Temps de travail en France


Je vois de nouveau poindre dans la presse que les français ne travaille­raient pas assez dans la semaine, dans l’an­née et dans leur vie, et que c’est un problème.

Quelques stats

Dans la semaine

«  Compa­rai­sons euro­péennes
des durées du travail :
illus­tra­tion pour huit pays », Dares 2018

La France se situe quasi­ment à la moyenne euro­péenne avec 36,3 heures par semaine en moyenne, temps partiels inclus. C’est plus ou autant que ses fron­ta­liers alle­mands, italiens ou espa­gnols, et une demie-heure en moins que le Royaume Uni.

Le même Dares four­nit une série tempo­relle pour la France, qui montre une augmen­ta­tion de quasi­ment une demie-heure par semaine pour les français depuis 2016 (le tableau).

De manière inté­res­sante, on travaille dans l’en­semble moins de temps que les autres pour un plein temps. 39 heures chez nous (non le docu­ment ne date pas d’avant les 35 heures) et dans les 40 autour de nous, 42 au Royaume Uni. La diffé­rence c’est qu’on a moins de temps partiel et que nos temps partiels sont plus longs. Bref, on répar­tit mieux le travail entre les travailleurs, et ça me semble plutôt posi­tif.

Note : Ces chiffres ne concernent que les sala­riés. Les non sala­riés travaillent en moyenne 7h30 de plus d’après le Dares, et signi­fi­ca­ti­ve­ment plus que les autres pays d’après les chiffres étudiés par Europe 1.

Dans l’an­née

Pas plus de congés ou de jours fériés

Dares 2018

Le docu­ment ne donne malheu­reu­se­ment pas la moyenne euro­péenne mais on se situe à 28 jours en travaillés qui sont fina­le­ment fériés ou en congés payés et ça semble dans l’éven­tail de nos fron­ta­liers (Royaume Uni exclu, toujours moins disant, mais on voit aussi le Dane­mark qui est toujours mieux disant).

Ça ne prend visi­ble­ment pas en compte les RTT donc j’ai­me­rais bien une source sur le réel et pas le légal.

En nombre d’heures

J’ai trouvé une annexe de l’OCDE de 2017 qui rapporte 1472 heures par travailleur à l’an­née en moyenne pour la France.

C’est nette­ment plus que les pays nordiques ou que l’Al­le­magne à laquelle on se compare souvent (1363 heures par travailleur). C’est aussi beau­coup moins que d’autres, y compris euro­péens.

Je n’ai malheu­reu­se­ment pas trouvé la moyenne UE pour ce chiffre qui mixe les temps complets et les temps partiels.

À vue de nez d’après le tableau de l’OCDE, il n’y a pas de quoi être si fier malgré les deux résul­tats précé­dents qui ne nous font pas sortir signi­fi­ca­ti­ve­ment du reste de l’UE.

Note : Atten­tion aux compa­rai­sons avec ce tableau. L’édi­teur dit lui-même que les données ne permettent pas les compa­rai­sons. On ne compte aussi que les sala­riés et c’est quelque chose qui peut avoir un impact diffé­rent suivant les pays.

Où est le truc ?

Quand on travaille plus par semaine et pas forcé­ment moins de jours dans l’an­née, on s’at­tend à être dans ma moyenne en nombre d’heures à l’an­née.

Je n’ai pas l’ana­lyse qui va avec. Il y a poten­tiel­le­ment au moins la ques­tion des RTT mais je trouve intui­ti­ve­ment au moins une autre possi­bi­li­tés : Plus de préca­rité, avec des personnes qui ne travaillent qu’une partie de l’an­née.

Pas de quoi être fier si c’est ça mais si les enjeux sont le chômage et le travail précaire, ça permet quand même de cher­cher à parler struc­tu­ra­tion de l’em­ploi plutôt que durée de travail, et refu­ser les « les français ne travaillent pas assez ». Malheu­reu­se­ment on a tendance à faire plus de flexi­bi­li­sa­tion.

Dans la vie

D’après Euro­stat un français est actif 35,2 ans, ce qui est à quelques mois près de la moyenne euro­péenne (35,6 ans).

Consi­dé­rant qu’on est en période de tran­si­tion et que l’âge de la retraite s’éloigne chaque année un peu plus sans même faire de nouvelles réformes, la compa­rai­son n’est pas problé­ma­tique.

En aparté, la produc­ti­vité

OCDE, 2017

On a une des meilleures produc­ti­vité horaire de l’OCDE, et parler temps de travail sans parler produc­ti­vité, c’est parler dans le vide.

Je suis curieux de voir des chiffres de temps de travail pondé­rés par la produc­ti­vité, voir où on se trouve réel­le­ment. Ça ne remet­tra pas forcé­ment tout en cause, mais ça miti­gera beau­coup certaines compa­rai­sons.

Travailler moins mais mieux devrait être un objec­tif. Nous ne sommes visi­ble­ment pas si mal placés.


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