Places à l’université
J’entends dire que nous n’aurions pas un problème de places mais un problème d’orientation et de débouchés. J’ai fait quelques explorations et je pose mes notes ici. Vous êtes bienvenus à compléter ou corriger.

Les fortes baisses correspondent aux présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.
Je suis peut-être naïf mais j’ai du mal à me dire que le problème est autre chose qu’un manque de place dans les universités. J’ai du mal à comprendre pourquoi il était possible d’avoir des places en fac dans les années 1990 et pourquoi ce serait inimaginable à partir de 1995.

Grosso modo, on peut considérer qu’on a lâché la rampe en 1995 (ou un peu avant, en tenant compte de l’inertie). Ça correspond assez bien à la fin de l’ère Mitterrand. Depuis, l’écart se creuse : le nombre de places connaît soit une légère baisse, soit une légère hausse, mais rien de comparable à la hausse des besoins.
Tout ça ne semble relever ni de l’orientation ni de la sélection, mais d’un choix délibéré de réduire la proportion de bacheliers qui peuvent aller à l’université.
Au mieux, ça implique un report vers des filières privées hors université. Plus probablement, c’est, comme ils l’ont eux-mêmes explicité, une stratégie mortelle de démassification des études longues dans l’enseignement supérieur.
Mais Éric, c’est aussi une question de débouchés !
La raison officielle, c’est de ne pas envoyer des étudiants dans des filières sans débouchés.
Ce serait une explication si les filières courtes et professionnalisantes avaient de meilleurs taux d’accès à l’emploi ou des emplois plus stables que les filières longues. Ce n’est pas le cas.
Ce serait une stratégie si on restreignait les filières longues au profit des filières courtes. Or, toutes les filières courtes (BTS, BUT, DEUST, Licences pro) sont justement des filières sélectives.
Ce serait le cas si les filières longues sélectives ou en tension avaient un taux d’accès à l’emploi moins bon ou des emplois moins stables que la moyenne. Or c’est exactement le contraire qui se constate. Ce sont justement les filières qui ont les meilleurs taux d’emploi1.
Le choix semble vraiment porter sur le nombre de places ouvertes. C’est majoritairement un choix de l’État.
Une partie du problème, c’est que des choix structurels sur plus de 10 ans ça ne se renverse pas comme ça. Rien que locaux et personnels vont mettre longtemps à revenir à un niveau attendu même si on arrive à trouver les moyens pour ça.
Ce n’est pas notre modèle social qui ne fonctionne pas, c’est qu’on l’a détruit — éducation, santé, justice, police. C’est son absence qui ne fonctionne plus et qui coûte cher. La seule réponse qu’on nous donne semble être de continuer dans cette lignée. Retirer c’est toujours plus facile que construire, même si ça ne résout rien sur le long terme, surtout si on parle de former les futures générations
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PASS / LAS (santé), STAPS (sport), Droit et Psychologie sont les filières en tension un peu partout. Toutes ont un meilleur taux d’emploi en sortie d’études que la moyenne.
Au niveau local on retrouve aussi des tensions en Économie-Gestion, LEA et LLCER (langues), Sciences de l’éducation, Informatique et Sciences de la vie. À l’exception des Sciences de la vie et de quelques langues en LLCER, tous les autres sont dans la moyenne voire significativement au-dessus en termes de taux d’emploi en sortie d’études. ↩
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