Se faire entendre à vélo


La petite sonnette c’est bien mais ça ne se sert à rien pour se faire entendre des véhi­cules moto­ri­sés en envi­ron­ne­ment urbain. Au mieux ça ne déclenche aucune réac­tion. Le plus souvent je pense qu’ils ne la perçoivent même pas.

Jusqu’à présent je me base sur l’idée de m’ar­rê­ter plutôt que râler, et de gueu­ler très fort dans les situa­tions où il y a besoin. Quand je veux je gueule fort. Commen­cer par gueu­ler très fort fait vite passer pour l’ex­cité qui crie et rend peu probable un échange paci­fié ensuite. Disons qu’ en cas de danger immi­nent ça permet au moins de se faire entendre et d’ob­te­nir une réac­tion immé­diate.

Le problème c’est qu’en ville aux heures de pointes, j’ai néces­sité à me faire entendre au moins une fois par trajet si je ne veux pas risquer ma vie. Hier soir j’ai gueulé fort, dans le froid. J’ai bien douillé aux cordes vocales toute la nuit et j’ai encore mal à la gorge le lende­main.


Je vois parler des Airzound, une corne de brume à air comprimé alimen­tée par une bouteille dans le porte-bidons, rechargé à la pompe à vélo. C’est puis­sant, c’est un son proche des klaxons que tout le monde connait, ça semblera plus « normal » aux auto­mo­bi­listes et ça ne ressem­blera pas à « l’ex­cité à vélo qui crie ».

Ce qui me retient c’est prin­ci­pa­le­ment la peur d’un chan­ge­ment de compor­te­ment de ma part, que je me repose plus dessus et que je finisse par avoir un compor­te­ment plus agres­sif et plus risqué là où je me serais simple­ment arrêté sinon.

Quelqu’un a un retour d’ex­pé­rience sur le sujet ?


Oui, je sais. L’usage d’une corne est inter­dit à vélo. Notez que c’est l’usage qui est inter­dit, pas l’équi­pe­ment. Rien n’in­ter­dit d’avoir d’autres dispo­si­tifs à côté tant qu’on a une sonnette clas­sique (c’est obli­ga­toire).

Il reste que ça ne sert à rien si on ne peut pas en faire usage. Cela dit, en théo­rie, si c’est en cas de danger immé­diat, je me sens couvert par l’ex­cep­tion de l’article 122–7 du code pénal (il s’agit d’un acte néces­saire et propor­tion­nel face à un danger actuel ou immé­diat me menaçant). La propor­tion entre l’ir­ré­gu­la­rité du coup de corne et le danger à éviter ne fait aucun doute.

Au pire c’est une amende de première classe, 11 €. Entre le risque d’un acci­dent de circu­la­tion avec des moto­ri­sés et celui de payer 11 € si jamais il y avait un poli­cier juste à ce moment là qui ait envie de me verba­li­ser moi pour cet usage plutôt que celui qui me met en danger et qui refuse d’ap­pliquer la justi­fi­ca­tion du danger immé­diat, mon choix est vite fait.


2 réponses à “Se faire entendre à vélo”

  1. >Quelqu’un a un retour d’ex­pé­rience sur le sujet ?

    Ayant fait pas mal de route en ville, j’ai en effet croisé un certain nombre de situation dangereuses, énervantes, ou les deux.

    Il m’arrive régulièrement d’utiliser ma sonnette, ou mon klaxon manuel (genre pouet-pouet), principalement pour que les piétons inattentionnés sur une piste cyclable libèrent le passage. Mais jamais ils ont été plus utiles en terme de sécurité qu’une simple manœuvre d’évitement ou arrêt.

    La seule situation où j’imagine qu’un klaxon serait utile pour la sécurité c’est en se mettant sur le côté d’un camion qui tourne, mais ça, avec l’expérience ça s’évite normalement.

    >la peur d’un chan­ge­ment de compor­te­ment de ma part

    C’est moins personnel qu’un cri, je pense qu’on a une tendance à plus l’utiliser oui.

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