Pourquoi apprendre l’en­tre­preu­na­riat à l’école est une idée, et qu’on se moque qu’elle soit de gauche

Quand je lis « Pourquoi apprendre l’en­tre­preu­na­riat à l’école est une idée de gauche » je me dis qu’il y a un problème avec l’ap­proche de notre classe poli­tique.

Parler du pourquoi l’en­tre­pre­na­riat à l’école, de comment on va mettre en place l’idée – et le défi est là – ou de la perti­nence de commen­cer en 6ème, là ça serait plus qu’in­té­res­sant. Le billet parle en fait à peine de ces ques­tions, le sujet de fond semble plus être de convaincre les tiers que l’idée est compa­tible avec « la gauche » que de savoir si c’est en soi une bonne idée.

Il faut quand même que notre démo­cra­tie soit bien malade pour que la ques­tion prin­ci­pale soit celle là, que la ques­tion soit celle du « qui » (quel élu, quel parti, quelle mouvance) et pas celle du « quoi ».

Nos élus donnent l’im­pres­sion de croire qu’ils ne sont crédibles que quand ils sont unis derrière leur bannière. Lais­sez-moi leur dire dire : Vous devien­drez crédibles quand vous discu­te­rez le fond au lieu de voter et vous expri­mer en fonc­tion de la couleur atta­chée à la mesure débat­tue. On aura fait un grand pas pour notre pays. Que ce soit l’ha­bi­tude au parle­ment et que le billet soit écrit par un colla­bo­ra­teur parle­men­taire n’est peut être pas un hasard. On ne mesure pas tout le mal que font pour la percep­tion de la démo­cra­tie ces atti­tudes de godillot ou la procé­dure de vote de groupe du Sénat.

Puisqu’on parle du monde de l’en­tre­pre­na­riat : dans le monde des star­tup on dit souvent qu’une idée ne vaut pas grand chose, c’est la mise en oeuvre qui compte. Parfois la phrase est racon­tée autre­ment : l’idée c’est moins de 1% de la valeur, le reste c’est la réali­sa­tion.

Alors, si, au lieu de regar­der d’où vient l’idée, on discu­tait de pourquoi et comment la mettre en oeuvre ?

Et au final, si l’en­tre­pre­na­riat à l’école était une idée de droite, ça chan­ge­rait quoi ? Elle devien­drait de fait une mauvaise idée à combattre ?

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5 commentaires

  1. Pour moi l’entrepreneuriat c’est avant tout la liberté de prendre des initiatives, quelques soient ses origines et ses moyens, il y a une notion d’égalité importante (idéalement…). Effectivement, cela n’a pas à être plus de droite que de gauche.

  2. 3 points

    1-le rapport entre la fonction de Martin et son billet n’a pas grand chose à voir.Ou alors il faudrait ne parler que de son boulot?

    2-tu peux (pourquoi utiliser le on?) ne pas vouloir te referer à un clivage politique.C’est le droit des autres de s’y referer.

    3-Lis mon billet à moi en date d’hier. L’entreprise est certes source par elle-meme mais est aussi facilitée ou infirmée par des politiques économiques.

    A bientot

    1. Martin m’a fait la remarque aussi pour sa fonction. Je ne veux pas réduire les gens à leur travail mais un collaborateur d’élu (de gauche) qui écrit un billet sur un blog d’élu (de gauche) à propos d’une mesure politique annoncée par le gouvernement (de gauche), qu’il annonce destiné à des « camarades » … ça ne veut pas dire que ça entre dans son rôle de collaborateur, mais il ne me parait pas forcément totalement irraisonné que ça reste dans le domaine.
      Ceci dit la précision est bienvenue. Comme ça c’est noté.

      Pour le clivage politique, je ne refuse à personne de s’y référer (de quel droit le ferai-je ?) mais pour reprendre ta formulation, c’est mon droit de le critiquer et de ne pas trouver ça une bonne chose (surtout quand comme ici c’est un clivage très artificiel, presque tous les partis auraient pu argumenter que ça cadre avec leur vision).
      Le « on » est impersonnel, parce que je ne vise personne particulièrement. Ce n’est ni « nous », ni « vous », ni un « ils ».

      Pour le billet je le pose dans ma liste à lire. Je posterai plus tard si ça fait évoluer mes réflexions. Ceci dit je ne parlais pas trop ici de l’entreprise et de l’entreprenariat. Ça mérite un sujet à part entière. Et je ne peux que te rejoindre à dire que la politique économique à toute sa place. Bien que proche des questions de l’entreprenariat, je n’adhère pas à la vision des pigeons.

      Si je devais m’exprimer sur le fond du billet, j’aurai tendance à trouver très bien qu’on parle plus d’entreprenariat côté éducation, même si à chaud je reste très septique sur le fait d’en parler au collège (déjà qu’en université il est fréquent de ne pas avoir de vision sur ce qu’on veut faire, en 6ème ça me parait prématuré)

  3. Par ailleurs la generalité sur les élus qui ne parlent pas de fond est aussi simpliste que de dire ‘tous les blogueurs/chefs d’ebtreprises/bouchers/footballeurs etc…) sont pareils.

    Signé:un élu à qui il arrive (si si!) de parler de fond.

    1. Et tu remarqueras que je fais justement l’effort de te lire :)

      Il reste que, au moins vu de l’extérieur, le spectacle général au niveau national est assez décevant (et les épisodes récents ne font rien pour améliorer le ressenti)

      Je ne le voyais pas comme une critique individuelle, peut être aurais-je du le préciser. Ni à ton encontre ni à celle ce Martin. C’est plus une occasion d’exprimer un problème. Je l’ai dit en première phrase sur le fait que je m’adresse plus à l’approche politique générale en prenant un exemple, mais peut-être n’était-ce pas assez explicite, effectivement.

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