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Emploi et travail

« Vous n’au­rez pas le droit de refu­ser plus de deux offres d’em­ploi »

En réalité on parle de candi­da­ter à une offre, éven­tuel­le­ment de faire un entre­tien. Ce qu’il se passe ensuite est hors de portée du Pôle Emploi.

J’ai deux scéna­rios, celui où le candi­dat est pris, celui où il ne l’est pas.

Le candi­dat est rejeté

On force donc des chômeurs à candi­da­ter à des postes qu’ils ne veulent pas.

Dans le meilleur des cas le candi­dat non motivé se conten­tera de faire perdre du temps lors des sélec­tions de CV et pendant une heure d’en­tre­tien.

Parfois le candi­dat passera l’étape de l’en­tre­tien et devra être remer­cié pendant sa période d’es­sai. Il faut dire qu’il n’a aucun inté­rêt à faire des efforts. Au pire il est licen­cié et revient à la case chômage qu’il ne voulait pas quit­ter.

C’est peut-être le scéna­rio du pire. L’em­ployeur doit reprendre son proces­sus à zéro après avoir perdu du temps et de l’argent, poten­tiel­le­ment des contrats ayant motivé l’ou­ver­ture de poste.

Ne dites pas que ça n’ar­ri­vera jamais et que les non-moti­vés seront reje­tés lors des premières sélec­tions : L’objec­tif même de la mesure est que ça arrive. Sinon autant éviter de faire du perdre du temps à tout le monde avec des candi­da­tures inutiles.

Le candi­dat est retenu

Oh et… même si c’est peu probable, parfois l’ex-chômeur ne sera pas ne sera par remer­cié malgré son manque de moti­va­tion.

Peut-être que l’em­ployeur n’aura pas fait suffi­sam­ment atten­tion avant la fin de la période d’es­sai. Peut-être que reprendre le proces­sus sélec­tion-inté­gra­tion de zéro lui coûte­rait trop cher.

On a 5,8 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi et personne ne doute qu’une écra­sante majo­rité ne souhaite que trou­ver un emploi. Nul doute que sinon c’est un autre chômeur – motivé – qui aurait pu prendre le poste. Le solde est donc virtuel­le­ment nul pour le Pôle Emploi… si on oublie tout l’ad­mi­nis­tra­tif pour forcer et contrô­ler les inscrits.

Dit autre­ment on aura : une ex-chômeur pas motivé forcé à travailler, un autre qui restera au chômage alors qu’il était motivé pour travailler. L’em­ployeur aura un sala­rié non motivé plutôt qu’un motivé.

Génial non ? On est dans le cas idéal, si jamais la mesure fonc­tionne.

La réalité

On est resté dans le cas idéal.

Dans la réalité le chômeur se verra propo­ser des offres inadap­tées et devra justi­fier ses refus. Ceux qui sont le moins à l’aise risque­ront de finir radiés. Les autres vivront juste ça comme un harcè­le­ment par l’ins­ti­tu­tion même qui devrait les aider : Devoir perdre du temps à candi­da­ter à des offres inadap­tées ou s’ex­pliquer de nos refus… plutôt que de cher­cher un emploi.

Juste une fausse bonne idée. Ce qui m’agace c’est que le système existe déjà. On sait qu’il ne fonc­tionne pas et ne produit que des effets pervers. Se trom­per une fois c’est dommage. Propo­ser en campagne quelque chose qui existe déjà et qui s’est révélé être un échec complet… là je suis moins conci­liant.

Tout ça pour flat­ter l’idéo­lo­gie de ceux qui ne voient que des assis­tés dans tous les béné­fi­ciaires des systèmes sociaux.

1 réponse sur « « Vous n’au­rez pas le droit de refu­ser plus de deux offres d’em­ploi » »

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