de salaire par année d’an­cien­neté. Vous aurez le droit au chômage et à la porta­bi­lité de la mutuelle (deman­dez là, c’est impor­tant). Vu que c’est vous qui deman­dez à partir, je ne vois pas pourquoi l’em­ployeur vous donne­rait des indem­ni­tés supra-légales mais si c’est le cas pensez à jeter un œil au billet précé­dent.

    On commen­cera parfois à vous dire « non, si vous voulez partir, démis­sion­nez ». C’est logique, ça coûte des sous à l’em­ployeur qui n’a rien demandé. En pratique il est peu probable que ce « non » tienne plus de deux mois, surtout si la rela­tion est diffi­cile. Sauf pour les SSII qui revendent les colla­bo­ra­teurs en régie, l’em­ployeur n’a pas grand inté­rêt à garder quelqu’un qui veut partir et qui risque de ne plus être motivé. Certains propo­se­ront par contre peut-être des arran­ge­ments à l’amiable (genre un préavis plus long, un effort parti­cu­lier, ou éven­tuel­le­ment l’es­ca­mo­tage d’une période de congés payés équi­va­lente au montant de l’in­dem­nité à payer). À vous de voir.

    Si toute­fois le refus persis­tait, compre­nez bien que vous aurez passé un cap. Quelle que soit votre atti­tude, l’em­ployeur vous consi­dé­rera proba­ble­ment des années comme poten­tiel­le­ment sur le départ et moins impliqué, avec des consé­quences sur les augmen­ta­tions, les promo­tions, les affec­ta­tions, et la rela­tion de travail en géné­ral. C’est humain.

    Ce n’est pas une raison pour jouer à ce jeu là ! Si vous restez, faites-le sérieu­se­ment et profes­sion­nel­le­ment, en gardant votre impli­ca­tion au travail et une rela­tion cordiale. C’est juste une obli­ga­tion morale vis à vis du contrat de travail et d’une démis­sion que vous choi­sis­sez de ne pas donner. Si l’as­pect moral ne vous touche pas, sachez que le milieu est petit. Vos collègues et votre employeur n’hé­si­te­ront pas une seconde à infor­mer vos futurs collègues et employeurs qu’on ne peut pas faire confiance à vos enga­ge­ments et à votre profes­sion­na­lisme, et ils auront raison.

    2 : Restez humain, profes­sion­nel et respec­tueux, avant comme après.

    Certains mauvais employeurs ne respec­te­ront pas cette dernière règle et passe­ront aux mesures de rétor­sion ou de harcè­le­ment pour vous faire démis­sion­ner main­te­nant que le sujet de départ à été abordé.  Malheu­reu­se­ment ça arrive. Si c’est le cas faites inter­ve­nir les délé­gués du person­nels ou la Direccte. Ça y mettra fin immé­dia­te­ment et l’em­ployeur aura vite fait de vous propo­ser une sortie pour éviter un conflit aux Prud’­hommes.

    Le départ. Encore une fois, restez cordial, profes­sion­nel et impliqué jusqu’au dernier jour. Mieux : Faites ce qu’il faut pour que faci­li­ter votre future absence en docu­men­tant ce qui peut l’être et en formant vos collègues à vos tâches.

    Pensez aussi à effa­cer toutes vos données person­nelles de vos outils infor­ma­tiques (les mots de passe du navi­ga­teur, vos mp3, photos ou fichiers person­nels). Atten­tion aussi aux docu­ments profes­sion­nels sensibles : les fichiers ou emails avec des salaires ou des infor­ma­tions confi­den­tielles, les emails aux délé­gués du person­nel ou au syndi­cat, les comptes rendus d’en­tre­tien avec vos colla­bo­ra­teurs si vous êtes mana­ger, etc. Ne comp­tez pas sur votre mana­ger et votre service infor­ma­tique pour être parfaits et éviter tout problème : Prenez les devants. Tout ça se prépare et ne se fait pas en une heure au dernier moment.

    3 : Effa­cez vos données person­nelles et vos donnés sensibles.

    En sortie l’em­ployeur vous remet­tra un certi­fi­cat de travail, un solde de tout compte avec le paie­ment des jours de congé restant, et le chèque corres­pon­dant. Si ce n’est pas une démis­sion, vous aurez aussi une attes­ta­tion pour le pôle emploi et vos indem­ni­tés de licen­cie­ment.

