Catégorie : Présidentielle 2017

  • Nouveau gouver­ne­ment 

    Réac­tions à chaud sur le nouveau gouver­ne­ment :

    Je ne m’at­ten­dais pas à être enthou­siasmé vu que je ne partage pas l’orien­ta­tion prin­ci­pale d’Em­ma­nuel Macron. Cela dit, malgré les remarques plus bas, si on omet le gros problème de Gérald Darma­nin, la compo­si­tion n’est pas si mal. Je crai­gnais plus gênant. Tant mieux.

    Renou­vel­le­ment poli­tique : On repas­sera. Gérard Collomb est d’ailleurs un symbole à ce niveau, autant par son parcours que par ses prises de posi­tion sur le sujet.
    Avoir de nouvelles têtes n’est pas un sujet majeur pour moi au niveau d’un gouver­ne­ment (j’hé­site même à dire « au contraire ») mais c’est Emma­nuel Macron qui a quand même fait sa campagne sur le sujet. J’es­père au moins que Jean-Yves Le Drian va aban­don­ner son mandat au conseil régio­nal sinon les décla­ra­tions de limi­ta­tion de la campagne ne seront que de jolies promesses (chose confir­mée depuis)

    Reca­sage : Ce n’est pas vrai pour tous mais les trois ministres d’État sont parmi les soutiens de première heure les plus visibles. J’es­père que ce n’est pas lié à des accords préa­lables. Je n’y parie­rais pas.

    Fémi­nisme : Emma­nuel Macron avait dit espé­rer une femme comme premier ministre et avait expli­ci­te­ment promis un minis­tère plein et entier pour les droits des femmes plutôt qu’un secré­ta­riat d’État. On n’aura eu aucun des deux. Promesse cassée avant même de commen­cer à gouver­ner.
    S’il y a bien la parité, on note tout de même que globa­le­ment ça s’est fait en complé­tant les minis­tères les moins pres­ti­gieux : Aucune femme dans les ministres d’État et les deux seuls minis­tères sous tutelle sont ceux de femmes. Les mauvaises langues diront que les deux ministres sous tutelle n’ont échappé au secré­ta­riat d’État que pour permettre de dire qu’il y a parité.

    LGBT : Gérald Darma­nin est connu pour ses posi­tions homo­phobes et son oppo­si­tion au mariage pour tous. Bref, *le* vrai problème de ce gouver­ne­ment, mais on savait Emma­nuel Macron déjà léger sur le sujet.

    Santé : Agnes Buzyn n’a pas été vrai­ment très posi­tive sur les ques­tions des conflits d’in­té­rêt dans l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. (media­part)

    Droit d’au­teur : Le minis­tère de la culture c’est déjà subven­tion et lobby des ayant-droits. Avec une éditrice il y a peu de chances que ça change, et c’est plutôt confirmé par ses posi­tions. Je ne la connais pas sur le reste donc je n’ai pas d’avis plus détaillé.

    Écolo­gie : C’est super mitigé. On a quelqu’un qui croit réel­le­ment à l’im­por­tance de l’éco­lo­gie, et à un minis­tère d’État. Sacré signal posi­tif. Ce que j’es­père c’est qu’il s’agit plus que de la commu­ni­ca­tion. Le choix de Nico­las Hulot et un ex-Areva comme premier ministre me font douter. J’at­tends de voir.

    Handi­cap : Je ne la connais­sais pas mais j’en­tends du bien de la nouvelle secré­taire d’État depuis les annonces. Posi­tif donc.

  • Contra­dic­tions inter­nes… vote blanc et absten­tion

    Il n’y ici aucune injonc­tion à quoi que ce soit. Mon choix est déjà fait. J’es­père forcé­ment que vous ferez le même mais ce n’est pas de ça dont on parlera ici. 


    France insou­mise a orga­nisé ces derniers jours une consul­ta­tion à propos du second tour de l’élec­tion prési­den­tielle. […] cette consul­ta­tion a permis l’ex­pres­sion de 243128 insou­mis.es et donne à voir des avis parta­gés :
    – 87818 insou­mis.es, soit 36,12%, pour un vote blanc ou nul;
    – 84682 insou­mis.es, soit 34,83%, pour un vote Emma­nuel Macron;
    – 70628 insou­mis.es, soit 29,05%, en faveur d’une absten­tion.

