[Réaction] J’ai mangé la moitié de son goûter

Parlante ? elle est sacrément trompeuse.

Grâce aux impôts, taxes et cotisations, il a un goûter. Rien que ça.

C’est à dire que son père a bénéficié de l’école qui lui a permis d’avoir un travail qualifié et de payer un goûter à son fils. Que la même école a formé aussi son boulanger et l’a instruit pour lui permettre de savoir comment poser la question.

C’est à dire qu’il y a une police pour éviter que le voisin prenne tout son goûter, vole les matières premières ou la production du boulanger.

C’est à dire qu’il y a des règles et une justice pour les faire appliquer afin que le père ne soit pas exploité 15h par jour et qu’il puisse répondre à son fils, et pour que le boulanger soit astreint à des règles sanitaires qui permettent de manger le goûter sans partir à l’hôpital.

C’est à dire justement qu’il y a un hôpital, dans lequel statistiquement il a déjà fait un tour et qui lui permet d’être en bonne condition pour manger son goûter, ou même simplement encore vivant grâce aux vaccins.

C’est à dire qu’il y a une armée pour éviter d’être à la merci du premier voisin hostile venu, parce que les réfugiés des pays en guerre n’ont pas tous un goûter non plus.

C’est à dire qu’il a peut-être aussi une famille qui bénéficie de l’aide au logement, de l’allocation familiale, du revenu de solidarité active, de l’aide handicapé ou d’une aide quelconque.

C’est à dire qu’il a des routes et des infrastructures pour qu’un idiot puisse poster cette image débile sur Internet.

Non l’image n’est pas parlante, elle est sacrément trompeuse et malsaine.

Que ce soit un magazine entrepreneuriat qui colporte ces imbécilités n’a rien d’extraordinaire.

J’en ai ma claque de ces entrepreneurs qui râlent contre les impôts, les taxes et les cotisations comme si la collectivité n’avait que pour seul but de leur prendre les fruits de leur labeur.

Ils oublient un peu vite que s’ils étaient en Somalie ils n’auraient certainement pas entrepris. S’ils en ont été capable c’est que eux, leurs employés et leurs clients ont l’éducation, l’infrastructure, l’environnement et les aides qui vont bien pour ça, et que tout ça est justement payé avec les impôts. Le pire c’est que la plupart d’entre eux n’en payent justement pas ou peu des impôts. Ne parlons même pas de ceux qui râlent contre les cotisations sociales et qui s’en font exonérer la majorité à l’aide des JEI, CIR et autres CII, ou qui se font subventionner et accompagner directement par la BPI ou d’autres dispositifs

Entrepreneurs, redescendez sur terre : si jamais vous réussissez, ça sera grâce aux impôts ; si vous avez été capables d’entreprendre, c’est aussi grâce aux impôts.

Alors votre histoire de 50% du pain au chocolat…

Rejoindre la conversation

16 commentaires

  1. Reste le raisonnable, la moitié de la chocolatine, au vu des services attendus, pourquoi pas.

    Mais en fait, justement du fait de tes revenus, tu te retrouves interdit d’allocations ou d’aides pour toi ET POUR TES ENFANTS (qui n’ont pourtant pas de revenus étant majeurs et étudiants).

    Mais 50% c’est dans mes rêves.

    Pour 100 € gagnés j’en paye 60 de charges, sur les 40 restant je suis taxé à 30%, sur les 28 restants je dois payer mes emprunts perso dont celui qui me sert à payer mon outil de travail que si un jour il est à moi parce que j’ai réussi à le payer sans faire faillite, je serais peut-être riche un instant avant d’être taxé à sa revente. Et sur le solde, soit 14 €/100 je paye, comme vous, la TVA de 20% sur mes achats.

    Les impôts c’est une part, mais le problème c’est l’inégalité.

    Allégeons les charges et les impôts des particuliers, instaurons un revenu de base, le même pour tous et favorisons la réalisation personnelle plutôt que la course au remboursement des emprunts, au paiement des taxes, ou aux mois de cotisations pour droits.

    1. 60% de charges ça fait beaucoup. Je ne conteste pas mais je trouverais intéressant que tu nous donnes le détail réel chiffré.