    Ne signez rien, et surtout pas un papier non prévu ou qui vous engage, surtout pas si on condi­tionne la remise des papiers décrits plus haut à un enga­ge­ment quel­conque, même si vous êtes en rela­tion de confiance. Une fuite possible est de signer récep­tion avec une formule du type « signa­ture pour acter récep­tion ce jour ; sous réserve de mes droits passés, présents et futurs ; ne vaut pas pour accord ou comme enga­ge­ment » ou quoi que ce soit qui dit clai­re­ment que tout ça ne repré­senta pas un accord de votre part. Au pire, partez sans les papiers si on refuse de vous les remettre et envoyez une lettre recom­man­dée pour les récla­mer, c’est l’em­ployeur qui sera en tort. Au cas où, même signé sans réserve, le solde de tout compte (et lui seule­ment) est encore contes­table six mois.

    4 : Ne signez rien lors de votre départ, surtout pas sous la pres­sion.

    De votre côté rendez tout le maté­riel profes­sion­nel en personne (ne le lais­sez pas sur le bureau) et exigez un reçu signé en échange. On évite bien des ennuis possibles, même avec un employeur de bonne foi.

    5 : Exigez un reçu pour la remise de votre maté­riel profes­sion­nel.

    Si ce n’est pas une démis­sion et que ce n’est pas déjà fait, profi­tez-en pour deman­der immé­dia­te­ment la porta­bi­lité de votre mutuelle (plus large­ment, des vos droits santé et prévoyance). Vous pour­rez rester ainsi couvert pendant un an, aux mêmes condi­tions. Vous aurez à payer la part sala­riée que vous payez déjà, l’em­ployeur conti­nuera à payer la part employeur qu’il paye déjà.

    6 : Deman­dez la porta­bi­lité de vos droits santé et prévoyance.

    Oh, et même après votre départ, vous avez encore des obli­ga­tions, morales, légales ou contrac­tuelles. Respec­tez-les. Au niveau moral, n’al­lez pas d’un coup salir votre employeur précé­dent simple­ment parce que vous n’y êtes plus. Au niveau contrac­tuel vous avez peut-être une clause de confi­den­tia­lité (elle conti­nue de s’ap­pliquer), de non débau­chage ou de non concur­rence (cette dernière n’est valable que si on vous la compense finan­ciè­re­ment).

  • Indém­ni­tés de licen­cie­ment et délai de carence

    Je vous ai parlé cumul, je vais désor­mais vous parler indem­ni­tés et délais de carence. Je ne sais pas qui a imaginé le système en place depuis 2015, mais il devait être sacré­ment retort.


    Je parle gros sous, vous pouvez arrê­ter de lire si ça vous gêne, mais je me dis que ça pourra servir à certains.


    Quand vous êtes licen­cié vous partez avec des indem­ni­tés légales et onven­tion­nelles, déter­mi­nées par la conven­tion collec­tive en fonc­tion de votre ancien­neté, et éven­tuel­le­ment des indem­ni­tés dites supra-légales négo­ciées libre­ment avec l’em­ployeur. Dans la suite, quand je ne précise pas, je parle de ces dernières.

    Imagi­nons le cas le plus fréquent : Vous retrou­ve­rez un nouvel emploi avant la fin des allo­ca­tions chômage mais il vous faudra tout de même quelques mois.

    Pôle Emploi va divi­ser le montant de votre indem­nité supra-légale par 90 et déca­ler le début de votre allo­ca­tion chômage d’au­tant de jours.

    Premier effet kiss-kool : À cause du délai de carence spéci­fique, l’in­dem­nité ne vient pas en plus de votre allo­ca­tion chômage mais à la place. C’est peut comme si votre employeur indem­ni­sait en réalité le Pôle Emploi et pas vous.

    Dans l’es­sen­tiel des cas, une indem­nité supra-légale est négo­ciée en répa­ra­tion d’un préju­dice. Ce peut être la compen­sa­tion d’un effort ou d’une conces­sion parti­cu­lière de votre part. Plus souvent c’est l’ac­cep­ta­tion d’une rupture conven­tion­nelle alors que l’em­ployeur n’avait pas de motif légi­time de licen­cie­ment.

    Bref, ça vous a coûté humai­ne­ment mais c’est le Pôle Emploi qui est indem­nisé.

    Second effet kiss-kool : Votre indem­nité supra-légale est fisca­li­sée comme une période de travail, avec les mêmes coti­sa­tions sociales. Vous payez donc une assu­rance chômage dessus. Par contre cette coti­sa­tion ne comp­tera ni pour calcu­ler le montant de votre indem­nité, ni pour la durée de votre indem­ni­sa­tion.

