Être un bon ministre de la Culture

Être un bon ministre de la Culture

Même si je n’ai pas toujours été tendre avec Fleur Pelle­rin, là, je dois dire que j’ap­puie le cap qu’elle trace. Il faut en finir avec un minis­tère de la Culture sans aucune ligne poli­tique, réduit à être un guichet à subven­tions publiques, desti­nés à des gens qui n’ont aucun sens de la bonne utili­sa­tion des deniers publics, et qui, bien souvent, se moquent éper­du­ment du « grand public ». Si certains veulent faire de l’art d’avant-garde, celui que seule une « élite éclai­rée » peut comprendre et appré­cier, qu’ils le fassent avec leur argent. Mais pas sur fonds publics. Le minis­tère de la culture doit être celui de la diffu­sion de la connais­sance, de la culture pour tous, à commen­cer par ceux qui en ont besoin. La Culture, ce n’est pas seule­ment les grands musées pari­siens et les happe­nings bran­chouille façon festi­val d’Avi­gnon. C’est aussi et surtout les biblio­thèques, les ateliers scolaires dans les musées ou les services d’ar­chives, l’édu­ca­tion artis­tique. Bref, ce qui s’adresse au grand public pour vulga­ri­ser, au sens noble du terme.

Je ne suis pas d’ac­cord avec d’autres côtés, notam­ment le côté « ministre de l’in­dus­trie cultu­relle qui doit s’oc­cu­per davan­tage d’éco­no­mie que de créa­tion », mais le para­graphe cité est on ne peut plus bien­venu.

Sans faire réduire tout au marché de masse et en faire l’apo­lo­gie, il est temps d’en finir avec la vue élitisme sous subven­tion de la culture.

Le reste est chez Authueil.

Photo d’en­tête sous licence CC BY-NC-SA Ahmed


4 réponses à “Être un bon ministre de la Culture”

  1. Difficile de prendre part au débat sans les réalités chiffrées, lorsque l’on parle des subventions. La culture s’exprime en de nombreux endroits, sous différentes formes, avec et sans subventions.

    Si/Quand l’état intervient dans le financement de certaines productions de la culture, il serait intéressant de comprendre comment, avec quelle part, quelle contrainte pour la production, etc.

    Le passage de Authueil

    Il faut en finir avec un ministère de la Culture sans aucune ligne politique,

    Y a t il eu un ministère sans politique ? Je ne le pense pas. Donc je comprend mal cette phrase.

    réduit à être un guichet à subventions publiques, destinés à des gens qui n’ont aucun sens de la bonne utilisation des deniers publics, et qui, bien souvent, se moquent éperdument du « grand public ».

    Et celle-ci fait encore moins de sens. Pour un budget donné, un ministère peut avoir une politique culturelle de financement des petits projets culturels (toutes les associations de quartier, les petites troupes, etc.) donc disons une « culture plus sociale » ou bien au contraire de privilégier le financement de grands projets uniquement donc une « culture d’images du pays. » Ce sont deux politiques différentes, avec certains ministres ayant favorisés l’une sur l’autre.

    Si certains veulent faire de l’art d’avant-garde, celui que seule une « élite éclairée » peut comprendre et apprécier, qu’ils le fassent avec leur argent.

    Complexe intellectuel. Un art d’avant-garde peut tout autant se faire dans une association de quartier que dans un grand projet. Et il y a des projets culturels à grand budget qui sont « culturellement faibles. » On peut imaginer les grandes parades qui ont existé pendant un temps. C’est idiot de penser que culture d’avant-garde == élite == coûte cher. C’est également un mépris du peuple en disant qu’il est trop con pour comprendre l’art qui remue les méninges.

    Mais pas sur fonds publics. Le ministère de la culture doit être celui de la diffusion de la connaissance, de la culture pour tous, à commencer par ceux qui en ont besoin.

    Ce dont il est mention ici par la diffusion de la connaissance fait partie de l’éducation. L’éducation participe de la « culturation » de l’aide à comprendre la culture. Mais j’imagine donc que Authueil est contre l’apprentissage de Molière ou de la diffusion des opéras comme bagage culturel, car en leurs temps, ils ont été des œuvres culturelles très chères, financées en partie par le pouvoir de leurs temps, et réservées à une élite.

    La Culture, ce n’est pas seulement les grands musées parisiens et les happenings branchouille façon festival d’Avignon.

    La culture, ce n’est pas seulement cela en effet. C’est je crois le seul mot juste de ce paragraphe. La culture est bien plus complexe que cela, elle est vivante, elle émerge dans de nombreux endroits aussi dans la cage d’escalier d’un immeuble lorsqu’un slam de poésie hip hop se déroule que dans une aria sur les planches d’un opera.

    C’est aussi et surtout les bibliothèques, les ateliers scolaires dans les musées ou les services d’archives, l’éducation artistique. Bref, ce qui s’adresse au grand public pour vulgariser, au sens noble du terme.

    Confusion. Oui l’l’éducation est importante et les institutions de mémoires (ce dont il parle) sont essentielles, mais ce n’est pas la culture. C’est la diffusion de la culture. La culture il faut la construire pour qu’elle arrive dans les musées.

  2. Karl a tout résumé :)
    Oui, ça ne me gêne pas que l’État subventionne ce qui n’est pas facilement accessible.
    Sinon on laisse l’État subventionner le dernier Besson, c’est pas élitiste :)
    M’enfin, Autheuil, hein… le Madelin du Net ?

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