Aides publiques aux entreprises
Selon [le livre enquête de deux journalistes du Nouvel Obs], le soutien aux entreprises coûte chaque année 270 milliards d’euros à l’Etat, sans que l’efficacité de cette politique soit réellement contrôlée.
— France Info, 18 septembre 2025
la commission d’enquête du Sénat sur le sujet, conduite par le communiste Fabien Gay et le LR Olivier Rietmann, qui estimait le montant total de ces aides à 211 milliards pour l’année 2023
Forcément, ça avait fait parler, et son montant était contesté. Désormais on a un autre chiffre, celui du ministère des finances lui-même.
[L’annexe au projet de loi de finances] précise que l’Etat a consacré 166 milliards d’euros aux aides publiques destinées aux entreprises en 2024.
Ce chiffre inclut les allègements généraux de cotisations patronales. Ce chiffre ne compte pas les 41 milliards d’interventions de la BPI.
On n’a pas une politique libérale. On a une politique capitaliste, au sens littéral. On favorise les grands détenteurs de capital et les détenteurs d’entreprises. Fortement. Ensuite on va chercher des économies sur les aides distribuées aux travailleurs.
De 166 à 270 milliards. La fourchette est très large — et c’est normal : on peut débattre de ce qu’il faut compter ou non — mais on a désormais une référence.
Même en prenant le restrictif, 166 Md€, c’est…
- plus que les budgets de l’éducation nationale, de la défense et de l’écologie réunis ;
- plus d’un quart du budget de l’État ;
- entre un tiers et la moitié des pensions de retraite ;
- plus que le déficit public prévu ;
- plus de 5 points de PIB ;
- plus de la moitié du budget de l’assurance maladie et presque moitié plus que le budget des hôpitaux et cliniques ;
- plus que le double des dividendes nets des entreprises françaises non financières.
Dans ces aides, en suivant l’estimation la plus restrictive, on a au moins 24 Md€ qui sont de pures subventions (les avantages fiscaux, crédits d’impôt ou allègements de charges n’y sont donc pas comptés).
Même en prenant ce restrictif, 24 Md€, c’est…
-
plus que le budget de l’écologie ;
-
plus que le double du budget de la justice (qui couvre aussi les prisons) ;
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plusieurs fois les économies promises par les réformes des retraites ;
-
plus que le déficit de la sécurité sociale ;
-
entre 200 et 1 000 fois le montant des mesures que le ministre a pour l’instant annoncées à la suite des révoltes dans les lycées ce mois-ci.
Le chiffre le plus strict sur les subventions est déjà de l’ordre du tiers des dividendes nets versés par les entreprises non financières (donc hors banques et assurances). C’est comme si l’État ajoutait 50 % aux chèques versés aux actionnaires.
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