    Non seule­ment c’est le pôle emploi qui empoche l’in­dem­nité, mais en plus il se rému­nère une seconde fois dessus sans vous allouer les droits corres­pon­dants.

    La triple peine : Le délai de carence c’est le montant de l’in­dem­nité divisé par 90. Suivant votre niveau de rému­né­ra­tion, un mois d’in­dem­nité peut géné­rer un délai de carence plus ou moins long.

    Si vous êtes bien payé, la perte d’al­lo­ca­tion due au délai de carence peut être supé­rieure au montant de l’in­dem­nité perçue.

    Bref, non seule­ment vous n’y gagnez rien parce que le Pôle Emploi conver­tit ça en délai de carence, non seule­ment vous coti­sez sans que ça ne vous ouvre des droits, mais votre indem­ni­sa­tion va même avoir un solde net néga­tif dans votre compte en banque. Tout ça pour avoir été indem­nisé d’un préju­dice ou d’un effort spéci­fique en plus du licen­cie­ment lui-même. Magique.

    Le palier se situe à un peu plus de 3 200 € nets mensuels pour une allo­ca­tion de retour à l’em­ploi, et à un peu moins de 2 500 € nets mensuels pour un contrat de sécu­ri­sa­tion profes­sion­nel (licen­cie­ment écono­mique).

    Certes on est bien payé à ces montants, mais ils ne sont pas non plus excep­tion­nels pour des infor­ma­ti­ciens seniors.

    Si vous êtes mieux payé que ça, mieux vaut renon­cer à vos indem­ni­tés supra-légales, ou négo­cier pour les toucher sous une autre forme. Ce peut être une période payée mais avec une dispense de travail (ça revient à un mois de salaire gratuit mais il ne subit que le premier effet des trois décrits jusqu’à présent). Ce peut aussi être un accord tran­sac­tion­nel (c’est tombé en désué­tude mais c’est avan­ta­geux et pour l’em­ployeur et pour vous, et c’est juste­ment fait pour compen­ser un préju­dice).

  • De la complexité fiscale, CSG et CRDS

    J’ai envie de mettre des baffes à ceux qui veulent sucrer les minima sociaux ou réduire les taxes et coti­sa­tions sur l’au­tel de la simpli­fi­ca­tion. Ces gens ne simpli­fient pas, ils dimi­nuent.

    Main­te­nant, sérieu­se­ment, des fois j’ai aussi envie de mettre des baffes à ceux qui écrivent les règles fiscales.

    Au début il y a la CSG. Coti­sa­tion unique, assiette large, montant faible. Rien à y redire.

    Mais on a fait deux taxes distinctes avec la CRDS parce qu’un poli­tique a voulu enro­ber l’aug­men­ta­tion de coti­sa­tion avec un discours sur la dette à rembour­ser. Bien entendu même sur la CSG elle-même, il y en a une partie impo­sable et l’autre non, sinon ce serait trop simple.

    Mais on a 8 taux légè­re­ment diffé­rents suivant le type de revenu concerné, sachant qu’il y a en paral­lèle un taux réduit sur certains types de reve­nus pour ceux qui ne dépassent pas un revenu fiscal plafond en fonc­tion de leur quotient fami­lial mais qui gagnent quand même plus qu’un certain montant plan­cher

    Mais c’est appliqué sur 98,25% du revenu (la préci­sion est vrai­ment pour faire ch* à ce niveau) ou 100% à partir d’un certain revenu, sachant que certains reve­nus sont exoné­rés mais que ces exoné­ra­tions dépendent parfois d’une condi­tion de ressources (pour les bourses d’étu­diants ou les retraites) ou ne sont valables que pour l’une des deux taxes (pour des pres­ta­tions fami­liales, mais pas toutes).

    On parle là de la CSG, qui n’est même pas progres­sive et qui est vue comme une taxe qui doit concer­ner un peu tout le monde.

    Même sans aller à penser un revenu d’exis­tence à haut niveau, il y a un sacré gain à diffé­ren­cier ce qu’on donne d’un côté et ce qu’on paye de l’autre plutôt que de faire 50 calculs d’apo­thi­caire sur chaque item et n’avoir aucune vue d’en­semble possible.

  • Cumul emploi chômage

    Quand il reprend un emploi en cours d’in­dem­ni­sa­tion, un deman­deur d’em­ploi peut cumu­ler le salaire (ou la rému­né­ra­tion non sala­riée) avec une partie de ses allo­ca­tions chômage, sous certaines condi­tions.

