Une opinion est juste un fait qui fait débat


On me reproche parfois de présen­ter mes opinions de façon trop affir­ma­tive, sans atté­nua­tion. C’est un parti pris volon­taire de ma part.

Tout ce que je dis n’est qu’o­pi­nion. Même quand ce pour­rait être présenté comme un fait, fina­le­ment ce peut être sujet à débat. Le mur rouge en face de moi certains le verront peut être oran­ger, peut-être faudrait-il véri­fier sous un autre éclai­rage, peut être ai-je un trouble de la vision ce matin, voire des souve­nirs défaillants vis à vis de la couleur du mur.

Une opinion est juste un fait qui fait débat.

Bref, mes propos n’en­gagent que moi (ou ma source quand je la cite), et tant que je suis prêt à être contre­dit et à chan­ger d’avis, je m’au­to­rise à affir­mer direc­te­ment. Je ne vois aucune valeur ajou­tée à agré­men­ter chaque phrase de « je pense », « je crois », « selon moi ». À chacun d’ac­cep­ter d’en­tendre des opinions contraire sans impo­ser aux autres qu’elles soient mises en sour­dine par mille précau­tions oratoires. Je m’au­to­rise même à dire que les broco­lis c’est vrai­ment dégueu­lasse, sans avoir à dire que « je n’aime pas ». C’est dire si je suis un mauvais garçon.

La nuance je la met quand mon opinion n’est pas tota­le­ment forgée, quand j’hé­site, ou (malgré moi) quand je sais que ça risque d’être mal pris.

Pour aller plus loin, oui, parfois j’ex­prime même des opinions sans avoir toute la vérité à ma connais­sance. De la même façon que je ne souhaite pas ajou­ter « selon moi » à chaque phrase, je ne souhaite pas ajou­ter « d’après ce que j’en sais » non plus. Il est évident que j’ex­prime une opinion unique­ment en fonc­tion de ce que je sais ; et je n’au­rai de toutes façons jamais la préten­tion de tout savoir, quel que soit le sujet. Je m’as­treins juste à ne pas rester sur mon opinion première quand j’en apprends plus.

 


Une réponse à “Une opinion est juste un fait qui fait débat”

  1. > Je m’autorise même à dire que les brocolis c’est vraiment dégueulasse, sans avoir à dire que « je n’aime pas »
    D’abord c’est complètement faux, les brocolis c’est excellent :-)
    Ensuite je pense que (aïe, zut) ce n’est pas une question de précaution oratoire ou autre tournure de phrase répétitive mais d’exprimer un jugement (les brocolis c’est mauvais) ou un avis personnel (je n’aime pas les brocolis). Le premier a tendance neutraliser un échange (le côté trop « affirmatif », comme une question à réponse fermée), le second, moins menaçant, à l’ouvrir.

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