2 à 3 heures par jour

Quand je déve­lop­pais, je pense que ma moyenne a le plus souvent tourné autour d’une douzaine d’heures de travail produc­tif par semaine. Par « travail produc­tif » j’en­tends « travailler à la tâche qu’on m’a demandé ». Cette moyenne était même assez irré­gu­lière pour que je me demande si une moyenne mensuelle ne serait pas plus adap­tée.

À cette moyenne il faut toute­fois ajou­ter quelques périodes de surac­ti­vité dans l’an­née. Là je faisais peut-être huit à dix heures quasi conti­nues par jour, mais pas forcé­ment quand le projet en avait le plus besoin.

Le reste du temps je papillon­nais, pour partie sur des acti­vi­tés tech­niques mais non néces­saires à la réali­sa­tion de mon travail, et pour partie sur des acti­vi­tés tech­niques, person­nelles, voire récréa­tives.

Le non produc­tif essen­tiel à la produc­tion

Je ne consi­dère pas ce temps passé « à ne rien faire » comme du temps perdu. Il m’était indis­pen­sable : Un travail intel­lec­tuel néces­site de pouvoir penser à autre chose, d’avoir du recul, de lais­ser les idées et la vision mûrir dans la tête. Plus que la réflexion, il faut aussi avoir une vision large sur ce qu’on fait et de ce qui se fait hors de son projet, hors des méthodes de sa société, y compris sur d’autres logi­ciels ou sur d’autres tech­no­lo­gies. C’est ainsi qu’on peut résoudre les problèmes effi­ca­ce­ment.

Les salons de discus­sion avec les trolls ou échanges inter­mi­nables entre déve­lop­peurs, les centaines (milliers ?) d’heures passer à lire les blogs tech­niques, les autres centaines à lire les docs ou expé­ri­men­ter des choses qui n’ont rien à voir avec mon travail en cours… Tout ça s’est révélé d’une valeur inépui­sable pour mon travail. J’irai même plus loin en pensant que c’est souvent ce qui a fait la valeur de mon travail par rapport aux autres.

Ces heures ne sont pas « produc­tives », mais elles sont rentables, et pas qu’un peu. J’au­rais certes pu travailler six à sept heures par jour, mais j’au­rais été beau­coup plus lent sur ces six heures. La produc­tion aurait été un peu plus impor­tante mais la qualité aurait aussi été drama­tique­ment plus basse. Sur un travail intel­lec­tuel, la valeur produite n’est pas propor­tion­nelle au temps passé, tout simple­ment.

Pour la suite, c’est juste le lien suivant : Être comp­table de son temps.

Un rappel toute­fois : Tout ce qui précède est vrai pour des déve­lop­peurs auto­nomes, respon­sables et moti­vés. L’or­ga­ni­sa­tion du temps d’un consul­tant ou d’une direc­tion me paraît tota­le­ment diffé­rente (même si là aussi huit tâches d’une heure ne tien­dront jamais dans une jour­née de huit heures), de même pour des déve­lop­peurs qui ont besoin d’être pris par la main.

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4 commentaires

  1. C’est marrant, ça ressemble à ma façon de bosser. Par contre avant de te lire j’avais plutôt tendance à penser que le papillonage (veille /expérimentation) devait se faire en dehors du temps de taf. Sûrement dû au fait que c’est une passion, mais j’ai du mal à définir une séparation entre ce qui relève du boulot ou du perso.

    Merci pour ce billet.

    Lionel

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