« Le don pour ça »

Personne n’a « le don pour ça ». Tout est acquis, avec le temps, avec l’ex­pé­rience. Personne n’a « l’es­prit fait pour ça ». On a juste un vécu diffé­rent qui donne à notre esprit une expé­rience plus ou moins forte de certaines façons de penser ou certaines maitrises dans les gestes.

Parfois ça vient de loin, dès l’en­fance ou la petite enfance. L’es­prit se forme en fonc­tion des besoins et des feed­backs, des oppor­tu­ni­tés et des tenta­tives.

Quand on est jeune, « je n’ai pas le don » est une excuse pour dire « je n’ai pas envie de passer du temps à apprendre ». Plus vieux ça veut aussi dire « mon esprit est trop soli­di­fié sur d’autres appren­tis­sages, je n’ai plus la force, l’en­vie ou le temps de désap­prendre et recom­men­cer à zéro ».

L’agi­lité mentale ne se dégrade pas aussi rapi­de­ment que l’on croit, c’est surtout qu’elle se spécia­lise. On apprend toujours, mais à partir de ce qu’on a déjà construit.

Des fois je me dis qu’il est un peu tard pour moi sur beau­coup de choses, faute de temps ou de courage. En même temps à chaque fois qu’on se limite on se spécia­lise encore plus, rendant plus diffi­cile l’ap­pren­tis­sage suivant.

Enfant on apprend très vite, l’es­prit n’a pas encore figé tout son mode de pensée. On peut en faire des petits génies et des virtuoses en les spécia­li­sant tôt sur n’im­porte quoi. Je plains ces enfants pour plus tard. J’en veux aux adultes qui se laissent embarquer là dedans sans voir ce que ça implique.

Je vois par contre toute la néces­sité d’ou­vrir l’es­prit de mon fils sur le plus de choses possibles pour qu’il ait les portes ouvertes plus tard, pour qu’il ne s’en­ferme pas son esprit trop tôt sur une seule route.


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