Ils contrôlent ce que vous avez le droit de lire… et ils ont peur que ça change

Mais pourquoi donc Google déciderait-il de ce que je lis ? La société n’est même pas une part de marché significative dans les ventes de livres par rapport à Amazon, Apple ou Kobo.

Google ne peut donc être au mieux qu’un bouc émissaire facile, parce que dans l’air du temps. À moins que ce qui dérange ne soit la capacité des réseaux à influencer nos décisions d’achats via la recommandation en pair à pair ? Mais qui cela gêne-t-il ?

Le réflexe est de plutôt regarder qui, aujourd’hui, décide de ce que j’ai le droit de lire. Il y a en effet un groupe de quelques acteurs qui décide de l’essentiel de ce que nous avons le droit de lire, c’est à dire à vue de nez 80% des livres.

Ils décident quels auteurs seront publiés et lesquels seront mis en avant via la promotion sur les plateaux TV ou l’envoi des exemplaires de presse aux critiques (et à quel critique). Ils peuvent décider ou non d’alimenter les libraires pour que leurs livres soient vendus, y compris de force (si, si), et négocient les mises en avant sur les tables ou les têtes de gondole. Ils contrôlent ensuite les droits de lecture via des systèmes informatiques sur vos appareils numériques : qui a a le droit de lire, de copier, combien de fois, combien de temps. Ils peuvent enfin décider à tout moment d’arrêter les ventes sur un canal de distribution choisi, de republier ou non, d’arrêter ou non la publication d’un livre. Ils peuvent même empêcher un auteur mécontent de tout ce qui précède de publier son contenu ailleurs. Rien que ça.

Pour rappel, quelques éditeurs mastodontes incontournables représentent 80% de l’industrie du livre en France. Aujourd’hui ce sont eux qui contrôlent ce que vous avez le droit de lire… et ils ont peur que ça change.

Quelqu’un s’étonne-t-il que ce soit donc en réalité le syndicat national de l’édition (SNE) qui soit en fait à l’origine de la phrase citée en début de billet et contrôle la campagne médiatique associée ? Ce ne sont pas les auteurs qui sont en danger ici, mais la position privilégiée de quelques gros éditeurs. Que certains auteurs et petits éditeurs se laissent tromper en participant est bien malheureux.

Bien évidemment ils ne décident pas vraiment quels livres vous avez le droit de lire. Personne ne le peut, et Google non plus. Par contre ils font plus qu’influencer quel livre vous sera accessible et sous quel jour il vous sera présenté.

Une pensée sur “Ils contrôlent ce que vous avez le droit de lire… et ils ont peur que ça change”

  1. Sur un sujet proche : http://ex-retis.com/blog/ex-retis/et-tas-essaye-de-te-faire-editer/

    Le rôle de l’éditeur tel qu’il est perçu (avoir son livre en vente à la FNAC) est très révélateur. Quand c’est le bénéfice principal visible, il est clair qu’il y a un risque énorme pour eux dans le numérique.

    Il y a bien plus dans le rôle de l’éditeur, et je suis très loin de vouloir diminuer ce rôle ou sa disparition. Par contre la communication malhonnête qui se veut au nom des auteurs alors qu’ils sont à l’origine ou au moins largement partie de bien des tourments, c’était un peu trop.

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