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Immigration Politique française Solidarité

[Lecture] Un convoi britan­nique d’aide aux migrants refoulé à Douvres par la France

« Un camion de 38 tonnes rempli d’aide a réussi à passer mais la plupart des 250 voitures indi­vi­duelles l’ac­com­pa­gnant ont été refou­lées. C’est la France qui nous empêche de passer », […]

La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, avait pris mercredi, au nom de « l’ordre public », un arrêté inter­di­sant la circu­la­tion du convoi vers Calais, où se trouve le plus grand bidon­ville de France dans lequel s’en­tassent entre 4 000 et 5 000 migrants. Un arrêté simi­laire a égale­ment été pris vendredi par la préfec­ture du Nord, dépar­te­ment voisin qui abrite un autre camp, celui de Grande-Synthe, où vivent un peu moins de 800 réfu­giés, prin­ci­pa­le­ment des Kurdes.

Les auto­ri­tés françaises ont expliqué l’in­ter­dic­tion de ce convoi par la « très forte mobi­li­sa­tion des forces de sécu­rité » pour la lutte anti­ter­ro­riste et pour le main­tien de l’ordre à l’ap­proche du match France-Suisse pour l’Euro 2016, dimanche à Lille (Nord). De ce fait, « les forces de l’ordre ne pour­ront être mobi­li­sées en nombre suffi­sant » à Calais, arguent-elles, redou­tant des « troubles graves à l’ordre public ».

Le Monde

Nous n’in­ves­tis­sons pas les moyens pour gérer les réfu­giés chez nous et nous arri­vons à empê­cher d’autres pays d’ap­por­ter l’aide néces­sai­re… parce qu’on a l’Euro de foot.

Nous sommes vrai­ment malades. Il est plus que temps de se rappe­ler que l’hu­main doit passer avant tout, y compris avant une mani­fes­ta­tion de sport.

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Entreprise Immigration Politique et société

[Commen­taire] We don’t have an immi­gra­tion problem. We have a moral issue …

It is litte­raly impos­sible to steal a job.

Think all the jobs are being stolen by ille­gal immi­grants? Abso­lu­tely impos­sible. An employer is inten­tio­naly hiring someone they can under­pay for more profit.

We don’t have an immi­gra­tion problem. We have a moral issue regar­ding busi­ness owners taking advan­tage of people and pushing the blame on those being taken advan­tage of.

C’est criant de vérité. Nous consi­dé­rons comme acquis qu’il est normal et sain que les entre­prises aient des compor­te­ments immo­raux et exploitent autrui autant que leur permet la loi.

Nous repor­tons la faute sur tout le contexte qui met l’en­tre­prise en capa­cité de le faire, au lieu mettre en respon­sa­bi­li­tés ceux qui mettent en œuvre ce qu’on juge immo­ral.

Il est temps d’ar­rê­ter de trou­ver normal que les entre­prises soient amorales. Notre problème est là, sur beau­coup de points.

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Immigration

[Lecture] Les égoïsmes euro­péens ont tué Aylan une deuxième fois

À lire :

En quelques mois, la plupart des pays euro­péens ont jeté par dessus bord leurs valeurs, celles héri­tées de la Seconde Guerre mondiale et de son cortège d’hor­reurs et qui ont fondé la construc­tion commu­nau­taire.

[…] Aujourd’­hui, la bien-pensance n’hé­site pas à accu­ser ces pays d’avoir créé un appel d’air en se montrant géné­reux, comme si la Grèce ou l’Ita­lie auraient pu seules stop­per les arri­vants ! Si les diri­geants euro­péens veulent créer des camps de concen­tra­tion à Lesbos, à Leros ou à Lampe­dusa ou souhaitent que les garde-côtes de ces pays coulent les bateaux avant qu’ils ne touchent les côtes euro­péennes, qu’ils le disent.

[…] Pétri­fiés par la peur d’une inva­sion fantas­mée qu’ils entre­tiennent par leurs réac­tions, ils jettent par dessus bord les valeurs sur lesquelles reposent les démo­cra­ties. Des régimes auto­ri­taires, natio­na­listes et mépri­sants des droits de l’homme, voilà la réponse de diri­geants médiocres à un drame huma­ni­taire sans précé­dent depuis la guerre.

par Jean Quatre­mer

L’au­teur n’a pour­tant rien d’un alter­mon­dia­liste. À lire en entier. Ce qu’on dira de nous dans les livres d’his­toire risque de nous faire honte, à nous et à nos enfants.

