« On m’oblige à utili­ser l’IA »

Je le lis cette phrase depuis quelques temps sur les réseaux sociaux alors je fais mon coming out : Ça fait partie des direc­tives que je donne. L’usage de l’IA dans mes équipes n’est pas option­nel.

Plus loin : C’est un critère de recru­te­ment. Jusqu’à présent je voulais des ingé­nieurs curieux, ayant envie d’es­sayer. Désor­mais je ne prends que des personnes qui ont déjà fait un réel usage. La géné­ra­tion de code sur plus de 80% de ce qui est livré est un prérequis non suffi­sant. Ce que je cherche ce sont ceux qui vont plus loin, qui vont utili­ser l’IA comme levier pour l’en­semble des acti­vi­tés qu’ils auront au jour le jour.

Si certains sont bloqués sur ces sujets par leur employeur actuel, je vais cher­cher ceux qui explorent massi­ve­ment côté perso et y voient la néces­sité de chan­ger d’em­ployeur.


Une ques­tion de stra­té­gie

Si vous êtes convain­cus que le télé­tra­vail est la meilleure façon d’or­ga­ni­ser le travail, vous allez instau­rer une culture et une orga­ni­sa­tion qui va avec. Ça peut être plus d’écrit, plus d’asyn­chrone, un dépla­ce­ment du budget des locaux vers le maté­riel ou vers des événe­ments ponc­tuels dans l’an­née pour se retrou­ver, ou quoi que ce soit que vous imagi­nez.

Si vous trou­vez des candi­dats qui aiment se retrou­ver dans des locaux avec leurs collègues, qui vont privi­lé­gier les discus­sions de face à face, ça ne collera pas. Ni pour eux, ni pour vous. Parfois il faut faire un choix, et lais­ser chacun faire ce qu’il veut finit par ne conve­nir à personne.

S’il s’agit d’ac­qué­rir cette nouvelle culture de télé­tra­vail, vous allez forcer les choses au début, par exemple inter­dire les salles de réunion ou rendre obli­ga­toire de faire une visio avec une prise de notes.

Chan­ger c’est diffi­cile, donc vous allez aussi réduire au maxi­mum le nombre de personnes qui auront ou pour­raient avoir du mal à chan­ger. Ça passera entre autres par un critère fort sur les recru­te­ments, et même poten­tiel­le­ment par des départs.


Faire des choix

C’est vrai pour le télé­tra­vail. Ça peut se traduire de la même façon pour l’ab­sence de télé­tra­vail. C’est vrai pour les choix tech­no­lo­giques, pour la langue de travail, pour les horaires, et même pour des choix cultu­rels ou les valeurs portées par l’en­tre­prise.

Parfois c’est une convic­tion forte. Parfois, même sans dire qu’une option est meilleure que l’autre, il a été jugé impor­tant que ce soit un choix commun, partagé.

C’est vrai pour tout choix stra­té­gique. Le fait de travailler massi­ve­ment avec ou sans l’IA en est un.

Rien de plus, rien de moins


Faire mon choix

Et donc oui, j’ai une convic­tion forte, avec une stra­té­gie asso­ciée, et que ça implique un chan­ge­ment radi­cal de pratiques, de métier et de façon de penser. Un choix a été fait, radi­cal aussi.

Ça ne dit pas que les autres choix sont mauvais, c’est juste celui là qui a été fait. Il y a d’autres équipes, avec d’autres choix, et chacun va où il se sent bien.

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