    D’après les réponses qu’on m’a faites, c’était une consul­ta­tion en ligne ouverte unique­ment aux adhé­rents et avec unique­ment ces trois options.

    Je trouve quand même très ironique qu’un partimouve­ment qui a à son programme la recon­nais­sance du vote blanc dans les suffrages expri­més… ne permette pas le vote banc dans sa propre consul­ta­tion interne.

    Rien de grave mais je m’au­to­rise à trou­ver ça amusant, ironique même.

    Fixer le droit de vote à 16 ans, instau­rer le vote obli­ga­toire et la recon­nais­sance du vote blanc comme suffrage exprimé et géné­ra­li­ser la repré­sen­ta­tion propor­tion­nelle

    Plus loin dans l’iro­nie, au programme de la France Insou­mise on trouve « instau­rer le vote obli­ga­toire » au chapitre de l’Ur­gence démo­cra­tique.

    Bref, je trouve aussi amusant de voir qu’on peut vouloir instau­rer le vote obli­ga­toire aux élec­tions mais soi-même souhai­ter s’y abste­nir. Ils sont quand même 29% à ne pas y voir de contra­dic­tion. Ce n’est pas une anec­dote.

    On pour­rait d’ailleurs penser que les mili­tants actifs qui promeuvent le vote obli­ga­toire seront plus volon­taires que la moyenne pour parti­ci­per aux consul­ta­tions internes de leur propre mouve­ment. La parti­ci­pa­tion est en réalité de seule­ment 55%, ce qui est plutôt très bas. Ironie quand tu nous tiens…

    * * *

    Les mauvaises langues diront que permettre le vote blanc à la consul­ta­tion aurait risqué de mettre en valeur le choix qui n’était pas proposé, celui de Marine Le Pen.

    Il faut dire que 20% des votants de Jean-Luc Mélen­chon prévoient de voter pour elle au second tour. Je sais que tous les votants ne sont pas des adhé­rents mais on peut suppo­ser que le chiffre n’au­rait pas été nul. 20% de votes blanc à une consul­ta­tion où le seul choix manquant était de voter FN, ça aurait été assez déran­geant.

    J’avoue que l’ab­sence de ce vote blanc est du coup une esquive un peu facile.

    Étant donné l’at­ta­che­ment profond de la France insou­mise aux prin­cipes d’éga­lité, de liberté et de frater­nité, le vote Front Natio­nal ne consti­tuait pas une option de la consul­ta­tion.

    Invoquer les valeurs du mouve­ment aurait pu être perti­nent… s’il n’y avait pas eu exac­te­ment la même contra­dic­tion en propo­sant l’abs­ten­tion au second tour. Là il y a une diffé­rence de trai­te­ment diffi­cile à expliquer.

    Et puis… propo­ser le choix de Marine Le Pen et montrer qu’il était non signi­fi­ca­tif aurait juste­ment eu une sacré classe qui aurait coupé la chique à tous ceux qui reprochent au mouve­ment de parti­ci­per à l’élec­tion du FN.

  • Je sais pour qui voter (seconde édition)

    Le climat aujourd’­hui est détes­table. Impos­sible de dire quoi que ce soit sans être agressé. Il y a un achar­ne­ment mili­tant jusqu’à l’over­dose. On en vient à espé­rer que les proches ne parlent pas poli­tique. 

    J’ai pensé ne pas publier ce billet, pour ne pas ajou­ter à la pola­ri­sa­tion mili­tante ambiante. Je me rends compte aujourd’­hui combien je trouve l’idée de l’auto-censure gênante, dange­reuse même. Il s’agit de lais­ser les into­lé­rants nous empê­cher de réflé­chir et d’échan­ger. Il s’agit de les lais­ser nous dicter quels sujets doivent leur être réser­vés, simple­ment par fatigue.