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Immigration Presse et médias

[Lecture:] Nouvel An à Cologne: 55 des 58 agres­seurs n’étaient pas des réfu­giés

Lu sur le web :

L’enquête fait la clarté sur les agres­seurs de la nuit de la Saint Sylvestre à Cologne. […]

Sur les 58 suspects, seuls trois d’entre eux sont origi­naires d’un pays en guerre: deux Syriens et un Irakien. Les 55 autres sont pour la plupart Algé­riens et Maro­cains et ne seraient pas arri­vés récem­ment en Alle­magne. Trois Alle­mands figurent aussi parmi les personnes arrê­tées.

[…] Sur 1054 plaintes […] 600 autres plaintes concernent des vols.

via RTBF.be

Donc en réalité 95% ne venaient pas de migrants, et plus de la moitié n’avaient aucun carac­tère sexuel. L’im­pact restera pour­tant long­temps et le démenti aura bien peu d’im­pact par rapport à l’em­bal­le­ment média­tique.

Des sources anonymes de la police avaient dit, début janvier dans les médias, que la plupart des agres­seurs étaient des réfu­giés syriens.

Des sources anonymes de la police.

Dans le meilleur des cas il s’agit d’un poli­cier qui a exprimé un ressenti faussé via la très petite fenêtre de sa vision person­nelle, et les média qui ont repris l’in­for­ma­tion sans chiffre objec­tif ou en extra­po­lant les maigres chiffres en ques­tion.

Dans le moins bon des cas il s’agit d’une mani­pu­la­tion de la source poli­cière, ou pire, et des média qui ont joué à qui faisait le plus gros titre qui faisait vendre.

Ce qui est certain c’est que l’émo­tion­nel sur le fait avant d’avoir le moindre chiffre offi­ciel n’a rien amené de bon.

S’il faut un respon­sable clair, c’est au moins l’État alle­mand qui n’a jamais modéré les titres de la presse en donnant quelques chiffres ou annonçant l’ab­sence de chiffres. Reste à comprendre pourquoi.

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Immigration

La France a accueilli 62 réfu­giés « relo­ca­li­sés », sur les 30 000 promis

Il faut un début à tout. Quarante-trois migrants origi­naires de Syrie, d’Irak et d’Ery­thrée sont arri­vés, lundi 25 janvier, à Saint-Nazaire (Loire-Atlan­tique) depuis un centre d’en­re­gis­tre­ment (« hots­pot ») en Grèce. Après les 19 Erythréens accueillis près de Nantes, en novembre 2015, le nombre de réfu­giés « relo­ca­li­sés » en France passe donc à 62.

Le Monde, Les déco­deurs

Pas 62.000, juste 62.

Après autant de foin poli­tique, après des maires qui ont offi­cia­lisé leur envie d’ac­cueil, après la peur d’une inva­sion telle que nous ne pour­rions sauve­gar­der notre iden­tité, après plusieurs mois, nous avons accueilli 62 réfu­giés. 62.

C’est telle­ment énorme que je n’ose y croire. Et pour­tant Les déco­deurs sont atta­chés aux chiffres et à leur véri­fi­ca­tion.

Il y a des baffes qui se perdent.

62 é »ç(è&) ! seule­ment 62 ! Pour 65 millions de personnes dans un des pays les plus riches de la planète. Nous sommes ridi­cules, et j’ai honte.

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Immigration Politique et société

France, Para­dise Lost

When I moved to France 12 years ago, it was like arri­ving in an unfriendly para­dise. Sure, hardly anyone spoke to me. But there was natio­nal paid mater­nity leave and free pres­chool. Prac­ti­cally everyone seemed to agree on the need for strict gun laws, and access to birth control and abor­tion. Not only did the whole coun­try have health insu­rance; most undo­cu­men­ted immi­grants could get medi­cal and dental care free.

[…] The French believe “they have a duty to think not just for them­selves but also for the rest of the world,”

[…In 1970’s…] France took in nearly 130,000 “boat people” from Viet­nam, Laos and Cambo­dia. That influx, and others like it, have helped make France a nation of immi­grants. Nearly a quar­ter of the popu­la­tion has at least one foreign-born grand­parent.

[…]

I assu­med that France would be welco­ming.

It wasn’t. President François Hollande said in Septem­ber that France would take in an addi­tio­nal 24,000 refu­gees over the next two years. In a natio­nal poll after­ward, 70 percent of respon­dents said 24,000 was “suffi­cient” or “very suffi­cient,” and half said they would refuse to accept refu­gees in their own city.

New York Times

Où est passé notre France ? Que sommes-nous deve­nus ? Nous nous sommes perdus, ou est-ce moi qui appar­tient au passé ?

