Release early, release often


Si j’ai retenu quelques choses de ceux qui réus­sissent, c’est qu’il faut arri­ver à avan­cer dans l’ordre, un pas à la fois. Mieux : Il faut sortir les projets le plus tôt possible, ne surtout pas attendre qu’ils soient finis.

On se confronte plus rapi­de­ment au monde réel, à ses contraintes, aux clients, aux four­nis­seurs. On peut aussi mieux adap­ter la suite en gérant les prio­ri­tés telles qu’elles doivent l’être et non telles qu’on se les était imagi­nées. Le plus souvent cela permet même d’aban­don­ner des idées pour en mettre d’autres à la place, avant qu’il ne soit trop tard.

Sortir tôt c’est aussi accep­ter de faire des compro­mis avec ses attentes et ses souhaits : On livre un produit ou un service qui sera en deçà de la cible qu’on cherche à atteindre, en deçà des services déjà exis­tants sur plusieurs points, et même pourquoi pas en deçà de ce qu’on consi­dère comme le mini­mum essen­tiel. Le tout est de prendre conscience que ce n’est qu’une étape, qu’on commence tous au début, et de s’en­ga­ger à bouger rapi­de­ment et fréquem­ment vers les objec­tifs fixés.

Ce fonc­tion­ne­ment est main­te­nant un lieu commun dans les star­tup techno, mais c’est encore frus­trant pour tout le monde et une source d’in­com­pré­hen­sion pour beau­coup de tiers.

La diffi­culté tient à commu­niquer sur la cible, montrer ce qu’on souhaite faire, tout en ména­geant les attentes car les premières versions ne seront que des premières versions, et que tout ne vient pas immé­dia­te­ment.

Là où les encou­ra­ge­ments et l’écho posi­tif des tiers devraient être un encou­ra­ge­ment et une source de moti­va­tion, l’at­tente ou les premières versions incom­plètes peuvent très vite se retour­ner en juge­ments néga­tifs et en stress pour le projet. L’équi­libre est diffi­cile à trou­ver, je n’y suis pas encore. Notre objec­tif et notre travail conti­nuent en atten­dant.


4 réponses à “Release early, release often”

  1. En même temps, n’aurait-il pas été plus simple de retarder l’annonce jusqu’à la dispo de la première version ? Remarque je suppose que celui-ci aurait pu être alors perçu comme « la réalisation complète » plutôt que comme une étape…

    J’voudrais pas être un communiquant moi !

    • Nous avons probablement communiqué trop tôt, ou pas assez clairement. Il faut avouer qu’on visait plus les éditeurs et libraires que les tiers, et qu’on discutait déjà avec plusieurs d’entre eux. Il s’agissait donc autant d’une communication que d’une officialisation.

      Nous allons aussi livrer légèrement plus tard que prévu, ce qui augmente le délai entre la communication et le projet.

      Mais surtout nous avons eu beaucoup plus d’écho et de demandes que prévu. C’est très positif en soi mais ça a occupé beaucoup de ressources et généré pas mal de stress.

      Le projet c’est autant interne qu’externe : nous faisons et ferons mieux au fur et à mesure de notre avancée. J’aime beaucoup la philosophie des méthodes agiles en ce sens : l’important c’est d’avancer et de s’améliorer.

    • l’autre enjeu est le boum! Une fois que l’on commence à communiquer, il ne faut pas arrêter. Les effets d’annonces tous les 3 mois ne fonctionnent pas.

      À partir du moment où les vannes sont ouvertes, il faut expliciter presque chaque semaine les étapes du développement et/ou des enjeux. Cela demande du temps et une personne plus ou moins dédiée. C’est un peu comme du Developer Relations.

      http://content.stamen.com/ fait cela en partie.

      Berg aussi dans leurs weeknotes http://berglondon.com/blog/tag/weeknotes/

      Ce que je fais dans Open Web weekly
      http://www.w3.org/QA/archive/open_web/

      Bien sûr le type de message doit s’ajuster en fonction du domaine.

  2. Je pense que tout dépend de l’audience que l’on vise. Dans l’industrie numérique, le modèle que vous évoquez est très bien compris : les choses vont vite, il faut être présent, « partager rapidement et souvent ». Le principe de l’interaction avec les utilisateurs en est l’une des spécificités les plus intéressantes.
    TEA cible des libraires et des éditeurs souvent peu au fait de ces pratiques et, pour nombre d’entre eux, réticents face aux évolutions du livre numérique, plus subies que souhaitées.
    Mais vous avez raison : « l’important c’est d’avancer et de s’améliorer ».

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