    Alors je publie tout de même. Je ne convain­crai certai­ne­ment personne mais ce n’est de toutes façons pas le but. Je publie pour moi, pour me libé­rer, pour réflé­chir à haute voix. Je publie pour parta­ger, pour contri­buer, pour enri­chir les réflexions des autres comme lire les autres enri­chit les miennes. Pas plus.

    Votez ce que vous voulez, ou ne votez pas si vous ne le voulez pas. Je ne dicte­rai pas vos choix. Je dis juste que le mien est fait.

    Je sais que je vais voter

    Je sais que je vais voter parce que le choix est restreint. Il n’est plus ques­tion de vote stra­té­gique ou de vote de confiance. Il n’est pas ques­tion de faire une sélec­tion. Il s’agit juste de savoir lequel des deux je préfère.

    Leurs choix sont si diffé­rents qu’il me parait inima­gi­nable de dire que « ça revien­dra au même ». Et si ça ne revient pas au même, alors je veux choi­sir.

    Ne pas assu­mer mon choix, me draper derrière une virgi­nité, dire que je laisse les autres assu­mer leurs choix de premier tour… j’au­rais l’im­pres­sion d’être lâche. Comment puis-je espé­rer construire quelque chose si je ne suis même pas capable de traver­ser une diffi­culté de vote entre deux candi­dats ?

    Les pauvres ou les étran­gers

    Il y a une sacré force dans le slogan et un fond de vérité quelque part.

    Les mots ne sont que des images, mais tout le monde voit bien ce qu’il y a derrière ces images là. On ne parle pas que des étran­gers, on parle des autres, ceux qui ne corres­pondent pas au stéréo­type valide blanc quaran­te­naire hété­ro­sexuel catho­lique parlant sans accent. Cela dit on ne parle pas non plus des pauvres, on parle aussi des non-favo­ri­sés, de ceux en diffi­culté, de ceux qui n’ont pas les moyens, pas le rela­tion­nel, pas la chance, pas la connais­sance ou simple­ment pas l’op­por­tu­nité.

    Parfois ces gens sont les mêmes, souvent, et ce n’est pas un hasard. Je ne crois pas que Marine Le Pen défen­dra parti­cu­liè­re­ment les pauvres si ce n’est pas pour les oppo­ser aux pauvres qui sont hors du stéréo­types. Cela dit je ne crois pas qu’Em­ma­nuel Macron défen­dra parti­cu­liè­re­ment les étran­gers si ce n’est pas au béné­fice du système écono­mique.

    Je ne crois pas ou je ne crois plus qu’ex­clure les uns soit mieux qu’ex­clure les autres. Aucun ne mérite plus ou ne mérite moins. Exclure, stig­ma­ti­ser et mettre au banc de la société peut dans les deux cas, en plus de l’im­pact sur les popu­la­tions concer­nées pendant le mandat lui-même, avoir des effets long terme très domma­geables pour la société, de l’ex­clu­sion à la haine.

    Je comprends que celui qui se sente plus pauvre puisse voir en Marine Le Pen une alter­na­tive moins drama­tique pour sa vie. De même que je comprends que celui qui se fait systé­ma­tique­ment renvoyer à son extra-terri­to­ria­lité poten­tielle ou sa mino­rité réelle ou suppo­sée puisse voir en Emma­nuel Macron une alter­na­tive moins dange­reuse pour sa vie, peut-être même un espoir de liberté.

    Ne vivant aucune des deux situa­tions, je serais bien illé­gi­time à le repro­cher à un quel­conque des deux.

    Et pour­tant je sais pour qui voter

    Je sais pour qui voter parce que l’un des deux agit contre les mino­ri­tés tandis que l’autre se contente de négli­ger ceux qui ne sont pas de sa caste préfé­rée. Je sais pour qui voter parce que l’un des deux cherche à ouvrir le pays et l’autre à le fermer. Je sais pour qui voter parce que la grada­tion des dommages n’a rien à voir.

    Je sais pour qui voter parce que, même si je pense qu’il est dans l’er­reur, l’un croit que son programme appor­tera un mieux à tout le monde tandis que l’autre cherche d’abord à exclure et à segmen­ter.

