Apple, boîte vide


J’ai vu des réac­tions sur la boite vide de l’ex-employé d’Apple, mais à mon avis elles manquent le prin­ci­pal. Oui il est normal que les créa­tions appar­tiennent à la société. Oui il est normal que la société puisse déci­der de leur (non-)commu­ni­ca­tion.

L’in­té­res­sant dans le billet n’est pas la boite vide, qui peut être accep­table léga­le­ment comme mora­le­ment. L’im­por­tant c’est la capa­cité de l’em­ployé de se rendre compte que ce fonc­tion­ne­ment ne lui convient pas, et d’al­ler ailleurs. Il faut du recul, et un peu de courage pour quit­ter un boulot comme celui là, mais chacun de nous est respon­sable de ses propres choix, et d’al­ler travailler dans une société en accord avec ses propres valeurs et aspi­ra­tions. C’est dans cette dernière phrase qu’est le sens du billet :

« I thought you had made some sort of mistake. – Yes, exactly »

Et vous, où en êtes-vous ?


5 réponses à “Apple, boîte vide”

  1. « … Oui il est normal que les créations appartiennent à la société … », je croyais pourtant que le créateur, l’employé en ce qui concerne la société, restait propriétaire de son œuvre et que ceci était inaliénable. C’est en tout cas ce que dit le droit français il me semble pour la propriété intellectuelle.

    • Si je ne me trompe pas, en France c’est plus complexe que ça : tu gardes un droit moral mais le droit d’exploitation c’est bien la société qui l’a, et qui peut effectivement en restreindre ou en interdire la diffusion. Vient aussi le fait qu’en général ce sont des travaux collectifs, donc qui appartiennent à la société et pas aux employés.

      Ensuite il y a les créations mais il y a aussi les idées, réflexions, conceptions, etc. Expliquer pourquoi ou comment on va alléger une interface ou ce qu’on projette de faire côté ergo ce n’est plus de la création mais bien éventuellement des procédés et techniques propres à la société, qui y pose généralement son secret et qui t’interdit de les révéler.

      Enfin, de toutes façons, il n’était pas en France, et là bas le droit moral n’existe pas (ou pas autant / de la même façon).

  2. L’essentiel de l’économie numérique vend du vide, du vent. Les sociétés qui ont une vrai utilité sociale sont rares. Se pose ensuite la question des conditions matérielles. Beaucoup de structures utiles sont dans le secteur non marchand, et les salaires y sont souvent très inférieurs à ceux chez les marchands de vent. Or le salaire peut compter par rapport à d’autres engagements, d’autres responsabilités. Ne restent finalement que très peu de structures utiles et proposant une rémunération correcte. La concurrence pour y entrer est donc forte, elles n’embauchent que les meilleurs. On ne choisit malheureusement pas la boîte pour laquelle on bosse uniquement en fonction de ses envies.

    • Oh, toutes les entreprises n’ont pas pour objectif de profiter à la société et le but est bien de gagner de l’argent. Ce n’est probablement pas ça son problème.

      Maintenant travailler pour une société n’implique pas forcément de s’empêcher de faire avancer la connaissance générale, ou simplement de s’interdire de parler de tout ce qu’on fait.

      J’ai été en SSII, en société de conseil, en start-up. Dans quasiment tous les cas j’ai eu un volet confidentialité, explicite ou implicite. Ici j’ai même clairement interdiction de parler de certains projets, parce qu’on joue la vie de la startup.

      Maintenant quasiment tout le temps c’était uniquement temporaire, et ça ne m’a jamais empêché de partager à l’extérieur sur des questions purement techniques ou de pure connaissance. Seule la réalisation elle-même était confidentielle.

      Ma boite n’est pas aussi pleine que si j’avais travaillé à Médecin du Monde, à Mozilla ou dans une agence de presse, mais elle est très loin d’être vide.

      Alors oui il y a le salaire, mais il n’y a pas que ça justement. Celui qui ne fait attention au salaire risque fort de le regretter plus tard quand il regardera le chemin qu’il a fait les 10 dernières années.

      On ne choisit malheureusement pas la boite pour laquelle on bosse uniquement en fonction de ses envies, MAIS ces envies, nos principes de vie, doivent rester deux critères fondamentaux dans le choix.

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