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Immigration Politique française

Asile : droit de réponse à la bien-pensance

« Aujourd’­hui, un réfu­gié poli­tique, en France, il a droit à 700 euros par mois, il a une prio­rité au loge­ment, il a droit au trans­port gratuit, toutes sortes de choses auxquelles la famille modeste ici n’a pas droit »

Comme je m’y atten­dais, j’ai immé­dia­te­ment été accusé d’ « intox » […]

Je main­tiens la tota­lité de ces propos. […] allo­ca­tion jour­na­lière éche­lon­née entre 6,80 euros par jour et pour une personne seule, et 37,40 euros pour une famille de dix personnes. Si bien que l’aide versée dès l’ar­ri­vée en France à quelqu’un qui demande l’asile, s’éche­lonne entre 200 et  1200 euros par mois.

Le chiffre que j’ai cité, de 700 euros, corres­pond à une famille de six personnes.

Pierre Lelouche, sur son site

Parce que oui, dire « un réfu­gié poli­tique a droit à 700 euros par mois » et « une famille de 6 personnes réfu­giée poli­tique a droit à 700 euros par mois », c’est la même chose pour lui.

Pour moi ça n’a rien à voir, et si c’est effrayant, c’est surtout par le ridi­cule de l’aide dans le second cas.

Ques­tion d’hon­nê­teté intel­lec­tuelle. Visi­ble­ment pour lui tout ça n’est qu’ar­gu­ties juri­diques, et bien évidem­ment pas une présen­ta­tion malhon­nête des choses.

Triste poli­tique.

Pour cari­ca­tu­rer une phrase qui tourne souvent : Le jour où bien-pensant/ce est devenu une insulte, on aurait du se méfier.

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Europe Immigration Solidarité

Insulte danoise, dans la presse liba­naise

J’ai honte de ce que je lis en France, mais visi­ble­ment nous ne sommes pas les seuls. Voici ce qu’a publié le Dane­mark dans la presse liba­naise pour dissua­der les réfu­giés de venir…

je passe sur le fait de réduire de 50% les aides à des réfu­giés qui ont déjà tout perdu, finan­ciè­re­ment et humai­ne­ment, dont le pays est en guerre, l’im­meuble proba­ble­ment en ruine et la famille partiel­le­ment sous terre.

Croire que ces gens qui fuient leur pays en aban­don­nant tout, traversent la moitié du conti­nent en sachant qu’une partie y lais­se­ront leur peau, le font en fonc­tion des aides sociales du pays d’ac­cueil… quel aveu­gle­ment, quelle insulte. L’Eu­rope devrait avoir honte, le Dane­mark encore plus.

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Europe Immigration Pauvreté Solidarité

Face à notre indif­fé­rence, nos peurs, notre tenta­tion du rejet, c’est l’hu­ma­nité qui se noie

Ils se seraient volon­tiers passés de quit­ter leur famille, leur village, leurs raci­nes… » […] mais leur choix se résume entre. la mort tout de suite sûre­ment, ou la mort peut-être plus tard en Médi­ter­ra­née.
[…]

Parce qu’ils ont tout à gagner, à commen­cer par leur survie, et que nous avons tout à perdre.

Notre confort.

Nous les regar­dons couler, à l’heure du repas, bien instal­lés à nos tables bien garnies ou sur nos cana­pés bien moel­leux.

Nous mangeons à notre faim, nous buvons à notre soif, nous avons un toît sur la tête, et surtout, nous sommes dans un pays de paix et de liberté.
[…]

Nos diri­geants, donc nous-mêmes qui les avons élus, portent l’écra­sante respon­sa­bi­lité d’une situa­tion qu’ils ont créée. Ils ont cru que la planète se résu­mait à un jeu de Risk ou de Richesses du Monde.

[…]

Il y a aussi des êtres humains, victimes colla­té­rales de nos préda­tions, et qui viennent aujourd’­hui toquer à notre porte.

— (large) extrait d’un billet plus complet

Nous nous scan­da­li­sons faci­le­ment d’ac­ci­dents à peu près impré­vi­sibles et incon­trô­lables, mais lais­sons des popu­la­tions bien plus grandes mourir à notre porte, par notre simple inac­tion, voire notre rejet actif – ce qui est encore pire.

Pleu­rer sur un passé qu’on ne contrôle pas est bien plus facile que de tendre la main à l’hu­main présent à côté de nous.

Combien de temps allons-nous lais­ser faire ? La situa­tion n’est pas tenable pour nous – et pour eux elle ne l’est plus depuis long­temps.