Quand je serai bien vieux


Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chan­delle,
Assise auprès du feu, dévi­dant et filant,

Pierre de Ronsard

Je travaille dans des équipes tech­niques infor­ma­tiques, le web, les nouvelles tech­no­lo­gies, les star­tups. Autour de moi je ne vois que des jeunes, avec quelques rares personnes de ma géné­ra­tion.

Il n’y a quasi­ment aucune personne de 50 ans ou plus dans les équipes tech­niques. Les exemples que j’ai en tête sont quelques poin­tures natio­nales ou inter­na­tio­nales, pas du tout repré­sen­ta­tives du métier.

Je n’ai que 43 ans mais ça fait déjà 10 ans que je suis dans les plus âgés des dépar­te­ments tech­niques. C’est hallu­ci­nant quand j’y pense. Le temps ne se dérou­lant que dans un sens, ça ne risque pas de s’ar­ran­ger.


J’ai un peu ri (jaune) quand un coach m’a dit à 36 ans « tu entames ta seconde moitié de carrière, il va falloir te fixer quelque part ». Désor­mais je ne ris plus.

Ayant bifurqué vers les postes de direc­tion, j’ai proba­ble­ment un peu plus de temps que d’autres devant moi mais la ques­tion finira par arri­ver, surtout dans mon domaine profes­sion­nel :

Qui donc m’em­bau­chera quand j’au­rai 55, 60 ou 65 ans ? Ne risque-je pas de me retrou­ver sur le carreau ?


Fut un temps je pensais juste à trou­ver une place où je puisse rester 10 ans. En réalité il faudrait plutôt parler de 15 ans ou plus.

Et là je regarde autour de moi, dans le milieu des star­tups et boites tech. Il est très diffi­cile de se proje­ter à 10 ou 15 ans. Il peut se passer mille choses.

Entre un échec, des plans de licen­cie­ment, un rachat, ou juste un licen­cie­ment indi­vi­duel pour faire place à quelqu’un de plus jeune ou qui aura vécu l’étape d’après de l’évo­lu­tion de l’en­tre­pri­se… je ne me sens pas du tout en sécu­rité pour me dire que j’y serais encore à l’âge de ma retraite.

Si quoi que ce soit se passe, je risque de repar­tir à cher­cher un poste au mauvais moment, à un âge où ce sera diffi­cile.

L’autre option c’est quit­ter le monde des nouvelles entre­prises, star­tups et boites hyper tech pour entrer dans un grand groupe. Ces grands groupes sont plus stables, et plus habi­tués à garder des sala­riés jusqu’à la retraite.

Ce n’est pas magique non plus et ça peut être diffi­cile de taper à la porte à 60 ou 65 ans. Et donc, à partir de quel âge faut-il que je m’ima­gine devoir cher­cher une place dans un grand groupe pour ma fin de carrière si jamais l’en­tre­prise où je suis n’est pas devenu un grand groupe entre temps ?


Je ne sais pas et ça m’oc­cupe l’es­prit. J’ai l’im­pres­sion d’avoir une horloge biolo­gique que je ne dois plus igno­rer. Le gouver­ne­ment qui pense à chaque fois rallon­ger l’âge de départ à la retraite sans réel­le­ment chan­ger l’em­ploi des seniors n’aide pas beau­coup à ma séré­nité.


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