    Dit autre­ment, quand vous êtes au chômage, le Pôle Emploi veut vous inci­ter à reprendre une acti­vité, même partiel­le­ment, même tempo­rai­re­ment pour quelques jours. Pour vous y inci­ter, ils permettent roya­le­ment un cumul des reve­nus de l’ac­ti­vité en ques­tion avec l’al­lo­ca­tion chômage clas­sique. L’al­lo­ca­tion est réduite pendant le cumul, mais elle est là.

    Allocation de cumul = allocation standard - 70% du revenu d'activité

    Ça a l’air cool, un joli effort du Pôle Emploi qui va dans le bon sens. Main­te­nant si on réflé­chit du point de vue de l’al­lo­ca­taire, c’est moins relui­sant. (suite…)

  • Attri­buer une cita­tion en HTML

    On parle de HTML 5, le web n’est qu’une multi­tude de liens, et on ne sait toujours pas attri­buer une cita­tion. Comment est-ce que je source le Au-revoir de Valéry Giscard d’Es­taing ?

    <blockquote>Au revoir.</blockquote>

    Il y a bien un attri­but cite dans <blockquote>. Je peux y mettre un lien mais ce lien ne sera ni affi­ché ni action­nable dans les navi­ga­teurs.

    Je peux aussi mettre un texte dans un attri­but data-source et l’af­fi­cher avec le lien via quelques geeke­ries CSS. C’est un peu mieux mais le lien n’est ni cliquable ni sélec­tion­nable pour un copier-coller : Plus frus­trant du meurs.

    Je ne parle même pas d’al­ler indiquer la date dans la cita­tion avec la balise <time>, là on entre­rait dans la science fiction.

    <style>
    blockquote::after { content: "-- " attr(data-source) ", " attr(cite);
    </style>

    La solu­tion du pauvre – celle que j’uti­lise sur ce blog – c’est de mettre la source direc­te­ment dans le <blockquote>. Il s’agit toute­fois d’un détour­ne­ment du sens des balises, parce que l’at­tri­bu­tion ne fait pas partie du bloc cité.

    D’autres proposent de mettre ça dans un <footer> du <blockquote>, éven­tuel­le­ment avec un <cite>. C’est un peu mieux – le <footer> est offi­ciel­le­ment fait pour être de la méta­don­née à propos du bloc parent – mais ça reste bancal : Le code ne permet pas de sépa­rer ce qu’on cite de l’at­tri­bu­tion elle-même.

    <blockquote>
      Au revoir.
      <footer>
        -- Valéry Giscard d'Estaing, 
        <cite>
          <a href="http://www.ina.fr/video/I08358793">
            dans son discours du 
            <time datetime="1981-05-19">le 19 mai 1981</time> 
            avant la passation de pouvoir à François Mitterrand
          </a>
        </cite>
      </footer>
    </blockquote>

    La balise <figure> peut venir à notre rescousse. On englobe le <blockquote> dans la <figure> et on ajoute un <figcaption> pour l’at­tri­bu­tion, avec éven­tuel­le­ment un <cite> correc­te­ment placé.

    <figure>
      <blockquote>Au revoir.</blockquote>
      <figcaption>
        -- Valéry Giscard d'Estaing, 
        <cite>
          <a href="http://www.ina.fr/video/I08358793">
            dans son discours du 
            <time datetime="1981-05-19">le 19 mai 1981</time> 
            avant la passation de pouvoir à François Mitterrand
          </a>
        </cite>
      </figcaption>
    </figure>

    Quelque part j’ai encore mal parce qu’un robot ne reliera pas l’at­tri­bu­tion et la cita­tion.

    Reste aussi que la défi­ni­tion de <figure> indique que l’em­pla­ce­ment de son contenu dans le texte envi­ron­nant n’a pas d’im­por­tance, ce qui ne me parait pas forcé­ment vrai pour une cita­tion.

    On sait expri­mer tout ça à desti­na­tion des moteurs de recherche en rdfa, en micro data ou en json-ld, le tout avec un voca­bu­laire normé, mais on n’a toujours rien pour les données visibles de l’uti­li­sa­teur. Que la spéci­fi­ca­tion HTML 5 ait été diri­gée par un éditeur de Google ne peut être qu’une coïn­ci­dence.

  • Dis Mozilla, c’est quoi ta stra­té­gie ?