      30% d’impôts sur le revenu ça me parait énorme. Le taux marginal je veux bien, mais en taux effectif il faut gagner environ 200K€ /an de revenu imposable pour qu’un célibataire soit imposé à ce niveau. Si tu dis que tu as des enfants, probablement un(e) conjoint(e), ça demande de dépasser le demi-million d’euros de revenu par an quand même.

      Bon, les emprunts pour payer ton outil de travail sont à retirer des impôts que tu payes, donc là tu les comptes deux fois. Et oui, tu seras taxé sur l’augmentation de valeur de ton capital. Ta rémunération peut être en dividendes ou en capital, mais les deux seront imposés et c’est plutôt logique (l’augmentation de valeur de ta boite sera imposé bien plus faiblement par contre).

      Sinon oui pour la fin. Le revenu de base est nécessaire, et il faut changer de fonctionnement de société. Entre temps il faut bien payer tout le fonctionnement et vu les déficits, même si je fais partie de ceux qui en payent le plus, je ne me vois pas militer pour des baisses d’impôts.

      1. En tant que gérant de Sarl tu es taxé à hauteur de 45% sur toutes rémunérations. Mais concernant tes employés, c’est 85%!
        Et tes bénéfices, si tu en fais, dans le service c’est c’est 15% pour la tranche <30k€ et 30% la tranche superieure. Ca fait très mal et n'incite pas à laisser de la trésorerie dans la boite afin de… par exemple embaucher ?
        Personnellement, je ne vois pas comment je peux faire pour ne pas payer mes taxes et impôts, comme vous dites. Mon comptable est sur mes basques pour la moindre dépense et tout est déclaré automatiquement et mensuellement.
        Alors oui je n'ai pas embauché un ingénieur fiscaliste car plutot que d'optimiser(truander) je conçois l'intérêt des impôts. Seulement, j'en conteste l'utilisation et l'opacité.

        SVP, arretez de mettre les entrepreneurs du CAC40 au meme niveau que les 90% autres. Merci.

      2. Il y a plein de choses à répondre.

        Donc oui, il faut payer des impôts. Oui ça représente une part importante du volume d’affaire dès que quelqu’un se met à gagner des sous (que ce soit des bénéfices sur la structures, une rémunération pour le gérant, ou pour le salaire d’un employé).

        Si c’est ça le sujet, on est en plein dans le billet. Oui ça représente beaucoup. Mais oui ce qu’on donne en face est aussi énorme. Le problème c’est que ça semble tellement naturel à tout le monde qu’on en oublie ce que ça veut dire. Les routes, l’école, les hôpitaux, l’armée, la police, les aides diverses aux plus démunis mais aussi les aides diverses pour assumer une politiques à l’échelle du pays. C’est juste énorme.

        Pour prendre des exemples plus basiques et plus locaux, demandez à votre mairie le prix d’une tranchée dans la route en face de chez vous pour y entretenir un fourreau, le prix d’un rond point, ou même plus basiquement celui pour retirer les feuilles ou la neige sur votre partie de trottoir.

        Bref, c’est facile de dire que l’IS est à 33%, que l’État prend 50% du goûter. Mais quand il s’agit de remarquer que l’entreprise fonctionne parce qu’il y a un État et une collectivité autour qui fonctionne avec les impôts, là il n’y a plus personne.

        Parce que tu dis que tu conçois les impôts mais en conteste l’utilisation et l’opacité… mais en même temps tu ne critiques pas l’utilisation ou l’opacité dans ton commentaire, tu en contestes les montants.

      3. « opacité de mon commentaire » ? Hors sujet pour le coup non ? je me fais chier à écrire les véritables montants imposés et taxés pour montrer le point de vue d’un petit entrepreneur sans exagération… bref
        Rage sur les entrepreneurs si tu veux, mais deux choses : les tranchées d’une ville sont réalisées par les sociétés (entrepreneurs donc) et après si toi t’as pas envie de savoir comment chaque euro de ton IS
        est dépensée, c’est ton problème mais moi j’estime que ca devrait être une obligation, car on nous demande une clarté totale sur nos comptes.
        Mais vu le millefeuille fiscale, l’état n’est simplement pas capable de me fournir l’information, un comble !

      4. Calme, je parle justement de l’opacité du circuit de fiscalité, pas de ton commentaire (« opacité *dans* ton commentaire », comprendre « la mention de l’opacité que tu fais dans ton commentaire »).

