Est-ce qu’on peut rire de […]

✅ Oui, bien entendu, peu importe le sujet, sans excep­tion.

Mais…

❌ pas forcé­ment si c’est dans l’in­ten­tion de nuire ;

❌ pas forcé­ment si, ce faisant, on renforce des stéréo­types discri­mi­na­toires bien établis ;

❌ pas forcé­ment si c’est toujours sur les mêmes ⁽¹⁾ ;

❌ pas forcé­ment si dans le contexte ou dans l’ac­tua­lité ça peut venir renfor­cer un message ou une action problé­ma­tique ;

❌ pas forcé­ment si ça réduit une personne ou un groupe de personne précis à leurs croyances, leur physique, leur origine, etc. ;

❌ pas forcé­ment si on se serait abstenu avec une personne qui n’au­rait pas cette croyance, ce physique, cette origine, etc. ⁽²⁾

La liste n’est pas exhaus­tive et, de façon géné­rale :

❌ pas forcé­ment si l’im­pact indi­vi­duel ou socié­tal de ce trait d’hu­mour pose problème, même si c’est malgré vous.

Il s’agit juste de prendre conscience des consé­quences de ses actions et d’évi­ter de porter inuti­le­ment préju­dice à autrui. C’est la base de la vie en société.


« On ne peut plus rien dire, alors que Colu­che…

Je ne vais pas prétendre savoir ce qu’au­rait pensé Coluche de votre trait d’hu­mour s’il vivait aujourd’­hui. La société évolue, le contexte aussi. Prendre comme étalon la société s’il y a un demi-siècle n’est pas forcé­ment très perti­nent.

J’es­père qu’un jour ce qui parait discri­mi­na­toire aujourd’­hui aura disparu demain à force d’y faire atten­tion. J’es­père aussi que demain prêtera atten­tion à des discri­mi­na­tions qui sont aujourd’­hui trop souvent accep­tées.

Tout au plus je vais répé­ter le dernier point : « pas forcé­ment si l’im­pact indi­vi­duel ou socié­tal de ce trait d’hu­mour pose problème, même si c’est malgré vous ». Coluche avait certai­ne­ment aussi ses défauts.

Proba­ble­ment que, malgré tout, son impact sur les personnes et la société, y compris sur les discri­mi­na­tions et stéréo­types dont il jouait au second degré dans son humour, était dans l’en­semble posi­tif.

À vous de faire en sorte qu’il en soit de même pour vos propres traits d’hu­mour. Se récla­mer de Coluche lors de propos poten­tiel­le­ment problé­ma­tiques ne suffit pas.


¹ : Ce y compris si ce n’est qu’une unique occur­rence de votre côté mais que ça vise une personne ou un groupe qui est déjà trop visé, auquel cas ça peut rele­ver du harcè­le­ment ou de la discri­mi­na­tion

² : Ce y compris si vous vous dites à tête repo­sée que, honnê­te­ment, vous auriez fait pareil avec x, y ou z mais qu’en réalité vous ne l’avez pas fait ou pas autant. Les biais incons­cients sont plus forts qu’on ne le croit.


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