    Mozilla, j’ai vécu avec toi depuis les miles­tones des années 2000. À l’époque on ne parlait pas même pas d’une 1.0 sur ce qui est devenu SeaMon­key.

    J’ai vu XULRun­ner qui permet­tait d’en­cap­su­ler une app web dans un conte­neur appli­ca­tif desk­top. C’était Atom et Elec­tron avant l’heure. Et puis tu as tué ce qui aurait pu faire le pont avec le desk­top.

    À l’époque il y avait XUL et XBL, qui permet­taient la compo­si­tion d’in­ter­face « web » avant l’heure. J’ai vu l’ini­tia­tive autour de XBL 2 mais la sauce n’a pas pris. Et puis tu as tué XUL en n’y voyant qu’un compo­sant de tes propres inter­faces.

    J’ai vu vers 2014 ton navi­ga­teur qui savait conver­tir une webapp en APK natif pour Android. Encore une fois on avait un pont entre le web et l’ap­pa­reil que les gens ont dans les mains. Et puis tu as tué ce qui permet­tait de faire le pont entre le web et les mobiles.

    À l’époque il y avait Fire­foxOS, qui envi­sa­geait d’ap­por­ter le web plus direc­te­ment sur le mobile. L’ini­tia­tive n’a pas pris dans le temps que tu lui as donné, mais ça aurait été un travail long terme. Et puis tu as tué le projet sans l’as­su­mer, avec une commu­ni­ca­tion vrai­ment défaillante.

    Aujourd’­hui les dev s’en­thou­siasment de ce que peut permettre Elec­tron à l’ave­nir et chantent l’in­no­va­tion de Chrome qui permet d’ins­tal­ler des webapp sur Android depuis quelques jours. Faute de compo­sants et de compo­si­tion, les gens refont des moteurs d’in­ter­face tout en Javas­cript. Chrome devient le point de passage obligé pour faire le pont entre web et mobile.

    Je donne ces deux exemples. J’en ai d’autres en tête. Peut-être arrives-tu trop tôt à chaque fois. Je ne sais pas. Par contre je suis fati­gué de voir toutes ces bonnes initia­tives tuées dans l’œuf pour ressor­tir plus tard chez des gens qui n’ont pas forcé­ment le bien commun comme objec­tif.

    Dis, Mozilla, c’est quoi ta vision et ta stra­té­gie pour le web ? Ça devient de moins en moins clair pour moi au fur et à mesure que les années passent. Je veux bien croire qu’il y en a une, je demande juste à ce qu’on me l’ex­plique.

  • Il ne faut pas essayer. Il faut faire.

    Je l’en­tends encore et ça me fatigue à chaque fois.

    Il y a du sens, quand on parle d’une action à réali­ser, là où « je vais essayer » revient à dire « je remets à plus tard » et où « je fais » revient à dire « je m’en occupe main­te­nant et tu peux comp­ter dessus« .

    C’est depuis devenu un mantra de mana­ge­ment. Il ne faut pas essayer, il faut faire.

    Malheu­reu­se­ment, en dehors du contexte initial, quand on parle de résul­tats à atteindre, ça sert surtout à rassu­rer le mana­ger, au détri­ment de la recon­nais­sance du travail du colla­bo­ra­teur et de la rela­tion de confiance.

    On met d’un coup des œillères pour ne pas voir l’in­cer­ti­tude ou le risque.

    On dit au colla­bo­ra­teur que son effort ne compte pas. On lui laisse entendre que l’ab­sence de résul­tat sera un échec. On le place lui-même dans une situa­tion de stress et de senti­ment d’injus­tice.

    La seconde fois on l’in­cite à ne plus propo­ser, faute de se retrou­ver engagé malgré lui à un résul­tat qu’il ne peut assu­rer.

    La troi­sième fois on l’in­cite à ne plus croire aux enga­ge­ments et aux objec­tifs qu’on lui commu­niquera, faute de savoir quelle crédi­bi­lité et quelle confiance il peut y appor­ter.

    Tout ça pour rassu­rer le mana­ger qui pourra repar­tir de la discus­sion en croyant avoir renforcé la moti­va­tion de son inter­lo­cu­teur…

  • [Commen­taire] Des cher­cheurs ont vu […] la DGSI, qui ont embarqué leurs ordi­na­teurs

    Afin de proté­ger les cher­cheur.e.s qui seraient amené.e.s à consul­ter ces sites [faisant l’apo­lo­gie du terro­risme] pour mener à bien leurs recherches, je vous demande de bien vouloir nous trans­mettre [les] noms et coor­don­nées [des cher­cheurs] qui travaillent ou envi­sagent de travailler en consul­tant ces sites.

