Qu’êtes-vous prêts à faire pour autrui ?

Qu’êtes-vous prêts à faire pour autrui ?

Plus j’avance plus je me rends compte que je quali­fie les gens d’abord sur un critère : En cas de besoin, mon inter­lo­cu­teur a-t-il plus tendance à se sacri­fier pour autrui ou à sacri­fier autrui pour lui-même ?

Certes, posée ainsi la ques­tion est vague, trop sujette au contexte, voire cari­ca­tu­rale – clas­ser les gens dans des cases l’est toujours – mais je ne peux m’em­pê­cher de voir très peu de gens dans la zone grise. Tout juste quelques uns ont peut être une réac­tion diffé­rente envers les gens qu’ils connaissent et envers les incon­nus, mais je n’en suis même pas certain.

Qu’êtes-vous prêt à faire pour autrui ?

Si quelqu’un vous a donné rendez-vous dehors, qu’il est en retard, qu’il pleut à verse, et que vous auriez aimé être ailleurs : atten­dez-vous cinq minutes ? dix ? une heure ? une après-midi ?

Je suis de ceux qui vont non seule­ment attendre toute l’après midi sous la pluie, mais qui en plus vont retour­ner inquiet et tenter de joindre leur inter­lo­cu­teur non pour se plaindre mais pour propo­ser leur aide, car à mon sens l’ab­sence ne peut rele­ver que d’un fait sérieux et grave.

Souvent pour la même raison, ceux qui sont prêts à donner d’eux-même sont ceux qui auront tous les scru­pules à deman­der aux autres. On peut parler de timi­dité mais ça va plus loin que ça. Chéris­sez ces gens là, car ce sont eux qui font la beauté de notre monde.

Je ne leur reproche pas, mais je tisse diffi­ci­le­ment de rela­tion avec ceux qui ne penchent pas instinc­ti­ve­ment du même côté que moi. Ce n’est même pas une ques­tion de réci­pro­cité, juste que tôt ou tard cette rela­tion rend diffi­cile de tenir mes propres valeurs.

Photo d’en­tête sous licence CC BY-NC-ND par Martin Gommel


2 réponses à “Qu’êtes-vous prêts à faire pour autrui ?”

  1. Ça me rappelle cette fois où j’attendais une amie au coin de la rue sous une pluie battante (on avait l’habitude d’aller à pied au collège ensemble). Mon père m’avait proposé de m’emmener en voiture mais j’avais refusé : et laisser mon amie attendre dans le froid et sous la pluie, hors de question ! (à l’époque, pas de portable pour se prévenir…)

    J’attendais, disais-je donc; mais après 15 min sous les cordes, j’ai fini par me résoudre à aller au collège toute seule. Je suis arrivée complètement ruisselante, et j’ai trouvé mon amie complètement sèche (elle avait eu la même offre que moi de son père, mais elle avait accepté, elle) mais en plus morte de rire à la vue de mon état.

    C’est là que j’ai vraiment réalisé qu’une amitié n’est pas nécessairement réciproque… 

  2. Je dois faire parti de ceux qui attendront longtemps et qui appelleront rapidement pour confirmer que tout va bien.
    Si « les autres » ne sont pas comme ça à priori, c’est juste qu’ils ne savent pas le bonheur que ça peut apporter. Ne pas leur en vouloir, ne même pas y penser. Se rappeler qu’ils ne sont pas forcément heureux et qu’en étant heureux soit même, il est possible de leur montrer que c’est possible.

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