Chaque fois qu’on me dit « je ne vote pas, la poli­tique ça ne sert à rien »


Je lis une suite de tweets qui commence par « Chaque fois qu’on me dit ‘je ne vote pas, la poli­tique ça ne sert à rien’ ». C’est telle­ment évident aujourd’­hui qu’on oublie combien la poli­tique a formé notre quoti­dien.

La poli­tique c’est – en vrac – l’abo­li­tion de l’es­cla­vage, le droit de vote des femmes, les congés payés, la sécu­rité sociale, la retraite, le temps de travail, les droits au chômage, la fin de la peine de mort, l’édu­ca­tion gratuite et obli­ga­toire, le droit à l’avor­te­ment et à la contra­cep­tion ou l’Union euro­péenne.

Vrai­ment ? tout ça n’au­rait servi à rien ?

C’est trop facile de se dire que tout ça est ancien et qu’aujourd’­hui c’est diffé­rent. Louis-Napo­léon Bona­parte était empe­reur de France il y a moins de 150 ans. La dernière aboli­tion de l’es­cla­vage date de 1848. Tout ce que nous tenons pour acquis est en réalité très récent, souvent nos plus anciens s’en souviennent encore.

Nous avons fait beau­coup et pour­tant tout reste à faire. Des gens meurent de faim ou de froid en France. D’autres fuyant la guerre sont refou­lés à la fron­tière ou meurent en tentant d’y arri­ver. Les condi­tions de travail provoquent des suicides et nous avons toute une caté­go­rie de travailleurs pauvres qui ont du mal à vivre au jour le jour. Les discri­mi­na­tions sur le genre, le faciès ou la reli­gion sont telle­ment fréquentes qu’elles sont parfois portées en éten­dard par nos élus.

Nous avons même eu des élus qui ces derniers temps montent au créneau contre l’État de droit, contre la consti­tu­tion ou contre l’obli­ga­tion de respec­ter la conven­tion euro­péenne des droits de l’hu­main.

Diffi­cile d’ima­gi­ner plus essen­tiel comme débat.

On peut dire que la poli­tique ne sert à rien. On peut ne pas s’im­pliquer et lais­ser faire. Effec­ti­ve­ment, ainsi nous ne réali­se­rons rien, créant une sorte de prophé­tie auto-réali­sa­trice.

Ou alors, malgré toutes nos décep­tions, même sans croire que les choses bouge­ront de notre vivant, on peut au moins ne pas aban­don­ner, parce que c’est impor­tant de lais­ser ça survivre pour nos enfants.


Comme l’au­teur de la série de tweets, je ne vise pas ceux qui s’abs­tiennent de voter, par convic­tion et par acti­visme poli­tique. Ceux là font de la poli­tique, la font vivre.

Je m’adresse à tous ceux qui aban­donnent, laissent tomber, ne votent pas simple­ment parce qu’ils n’y croient plus ou que ça demande un peu d’ef­fort sans garan­tie de résul­tat, ceux qui attendent d’avoir un envi­ron­ne­ment poli­tique parfait pour pouvoir donner leur voix : Impliquez-vous.


3 réponses à “Chaque fois qu’on me dit « je ne vote pas, la poli­tique ça ne sert à rien »”

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