Impôts et crédits spéci­fiques


La France n’est pas malade de ses impôts et coti­sa­tions. Elle est malade de sa répar­ti­tion avec plus de cas spéci­fiques que de cas géné­raux, des exoné­ra­tions et aides parti­cu­lières impos­sibles à quan­ti­fier. Bien entendu, c’est autant qui monte le niveau d’im­po­si­tion et de coti­sa­tion géné­rale et le taux résul­tant fait peur même à ceux qui fina­le­ment ne le payent pas.

Deux milliards pour la Bretagne ? On peut être pour ou contre la fin de l’éco­taxe mais je n’ima­gine pas une seconde qu’il soit légi­time de donner un bonus de près de deux milliards juste pour calmer une région en colère. Non seule­ment c’est illé­gi­time au niveau de la répar­ti­tion mais en plus ça ne peut qu’in­ci­ter d’autres régions à se révol­ter pour elles aussi obte­nir deux milliards.

Le budget de l’État n’étant pas exten­sible, encore moins avec ce que va coûter le recul sur l’éco­taxe, donc soit tout le monde y arrive et c’est un jeu de dupes : on donne un peu à chacun en prenant sur le budget global, c’est à dire qu’au final chacun a autant qu’a­vant mais on vient juste de reti­rer du budget là où c’était utile pour le mettre là où c’est visible lors d’une opéra­tion de commu­ni­ca­tion. Soit toutes les régions n’ont pas la même largesse et on vient juste de prendre à ceux qui travaillent et payent leurs impôts & taxes pour les donner à ceux qui mani­festent et refusent de les payer. On voit tout de suite la limite.

On peut encore argu­men­ter que de toutes façons on n’avait plus le choix et qu’il fallait calmer le mouve­ment avant qu’il ne fasse plus de dégâts à l’éco­no­mie que les deux milliards débloqués, mais au final ça reste un problème.

Mais alors quand je lis ce matin que la filière des jeux vidéos vient de réus­sir à recon­duire son crédit d’im­pôt spéci­fique, je déses­père. Notez que je parle des jeux vidéos parce que c’est l’ac­tua­lité mais il en va de même pour bien d’autres filières, y compris la mienne. Ce sont jusqu’à 20% du coût d’un jeu vidéo qui sont rembour­sés. Une brève recherche montre que les studios de déve­lop­pe­ment de jeux vidéos demandent aussi le crédit impôt recherche qui rembourse 30 à 40%.

Est-ce vrai­ment de ça que la France a le plus besoin comme dépense publique en ce moment ? À ceux qui répondent oui, consi­dé­rez bien que ça veut dire un taux de prélè­ve­ment plus fort pour tout le monde.


3 réponses à “Impôts et crédits spéci­fiques”

  1. Pour le cas du jeu vidéo que je connais un peu mieux (bien que n’ayant pas bénéficié de ce crédit là en particulier), le problème est un peu plus complexe que ça. D’autres pays, Canada en tête, sont très agressifs pour attirer les sociétés de jeu vidéo, et le fait est que l’industrie se réduit de plus en plus en France si rien n’est fait.

    Donc oui sur le fond je suis d’accord avec toi, mais que faire dans le cadre d’une « compétition » internationale ? On doit laisser des industries partir ailleurs ? Là où en revanche cela me désespère, c’est que ce ne soit pas au moins traité au niveau européen, pour éviter l’inutile compétition au sein de l’Europe. Mais bon, faut pas trop en demander sur ce sujet là…

    • Deux sujets. Le premier est spécifique : Que font-ils pour attirer au Canada ? Est-ce vraiment un sujet fiscal et non d’environnement ? D’autant que la France a un historique assez fort en jeux vidéo, et encore une image de marque. Il y a pas mal de cartes à jouer. Même au niveau pur fiscal, rien que le CIR doit largement contrebalancer pas mal de choses au niveau des charges.

      Le second est général : Il y aura toujours un moins disant ailleurs quel que soit le sujet, surtout en fiscalité. Du coup l’argument, tout en étant souvent vrai, me semble toujours assez mauvais. La seule façon de s’en sortir serait d’être le moins disant pour tout, et de retirer toute notion de collectivité.

      Ces choses là sont complexes.

    • Oui le second point est complexe :)
      Pour le premier ce sont des incitations fiscales très fortes oui. Je pense pas que le crédit d’impôt jeu vidéo seul soit équivalent, avec le CIR peut-être, encore faut-il faut regarder les conditions d’obtentions, car celles du CIJV sont très importantes (grosse contrainte culturelle/scénaristique) quant au CIR, si les politiques le défendent, dans la pratique il est de plus en plus restreint par pression fiscale.

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