Je n’ai pas peur pour les déve­lop­peurs juniors

L’IA demande de savoir relire le code. On sait le faire parce qu’on a appris à l’écrire. Comment feront les jeunes qui n’ont pas eu cette expé­rience ?

Je n’ai pas cette peur.

Je me repose sur ma calcu­lette et je fais peu de calcul mental. Je ne saurais même pas utili­ser une règle à calcu­ler. Je n’ai que peu de formules ou données en tête, et je me repo­se­rai sur le web pour les retrou­ver en cas de besoin.

Bref, il y a plein de choses que je ne sais pas faire alors que ça tombait sous le sens pour des plus âgés. Il y en a certaines qui ne me servent plus, ou qui ne me sont plus aussi impor­tantes. Il y en a d’autres qui ont été rempla­cées par des outils. En échange, j’ai des nouveaux savoirs et des nouvelles compé­tences, que mes ainés n’avaient pas et qui me sont bien plus utiles aujourd’­hui. Je ne me sens pas perdant au final.


Je n’ai pas peur pour les jeunes parce que je pense que ça revient exac­te­ment à ça.

S’ils en ont moins besoin avec l’IA, les jeunes auront peut-être moins d’ex­per­tise dans le code. Ils appren­dront d’autres choses que moi je ne sais pas faire. Au final, accom­pa­gnés de l’IA, ils auront certai­ne­ment plus de capa­cité que je n’en ai moi aujourd’­hui.

S’ils en ont moins besoin.

Ou alors ils en auront besoin de cette exper­tise dans le code, et alors ils l’ap­pren­dront, au fur et à mesure, en commençant par faire plein de bêtises comme un junior puis en gagnant en expé­rience.

Peut-être qu’ils l’ap­pren­dront diffé­rem­ment, en reli­sant et en vali­dant des IA plutôt qu’en écri­vant eux-mêmes, ou en faisant plus de pair-progra­ming que je n’ai pu en faire à mon époque.

Ce qui est certain c’est que, si c’est néces­saire, cet appren­tis­sage aura lieu d’une façon ou d’une autre.

Si c’est néces­saire.

Je ne sais pas si ça restera néces­saire ou s’ils en auront moins besoin, mais je ne m’en fais dans aucun des deux cas. Ils s’adap­te­ront à ce besoin.


Je m’en fais en réalité beau­coup plus pour les plus vieux, ceux qui n’au­ront pas appris à se servir de l’IA, ou qui n’au­ront pas changé leur façon de penser et de travailler. Ceux pour qui je m’en fais c’est pour les expé­ri­men­tés actuels, pas pour les futurs juniors.

Je m’en fais pour eux parce que chan­ger, remettre en cause notre façon d’abor­der le métier et nous adap­ter à une nouvelle réalité, c’est beau­coup plus diffi­cile que de commen­cer de zéro avec cette nouvelle réalité.

Entre le vieux qui sait tout de tête et le jeune accom­pa­gné d’In­ter­net et de son smart­phone, person­nel­le­ment je parie sur le jeune.

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