Le fait qu’il y ait effectivement des mentalités à faire changer ne doit pas nous amener à changer tout

Le fait qu’il y ait effectivement des mentalités à faire changer ne doit pas nous amener à changer tout.
Si l’inégalité homme-femme n’existait pas, l’utilisation du genre masculin par défaut dans la grammaire ne nous poserait pas de problème (quand bien fut-il le résultat d’une inégalité ancrée par le passé).

— Delphine sur seenthis

Si… mais aujourd’hui ça pose problème, et ça risque de durer encore des décennies. L’inégalité homme-femme risquera d’être un problème autour de moi encore à ma mort.

Ces redondances et ces alourdissements révèlent sans doute que, dans l’esprit de certains, le masculin est devenu un genre marqué au même titre que le féminin, et ne peut plus désigner que des personnes de sexe masculin.

(…)  Le choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l’intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l’encontre du but recherché.

— Académie française, sur la féminisation des fonctions, grades et titres

Malgré ma conscience du besoin de changer quelque chose, c’est clairement un des écueils majeur pour moi, d’autant qu’il porte un risque de faire entrer la langue dans une logique de confrontation qui peut éloigner encore plus cet avenir idéal sans inégalités.

Aucune forme double ne m’a convaincu. Blanc(he)s, blanc•he•s, blancHEs, blanc-he-s provoquent toutes une réelle difficulté de lecture en plus de cette ségrégation que je ne souhaite pas – les deux dernières étant de loin les pires.

J’aimerai voir des pronoms neutres, je trouve que ça ne coûterait pas grand chose. Entre temps j’aime par contre bien l’idée de changer les accords pluriels pour faire apparaitre le genre du dernier cité au lieu du genre masculin. Le plus souvent ça me semble même plus naturel à l’oreille. C’est mon petit geste à moi.

Un œillet et une rose odorantes

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2 commentaires

  1. « Si l’inégalité homme-femme n’existait pas, l’utilisation du genre masculin par défaut dans la grammaire ne nous poserait pas de problème »

    C’est considérer le langage uniquement comme un moyen d’expression. Or le langage contribue aussi à façonner nos pensées et à façonner notre représentation du monde… Penser et s’exprimer en utilisant la masculinité comme norme contribue à renforcer l’idée que la masculinité est la norme.

    L’évolution des mentalités passe donc nécessairement par l’évolution du langage.

    1. « L’évolution des mentalités passe donc nécessairement par l’évolution du langage. »
      Oui, et à l’instar de ce qui est dit dans ce billet – La faute à Ève, http://www.jaddo.fr/2015/03/28/la-faute-a-eve/ – je réalise ces derniers temps que c’est peut-être par les « détails » qu’on fera changer l’ensemble.

      Mais je maintiens – mais c’est bien creux et ne fait avancer en rien – que s’il n’y avait pas un problème sur l’ensemble, les détails ne nous généraient pas ; ça ne serait que des traces de l’histoire.

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