    Tout ça ne fait aucun doute pour moi. Je préfère celui qui ignore la souf­france des autres à celle qui distil­lera la haine.

    Certains disent que c’est choi­sir entre la peste et le choléra. D’une part je ne le crois pas. D’autre part, si on devait m’ino­cu­ler un des deux, la lecture des fiches wiki­pe­dia des deux mala­dies me laisse peu de doutes sur ma volonté de choi­sir. Oui, on peut choi­sir entre deux options dont aucune n’est idéale.

    Malgré tout ce que je reproche à la vision humaine et écono­mique d’Em­ma­nuel Macron, à son modèle de société, je n’ai aucun doute sur ce que je préfère.


    Je suis inté­ressé par ce que vous pour­riez penser sur le même sujet. Publiez, Je vous lirai avec inté­rêt si vous expliquez votre chemi­ne­ment et vos choix. 

    Excep­tion­nel­le­ment, cepen­dant, les commen­taires sont fermés et j’ai­me­rais que vous ne répon­diez pas direc­te­ment aux tweets ou toots annonçant le lien.

    Publiez, mais faites-le chez vous, de votre côté. Faites-le pour parta­ger et pas pour détrom­per, critiquer, poin­ter combien j’ai tort ou montrer à quel point je n’ai rien compris. Faites-le indé­pen­dam­ment de moi et de mon texte.

  • [Poli­tique] Je sais pour qui voter

    Je pense que l’im­por­tant est dans l’hu­main, ses condi­tions de vie, à la démo­cra­tie, aux liber­tés civiles et à l’ou­ver­ture à l’autre plus que dans l’en­tre­prise, l’éco­no­mie, l’iden­tité natio­nale, l’ordre et la sécu­rité. Je crois qu’au­trui est aussi impor­tant que soi-même, et donc à l’im­por­tance du collec­tif. Je crois que l’éco­lo­gie est une urgence aujourd’­hui pour ne pas être un désastre demain.

    Il parait que ça s’ap­pelle être de gauche mais c’est plus complexe que ça.

    Même s’il est de droite côté écono­mique, j’ai des affi­ni­tés avec François Bayrou en ce qu’il a toujours placé l’hu­main au centre.

    Inver­se­ment je n’ai pas d’adhé­sion avec Manuel Valls et Emma­nuel Macron. Le premier fait passer l’ordre et la police avant les liber­tés civiles, le second l’ef­fi­ca­cité et l’éco­no­mie avant tout le reste en plus d’avoir une vision presque roya­liste des insti­tu­tions.

     

    * * *

    J’ai des affi­ni­tés fortes avec l’es­sen­tiel des points mis en avant dans le programme de Benoit Hamon. Je le vois avec les même prio­ri­tés que moi.

    Il ne semble y avoir aucune chance pour que Benoit Hamon soit élu mais au moins je vais voter pour ce que je crois, et montrer qu’il y a des gens qui veulent ce trip­tyque huma­nisme, écolo­gie et Europe.

    On se moque mais même s’il ne faisait que 7 ou 8%, c’est plus qu’é­nor­mé­ment de candi­dats de prési­den­tielles dans le passé, Jean-Luc Mélen­chon compris. Bref, moi ça ne me semble pas vain.

    J’ai hésité à voter utile. Pas contre Marine Le Pen – tous gagne­ront contre elle au second tour – mais juste­ment pour parti­ci­per à choi­sir qui sera éven­tuel­le­ment contre elle, et donc indi­rec­te­ment qui sera élu.

    J’ai hésité à voter utile avec Jean-Luc Mélen­chon. Ses chances ne sont pas nulles et ses prio­ri­tés corres­pondent assez bien à celles de mon premier para­graphes. Il est plus cultivé et intel­li­gent que ses discours parfois radi­caux ne le laissent voir. J’ai plein de points de diver­gences, par exemple son protec­tion­nisme, mais surtout je tiens trop à l’Eu­rope et à la paix qu’elle apporte. Ajouté à mon manque de confiance dans la personne elle-même et ce qu’il pour­rait faire… ça ne colle pas.