Distri­buons l’aide à la presse direc­te­ment aux jour­na­listes!


Autant le revenu de base fait écho chez moi sur plusieurs points, autant il repose sur un prin­cipe fonda­men­tal : S’ap­pliquer à tous, sans condi­tion, sans diffé­rence.

En imagi­nant un revenu mini­mum en distri­buant l’aide à la presse direc­te­ment aux jour­na­listes, qui décide qui est jour­na­liste ? La ques­tion se pose déjà mais avec un enjeu qui n’a aucune mesure avec celui qui pour­rait nous attendre. Souhaite-t-on vrai­ment des jour­na­listes d’État payés par ce dernier ? Le risque me parait énorme, surtout pour une profes­sion qui parle tant d’in­dé­pen­dance et qui est déjà tant sous le jeu de pres­sions externes.

Et puis pourquoi les jour­na­listes ? Pourquoi pas aussi les taxis ? les ramo­neurs ? les agents de sécu­rité ? les avocats ? Toutes les profes­sions sont utiles et indis­pen­sables. Nombreuses sont celles qui peuvent prétendre avoir des diffi­cul­tés, et souvent avec moins d’aides que n’en ont les jour­na­listes. Ces derniers ont d’ailleurs direc­te­ment des statuts parti­cu­liers, entre autres sur la fisca­lité. Sous quel prétexte donne­rait-on encore un avan­tage caté­go­riel à X ou Y dans une période où tous sont sur le fil et où nous savons avoir déjà trop d’avan­tages parti­cu­liers ?


6 réponses à “Distri­buons l’aide à la presse direc­te­ment aux jour­na­listes!”

  1. Je vois bien une raison valable.

    Si on part du postulat (pour l’instant c’est axiomatique hein) que l’information est le quatrième pouvoir, je serais plutôt pour qu’il soit « étatisé » sans pour autant dépendre directement de l’exécutif. Un peu comme la justice en fait.

    Si on arrive à créer pour les journalistes une situation similaire à celle des gens de loi, alors on pourra retrouver une indépendance intellectuelle décorrélée des intérêts du marché.

    Donc peut être moins de « journalisme à chiffre », « journalisme à sensation » et plus de journalisme de fond. Enfin, on peut réver

    • A ceci prêt que, quand on voit ce qu’on a fait de la séparation des pouvoirs, je ne suis pas sûr qu’il soit souhaitable d’y attacher l’information. Le législatif mange dans la main de l’exécutif, le judiciaire fait dans le grand spectacle et les « exemples » pour éviter les chahuts de la presse ou de l’exécutif …
      Rien de bon qui vaille.

      Non, la solution la plus pertinente, c’est en effet de comprendre que (presque) tout ce qu’on fait, qu’on soit salarié, indépendant, bénévole ou que sais-je est utile à la société. Et que le revenu de base apporte une reconnaissance de cela.

      Il n’y a qu’à voir, justement, l’état de la presse : les informations les plus pertinentes qui viennent à moi sont essentiellement mises en valeur par des « non-professionnels ».

    • Admettons, sauf que là le financement est purement arbitraire aux mains de l’exécutif. On est donc loin de ton idéal.

      Reste aussi que globalement la justice exécute un code très précis. La presse « créé », du coup il est beaucoup plus difficile de simplement lui donner un budget et de voir le travail se faire. Il y a des points de vue, des choix, …

    • Admettons, sauf que là le financement est purement arbitraire aux mains de l’exécutif. On est donc loin de ton idéal.

      Mouais, pas plus loin que distribuer l’aide à « la presse ». Ce budjet là est bel et bien arbitrairement décidé par l’exécutif non ?

      Reste aussi que globalement la justice exécute un code très précis. La presse « créé », du coup il est beaucoup plus difficile de simplement lui donner un budget et de voir le travail se faire. Il y a des points de vue, des choix, …

      Points de vue et choix couverts par le droit de la presse et la liberté d’expression. Mais tu lèves une bonne question non corrélé au revenu de base, ou à un financement des journalistes.
      La question se poserait plutôt dans le sens « si la presse est établie comme quatrième pouvoir, quel est le cadre de ce pouvoir ? ».
      Si on oublie l’approche capitaliste (« quel est mon ROI ? Quelle quantité j’ai pour mon argent ? »), la vraie question est donc : Comment définit-on un bon journaliste ?

      A rapprocher d’un autre métier : la recherche. Financée en partie par l’état, l’indicateur de réussite est le nombre de publications. On sait les travers de cela.

      Peut être que la bonne approche serait de mener les deux de front :) Après tout, dans les deux cas, le problème est de « publier » non ? (je plaisante à moitié)

      Pour l’instant, je n’ai pas de réponse ni la prétention d’en avoir. Mais en tout état de cause, je préfèrerais avoir une presse indépendante des objectifs capitalistes.

  2. Avec un revenue de base, je ne vois pas pourquoi les journalistes aurait en plus une aide ? Ils ont déjà les réductions d’impôts (pourquoi d’ailleurs ?) et autres avantages (genre accès à divers évènement gratuitement, réception de cadeau.. euh, d’objet en avant première…).

    Mais je ne connais peut-être pas assez bien le métier.

    • Journaliste, ou pas, une personne peut se voir offrir des cadeaux, intéressés, ou pas, pour des services qu’il rend.

      Les avantages en nature, c’est courant pour les journalistes, certes, mais nul besoin d’être journaliste professionnel pour en profiter.
      Qui plus est, ce sont un peu des « cadeaux empoisonnés » : les accepter bride l’expression – il y a une attente de « reconnaissance » derrière. Et il faut être soit sous une montagne de cadeaux (comme le sont les journalistes pros), soit un fieffé arriviste pour ne pas apporter cette « reconnaissance ».

      Qui plus est, ce sont des cadeaux dont on profite peu : s’ils sont offerts pour être un « sujet de reconnaissance » (comme les cadeaux de presse ou les petits cadeaux de partenaires pour graisser la pâte), ils sont avant tout une contrainte. Obligé de les « consommer », ils n’ont pas le goût du plaisir, et pire encore, si on nous demande un avis critique à leur sujet, alors ils n’auront pas non plus l’aspect du loisir.

      Je parle un peu avec une double expérience : des cadeaux de presse, j’en ai déjà eu, alors que je suis journaliste amateur. C’est rarement excellent (bon, mention spéciale à la bouteille d’alcool haut de gamme complète au lieu de l’échantillon, ça c’était vraiment sympa)
      Et pire encore donc, mon cher voisin est un célèbre blogueur mode (du genre qui passe dans « la belle et ses princes presque charmants »), et reçoit cadeau sur cadeau. Il est invité à toutes les soirées des semaines de mode. Et bah tout ce que je vois sur son visage, c’est de la fatigue.

      Donc non, je ne pense pas qu’on puisse inclure les cadeaux dans les avantages des journalistes.

      Cela dit, Eric parle en terme d’équité avec le revenu de base, et je ne crois pas avoir lu dans son billet de notion de cumul d’un revenu de base et d’une rente de journaliste.
      Je reste donc dans le sens du « pourquoi pas », assorti d’une diminution des réductions d’impots.

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