Catégorie : Environnement

  • Ener­gie : des tarifs progres­sifs, pour quoi faire ?

    Fran­che­ment on manque de courage pour chan­ger des choses en France. Les solu­tions, des uns comme des autres, se bornent à des exoné­ra­tions ou des règle­men­ta­tions à la marge.

    Côté éner­gie on force le rachat de l’éner­gie produite par les panneaux solaires des parti­cu­liers à des tarifs qui génèrent plus un effet d’au­baine d’une réelle poli­tique éner­gé­tique, surtout consi­dé­rant la faible durée de vie des instal­la­tions et le coût éner­gé­tique ou écolo­gique de leur produc­tion. Le pire pour la poli­tique éner­gé­tique c’est la trans­po­si­tion de la loi habi­tuelle du marché : plus tu consommes, moins ça coûte cher.

    Media­part se fait en ce moment l’écho d’une propo­si­tion de loi sur des tarifs progres­sifs. Ce n’est pas la première fois qu’on en parle mais si vous n’avez pas d’avis tran­ché, la lecture donne un bon aperçu des problé­ma­tiques. C’est en fait la simple appli­ca­tion d’un système de bonus malus (équi­li­bré, pas comme les subven­tions dégui­sées du domaine auto­mo­bile) : ceux qui consomment beau­coup ont un malus, ceux qui consomment peu un bonus. Dit autre­ment c’est l’op­posé de la situa­tion actuelle : plus du consommes, plus ça coûte cher.

    Chaque foyer se verrait attri­buer un forfait de base, person­na­lisé, à l’aide de trois critères : lieu de vie, nombre de personnes du foyer et mode de chauf­fage. Il se situe­rait 3 à 10 % en dessous du niveau actuel. À chaque confi­gu­ra­tion possible, corres­pondent trois niveaux de bonus et de malus, qui recoupent trois niveaux de consom­ma­tion : « basique », « confort » et « gaspillage ». Si l’on reste en deçà du basique, on touche un bonus. Si on le dépasse, on est bon pour un malus, voire un super malus.

    On peut ergo­ter 100 ans sur les critères à ajou­ter ou à reti­rer, mais l’idée de base est bien la bonne : inci­ter plus forte­ment aux écono­mies d’éner­gie. Les familles aisées aillant tendance à avoir plus d’ap­pa­reils élec­triques, l’idée a même l’avan­tage de limi­ter l’ef­fet « les pauvres vont payer les malus, n’ayant pas de quoi finan­cer ce qu’il faut pour profi­ter des bonus ».

    Certes, c’est forcé­ment toujours impar­fait. Il va être aussi très diffi­cile de gérer l’équi­li­brage des quotas entre les diffé­rents modes de chauf­fage (est-ce qu’on privi­lé­gie l’élec­trique ou non ? le tout dépen­dant de la stra­té­gie concer­nant le nucléaire) ou de savoir comment gérer avec intel­li­gence le loca­taire qui subit la mauvaise isola­tion ther­mique du proprié­taire.

    Main­te­nant … si nous voulons avan­cer, il faut vrai­ment pous­ser nos poli­tiques pour enfin un peu de courage et une vraie poli­tique éner­gé­tique, avant que ce dossier soit aban­don­nés comme les autres un peu trop complexes ; surtout quand on voit que des pays sont prêts à aban­don­ner ce types de réformes pour sauve­gar­der les béné­fices des four­nis­seurs. Avec les rela­tions entre l’État, EDF et le nucléaire, ça risque de mal passer :

    L’Al­le­magne en 2008 a étudié plusieurs modèles de tari­fi­ca­tion progres­sive, avant d’aban­don­ner ce projet de réforme, esti­mant ne pas avoir trouvé la formule permet­tant à la fois de limi­ter les charges pour les ménages, et d’évi­ter les effets colla­té­raux sur les béné­fices des four­nis­seurs ou l’ef­fi­ca­cité éner­gé­tique.

  • Sarkozy au monde rural : « Les chas­seurs ne sont pas les enne­mis de l’en­vi­ron­ne­ment »

    Sarkozy au monde rural : « Les chas­seurs ne sont pas les enne­mis de l’en­vi­ron­ne­ment » retiennent les média.

    La petite phrase qui m’in­té­resse moi c’est la concep­tion de la protec­tion de l’eau ou de l’en­vi­ron­ne­ment :

    « La préser­va­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, ça n’est pas empê­cher quiconque de faire quoi que ce soit. »

    Dit autre­ment : On veut bien proté­ger, mais à condi­tion que tout le monde fasse ce qui lui plait. Plus exac­te­ment : On ne protège rien.

    « N’im­porte quelle asso­cia­tion qui veut empê­cher un maire, un élu, une initia­tive peut le faire (…), il faut abso­lu­ment lever le pied de ce point de vue »

    Je ne sais pas si vous imagi­nez, mais une asso­cia­tion peut faire appel à la justice pour faire respec­ter la loi et arrê­ter une initia­tive illé­gale. Visi­ble­ment ce n’est pas dans les habi­tudes de la prési­dence et il faut vrai­ment lever le pied de ce point de vue là.

    « J’ai entendu ce message, je rece­vrai d’ailleurs les asso­cia­tions de chas­seurs sur ce sujet-là. »

    Il y a des problèmes bien plus graves et bien plus urgents, avec des repré­sen­tants qui aime­raient bien autant d’at­ten­tion et ne rencon­trer rien qu’un ministre, mais eux ne sont pas un groupe uni qui votera d’un seul bloc aux prochaines prési­den­tielles. Chacun ses prio­ri­tés.