        Mais si tu veux savoir comment est dépensé chaque euros de ton IS je comprends, mais effectivement c’est totalement hors sujet par rapport à l’image de départ que je cite et à ma réaction à cette image.

        Cela dit, l’IS va dans le budget général. Les grosses masses du budget général sont publiques et assez bien connues.

      5. Et donc sur le montant et la difficulté du business qui en découle, je vais enfoncer les portes ouvertes :

        Un business ça se gère avec des impératifs. On paye un local, des employés, une fiscalité, des matières premières, etc. Tout ça fait partie de l’équation. Dire que c’est la fiscalité qui empêche d’embaucher ou qui empêche de vivre c’est juste de mauvaise foi. C’est le business qui éventuellement n’est pas rentable une fois que toutes les composantes sont mises bout à bout. On ne peut pas juste sortir d’un coup de baguette magique les impôts ou une autre composante en disant « voilà, c’est à cause de ça ».

        Oui si on payait moins d’impôts ça serait plus facile pour le business. C’est aussi vrai si on payait moins les locaux. C’est aussi vrai si on payait moins les salaires. C’est aussi vrai si les clients acceptaient de payer plus cher et si les fournisseurs acceptaient d’être payés moins cher.

        À la limite la fiscalité est même la partie la moins coupable sur la rentabilité du business parce que c’est celle qui disparait le plus vite quand le business ne fonctionne pas : Si plus personne ne tire d’argent de la société et qu’elle ne fait pas de bénéfice, la fiscalité devient assez réduite. On ne peut pas en dire autant des matières premières, des fournisseurs, des locaux, etc. Autant dire que si le business ne fonctionne pas aussi bien qu’espéré, c’est assez peu à cause de la fiscalité et beaucoup à cause de tout le reste.

        Je te rejoins encore sur la fin. Le problème c’est bien l’opacité, ou plutôt le manque de visibilité (parce qu’en réalité tout est assez transparent sur où vont les sous, c’est juste qu’il faut fouiller longtemps pour n’entrevoir qu’un peu de la vue d’ensemble : on en fait plein de chose de notre argent). En ne comprenant pas ce à quoi sert la fiscalité dans notre paysage, ou en tenant tout ses effets comme acquis sans se rendre compte qu’ils en dépendent… on en vient à croire que c’est inutile ou exagéré. C’est loin d’être le cas.

        Bref, discutons de ce qu’on fait des sommes prélevées, et éventuellement du coup des utilisations peu pertinentes. Discutons de la répartition des prélèvements (prélever plus à X pour pouvoir prélever moins à Y). Mais sachant qu’aujourd’hui nos caisses et collectivités sont globalement quasi toutes endettées ou en déficit, discuter du montant trop élevé de la fiscalité, c’est juste taper sur son propre pied.

  2. Eric, « john Doe » te parle en tant qu’entrepreneur, quand on se plaint des charges et des impots, on ne se plaint pas des impôts sur le revenu (ça c’est juste la cerise).

    J’ai le même calcul que lui, je dirige depuis 13 ans une agence web.
    Sur 100 k€ de TTC généré par un de tes employés (et je parle valeur ajoutée hein, on va imaginer que j’ai TOUT retirer du chiffre d’affaire) , si tu donnes disons 20 k€ de salaire net à un employé, l’état va te prélever 100% de ce net, soit 20 000 euros de plus, en charge sociales et patronales.
    Là dessus se greffent pas mal de petites charges dont certaines assez délirantes niveau justif (« aide au passage au 35 h ??? « ) dont des taxes locales. sur l’année tu croqueras bien 10% de cette VA donc facile 10 000 euros.
    Maintenant sur le restant, tu prends 33% d’IS ! tu relâches environ 10 000 euros
    sur tes 100k de valeur ajoutée (donc jusqu’à 200k de CA initial investissements et amortissements et fournisseurs déduits) , il te reste 20k , 10% max !
    et enfin seulement, effectivement si tu balances des dividendes ou du salaires, ben tu manges tes impôts « classiques » sur ce que tu sors, au minimum du minimum 12%

    1. Je vais répondre la même chose, je veux bien du détail. Parce que 100K – 30% – 10K, ça me laisse quelque chose comme 60K, pas 20K. Je me doute que j’ai du mal comprendre un truc (d’où ma question), mais je n’ai pas le même résultat quand même.

