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Vie personnelle

« Comment ça va ? »

La ques­tion est telle­ment dans l’usage que le « bien est toi ? » en devient auto­ma­tique, il sort avant même que j’ai réalisé la ques­tion.

On répond « oui » quand ça va. On répond « oui » aussi quand ça ne va pas. La seule alter­na­tive c’est quand ça va mais qu’on a un petit tracas du quoti­dien, le « pas trop je suis enrhumé » ou le « j’ai mal dormi hier ». Et encore, ne le faites pas trop souvent faute de vous voir repro­cher de casser l’am­biance. Ne le faites pas avec un mauvais mana­ger au boulot si vous ne voulez pas qu’on vous déleste de la confiance qu’on a en vous.

Quand est la dernière fois qu’on vous a répondu sérieu­se­ment « non, ça ne va pas » sans que la personne ne soit déjà au fond du trou avec 10 mètres de terre bien tassées au dessus ? Même pour dire « ma famille est morte hier » on se sent obligé de rajou­ter « mais je vais bien ».

Et quand parfois, quand on a quelqu’un en qui on a confiance, on s’ou­blie et on répond. La personne en face n’est pas prête, ne comprend pas, ne s’y attend pas, ne sait pas, n’a pas le contexte. Rien de bon n’en sort.

S’il vous plait, rempla­cez votre « ça va ? » par un « ça va ». Venez prendre des nouvelles. Dites que vous vous allez bien, si c’est vrai­ment le cas. N’obli­gez pas votre inter­lo­cu­teur à dire comment il va s’il n’en a pas l’in­ten­tion, à vous mentir poli­ment si fina­le­ment tout ne va pas. S’il le veut, s’il le peut, peut-être vous le dira-t-il de lui-même, mais ce sera choisi.

Je suis certain que pour les amis la ques­tion part d’un bon senti­ment, que vous voulez être là. Ce n’est pas un reproche, les bonnes inten­tions ne se reprochent pas, mais la ques­tion est aussi toxique quand juste­ment ça ne va pas.

Être obligé de répondre « ça va », à la longue, faire semblant d’avoir la joie de vivre, faire des sourires forcés, ce sont autant de poisons qui s’in­si­nuent douce­ment et pèsent chaque jour un peu plus sur les épaules. Non seule­ment ça ne va pas mais il faut faire semblant.

* * *

Toi, ça va ?

Et je revois le jeu de l’amie Delphine il y a quelques années. Pour me défi­nir, il n’y avait rien de mieux qu’un « toi, ça va ? ». Il faut que je change mes habi­tudes moi aussi. Ça ne va pas être simple.

3 réponses sur « « Comment ça va ? » »

Sinon, parle de ton transit (« ça va » étant à la base une question sur ce sujet), c’est moins polémique, et ça surprend toujours.

Je redis ce que j’avais mis moi dans cette bulle : là où certain parlent d’eux, d’autre parle des autres, toi, tu me parles toujours de moi. ;)

Quant-à ton dernier paragraphe – Être obligé de répondre « ça va », à la longue, faire semblant d’avoir la joie de vivre, faire des sourire forcés, autant de poisons qui s’insinuent doucement et pèsent chaque jour un peu plus sur les épaules. Non seulement ça ne va pas mais il faut faire semblant. – j’y adhère, hélas, totalement.

Le piège des questions fermées. Je déteste cette question depuis bien longtemps moi aussi. Lorsqu’on me la pose et que ça ne va pas, soit je réponds un vrai « non », soit je laisse l’interlocuteur sans réponse en ne rétorquant qu’un simple, « bonjour xxx ». Et bien souvent cette question n’est qu’une forme vide et la personne ne s’aperçoit même pas qu’il n’y a pas eu de réponse ; elle est déjà passée à autre chose dans sa tête (ce qui n’est pas rassurant non plus, finalement. Ce n’est qu’une convention pour éviter le vide).
Quant à moi, j’évite de poser la question autant que possible (et de façon générale, j’essaie de ne pas poser de question fermée ; pas évident). Je ne donne qu’un simple « bonjour xxx » et ajoute éventuellement une remarque sur un autre sujet, « tu as vu, il fait plutôt beau aujourd’hui ».

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