D’une façon d’abor­der la tech­nique


Aujourd’­hui j’ai demandé un peu d’ex­per­tise exté­rieure pour savoir quelles étaient les diffé­rences de trai­te­ments entre un SELECT DISTINCT et un GROUP BY dans Mysql. La ques­tion a trouvé sa réponse et pour ceux que ça inté­resse, le serveur fait les mêmes opti­mi­sa­tions, au moins dans le cas le plus simple.

Ce qui m’a surpris c’est le nombre de gens qui ont fait une réponse basée sur leur simple intui­tion, souvent très mal conseillère, et parfois présen­tée comme une expli­ca­tion sûre.

Que les déve­lop­peurs émettent des hypo­thèses ou puissent se trom­per n’est pas choquant. Par contre se baser sur ses préju­gés, ne pas cher­cher, véri­fier, se docu­men­ter, ça c’est une vraie faute profes­sion­nelle (et ce encore plus quand les préju­gés sont drama­tique­ment faux et injus­ti­fiés).

Dans nos métiers il doit y avoir curio­sité et envie de cher­cher la solu­tion, mais surtout cette solu­tion doit être basée sur une compré­hen­sion des méca­nismes sous-jacents, ou au moins de la docu­men­ta­tion fiable, et le tout idéa­le­ment recoupé par des tests sérieux.

Peut-être tire-je trop vite aux conclu­sions mais j’ai l’im­pres­sion que de plus en plus de déve­lop­peurs se satis­font de cette façon de faire et oublient que leur travail ne devrait pas se baser sur des infor­ma­tions incom­plètes et des pré-jugés. Collègues : Il est temps de vous réveiller.


5 réponses à “D’une façon d’abor­der la tech­nique”

  1. C’est un peu le problème posé par notre métier : internet est accessible à tous et par tous. Facile de faire un site, même sans connaissance. Alors quant on a des certitudes, pourquoi chercher plus loin ?
    C’est le fameux : « T’es webmaster toi ? Mais c’est pas un métier ça ! »
    Et voilà, des gars comme toi arrivent et disent que si, c’est un métier et qu’il faut s’en donner les moyens : bosser un peu, réfléchir, chercher, … Faire son métier quoi !!
    Vu la vitesse à laquelle va ce domaine, on ne sait rien et on a tout à apprendre et c’est tant mieux !
    (Je suppose que tout ça peut se transposer à pleins d’autres domaines techniques)

  2. Le manque d’esprit critique, autant vis à vis de son propre travail que celui des autres, est un réel problème actuellement.
    La plupart des gens prennent pour argent comptant ce qu’ils lisent ou entendent, que ce soit sur le Net, à la radio, à la TV, dans les conférences, sans se poser la moindre question : si l’information est diffusée, c’est qu’elle est forcément fiable alors à quoi bon la remettre en question ?
    Il n’y a qu’à voir, par exemple, le nombre de tutoriaux concernant PHP disponibles sur le Net qui ne sont que des simples copier/coller d’autres tutoriaux sans les remettre en question et qui contiennent les mêmes erreurs, ou qui ne vont suffisamment pas au fond des choses, à tel point qu’il y a maintenant des initiatives comme http://www.phptherightway.com pour remettre les choses au point.
    Et c’est un problème plus global qui ne se limite malheureusement pas aux techniciens, car toute la société est touchée par ce phénomène, qui prend à mon avis en grande partie sa source d’une propagande marketing et politique de grande envergure induite par la société de consommation et le fonctionnement de nos institutions (temps de cerveau disponible, etc).
    Il se passe rarement un jour sans que je ne sois pas heureux d’avoir suivi les cours de M. Ménager, aka Moulinex, en IUT, professeur de communication « à l’ancienne » à l’IUT de Reims, et qui m’a (vigoureusement) encouragé à développer mon esprit critique afin d’en faire bon usage.
    Qu’il en soit ici remercié.

  3. « Il existe trois catégories de développeurs web. D’abord ceux qui semblent toujours
    tout savoir, quitte à ne vous répondre que quelques instants plus tard, et expriment
    leur réponse avec un air d’autorité confiante dans l’exactitude de leurs propos,
    laquelle se vérifie en effet à chaque fois. Ensuite ceux qui n’ont pas toutes les
    réponses, et semblent ne pas trop savoir où les chercher. Enfin, ceux qui manifestement n’ont qu’une compétence empirique : leurs pages « tombent en marche ». »

    Christophe Porteneuve avait déjà tout dit en 2006 ! La citation ci-dessus est tiré de son livre « Bien développer pour le web 2 ». J’ai pourtant bien l’impression qu’à l’époque ou j’ai lu ceci j’y trouvais une réponse à une question qui me travaillais depuis quelques années déjà et que tu poses ici.

  4. Twitter avec sa limitation à 140 caractères n’aide pas à apporter de la nuance dans une réponse à un tweet, par ex. « (par contre j’ai pas testé) », « c’est ce qu’on m’a dit, j’ai jamais pris le temps de vérifier », etc
    Ce n’est évidemment pas une excuse sur le fond mais parfois le doute peut profiter à un utilisateur de Twitter ;)

    • En fait c’est presque pire, twitter de part sa concision, n’aide à détailler ni les réponses ni les énoncés.
      Par exemple, il n’était pas fait mention de MySQL, et ça a une influence.
      Si on prend postgresql < 8.4 (oui on en trouve) distinct et group by se comportent différemment (sort … unique vs hashaggregate).
      Et si on prend le problème plus global (dont l'énoncé pourrait très bien n'être qu'un résumé) les problèmes arrivent au niveau de group by si on a des expressions et des alias et qu'on ne sait pas bien les utiliser (courant).

      Bref, c'est pas si évident de tirer des conclusions d'une question sur twitter et des réponses. Ça peut indiquer beaucoup de choses, et pas forcément ce qu'on attend initialement ;-)

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