    […] Cette infor­ma­tion est hélas néces­saire afin de pouvoir prou­ver qu’un programme de recherche était bien en cours sur ces ques­tions dans votre unité. Il s’agit d’une mesure préven­tive qui nous permet­trait, le cas échéant, de défendre les collègues

    Certains ont cru que l’in­for­ma­tion était là. C’est le symp­tôme d’une crainte, mais la vraie infor­ma­tion elle suit dans l’ar­ticle :

    Des cher­cheurs ont vu débarquer chez eux ou dans leurs labo­ra­toires les services de la DGSI, qui ont embarqué leurs ordi­na­teurs, juste­ment dans ce domaine.

    — Patrice Bour­de­lais, direc­teur de l’INSHS, Fran­ceinfo

    Mesure préven­tive ? vrai­ment ? peut-être pas tant que ça, et là ce n’est plus une crainte mais un vrai problème.

    Je n’ose imagi­ner un système telle­ment défaillant que les services de rensei­gne­ments ignorent qu’ils s’adressent à des cher­cheurs spécia­li­sés sur le sujet. Ils savent, et donc ce qui les inté­resse ce sont les données, les recherches, pas le risque de terro­risme de la part du cher­cheur.

    C’est un problème pour les cher­cheurs aujourd’­hui, mais aussi pour le futur. Je souhaite bien du courage aux cher­cheurs pour ne pas se faire fermer toutes les portes si leurs données peuvent à tout moment être saisies.

    On peut se dire qu’ils méritent la même protec­tion que les jour­na­listes mais c’est se trom­per de combat.

    Le problème est en amont. Tout le monde mérite d’avoir le droit de s’in­for­mer ou d’in­for­mer les autres, sans forcé­ment avoir une étiquette ou un métier parti­cu­lier.

    Ce sont nos liber­tés fonda­men­tales qu’on remet en cause. Lais­ser faire est d’une négli­gence grave. Le trai­ter comme un problème parti­cu­lier de cher­cheurs ou de jour­na­listes, c’est une erreur grave qu’on risque de regret­ter.

  • [Lecture] The 2016 U.S. Mobile App Report

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    — ComS­core, The 2016 U.S. Mobile App Report

    Quelque part ça s’amé­liore, en 2014 65% des gens ne télé­char­geaient rien. Nous en sommes à 49%… aux USA.

    Il reste que moins de 20% des gens télé­chargent plus de 3 apps mobiles par mois. Si on prend l’in­té­gra­lité de l’échan­tillon, c’est moins de deux nouvelles apps par mois en moyenne.

    Dans ces deux apps, il y a le dernier Candy Crush, l’app du jour­nal favori, celle du centre commer­cial du coin, celle d’Ikea ou du drive pour faire ses courses, Uber, AirBnb… Bien du courage pour concur­ren­cer les 10 app domi­nantes d’une tranche d’âge.

    Autant dire que vouloir initier la diffu­sion de son produit/service par une app mobile, c’est partir avec un boulet au pied.

    On le voit d’ailleurs sur le nombre d’app qui dépassent les 5 millions d’au­dience : à peine 130, là où le web mobile en a 580, en progres­sion de +36% dans la dernière année.

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    Les app mobiles n’ont pas tout perdu. Le temps passé y est 7x plus impor­tant que sur le web mobile (page 12 du rapport). Ce n’est juste pas par là qu’il faut commen­cer. Il sera temps d’y venir quand l’at­ti­rance de la marque sera assez forte pour percer dans les quelques app impor­tantes.

    Et même là… les utili­sa­teurs choi­sissent quelles app mettre sur l’écran d’ac­cueil pour un accès rapide (page 25). Si vous arri­vez à y mettre un raccourci vers une web app, il est probable que l’ef­fet soit le même.

  • [Lecture] Reprise

    Après un long moment de silence, l’en­vie de reprendre l’écri­ture sur ce blog me revient.

    — Emma­nuel Clément

    L’ami Emma­nuel revient. Message infor­ma­tif à ceux qui comme moi auraient loupé l’in­for­ma­tion parce qu’il a silen­cieu­se­ment changé l’adresse de son flux RSS sans faire de redi­rec­tion (oui, il y a un message subli­mi­nal là derrière :-)