      Et je ne vois pas pourquoi on compterait dans le calcul l’IS sur la somme que tu ne places pas en dividende/salaire. C’est lié à la boite, pas à la personne. Ça n’a un peu rien à voir je trouve. Ou alors tu le comptes aussi pour le salarié. Bref, plus de détail, en ligne à ligne, aiderait peut être à comprendre et discuter.

      Après je ne conteste pas qu’il y ait « beaucoup » d’impôts. Je dis juste que ces impôts ils servent à quelque chose, et ils sont importants. Ce n’est pas juste un grand méchant à côté qui te prend tout ce que tu gagnes. C’est une mise en collectif qui apporte aussi énormément de choses à côté.

      1. bah on peut ergoter sur les chiffres il est vrai
        l’employeur globalise malgré tout et signe un brut avec le salarié, mais malgré tout voit ce qu’il paie (le brut patronal), et voie ce que le salarié recoit (le net)
        il faut retirer 45% environ pour passer du brut patronal au net
        (ca taux varie en fonction du salaire et du secteur d’activité)
        tu retires encore l’IS (mettons 10%)
        tu retires encore la TVA
        l’employeur (qui globalise) se dit que le salarié touche pas grand chose par rapport à ce qu’il paie
        et quand le salarié vient lui demander une hausse de salaire (qu’il mérite probablement)
        bah tu te dis que l’état enfle bien les gens
        alors oui évidemment, il y a redistribution, les aides / les assurances & co qui sont réinjectées dans l’économie
        mais en tant que chef d’entreprise tu galères, tu ne te verses pas des salaires de dingue (2500 € pour ma part, après c’est sur que c’est + que le smic), et quand tu constates cela, tu es un peu faché

        après en hors sujet
        pour ma part, je n’ai jamais sauté le pas de salarié, quand j’étais surchargé de boulot
        j’ai sous traité, je n’ai pas suffisamment de travail pour 2 même si évidemment j’aurai pu faire un peu plus d’affaires
        mais je vois ces problématiques de salaire, je n’ai pas envie de fermer la boite si jamais j’ai une baisse d’activité avec ttes les histoires de prud hommes, et bon après une fois que tu mises sur le salarié, c’est compliqué si jamais il trouve mieux ailleurs (car évidemment y aura des boites qui auront plus de moyens)

      2. Faut absolument que les employeurs arrêtent leur peur des prud’hommes…

        Chiffres de l’INSEE et du ministère du travail, en 2013, 188 000 affaires jugées aux prud’hommes environ 20 000 sont en faveur des entreprises, il y chaque année environ 2,5 millions de salariés qui quittent leurs boites. Soit 0,7% des salariés qui partent.

        J’ai plus de 400 clients que je visite, donc les pme et leurs patrons, je connais bien. Les seuls qui perdent des prudhommes, l’ont mérités largement. S’ils ne dirigeaient pas leurs boites comme s’ils étaient Jésus réincarné, ils auraient jamais eu de problème.

      3. Bonjour Philippe, 2500€ ce n’est pas « plus que le smic », c’est plus que 2X plus. C’est tout à votre honneur de réussir à vous créer ce salaire qui vous permet d’être parmi les plus aisés de la 6° puissance mondiale (le salaire médian en France est à 1500€). Que l’État vous prenne beaucoup peut paraître normal quand vous êtes dans une classe sociale aisée et/ou quand votre entreprise fonctionne bien, c’est la redistribution.

  3. Et puis il y a un biais à partir d’un CA réalisé et à dire « Si il n’y avait pas les impôts … ».

    Les prix pratiqués tiennent aussi compte des impôts.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À propos de ce site, du contenu, de l'auteur
Je poste parfois ici des humeurs ou des pensées. Parfois je change, parfois je me trompe, parfois j'apprends, et souvent le contexte lui-même évolue avec le temps. Les contenus ne sont représentatifs que de l'instant où ils ont été écrits. J'efface peu les contenus de ce site, merci de prendre du recul quand les textes sont anciens. Merci

À toutes fins utiles, ce site est hébergé par OVH SAS, joignable par téléphone au +33 (0)9 72 10 10 07 et dont le siège social est au 2 rue Kellermann, 59100 Roubaix, France.