Objets connec­tés… décon­nec­tés


J’ai acheté ma TV il y a bien long­temps. À l’époque nous avons accepté d’y mettre plus pour avoir un système de replay inté­gré à la TV. À la sortie du carton le replay ne fonc­tion­nait pas, « prochai­ne­ment » qu’ils disaient. Ça a duré des mois puis on a eu M6, mais sans les séries et fictions phares. Quand elles ont été là nous avons eu des publi­ci­tés avant lectu­re… alors que le site offi­ciel n’en avait pas (ou pas autant, je ne sais plus). Au bout d’un moment le service a été fermé. Voilà pour ma TV. Sony je pense à toi, je n’ai plus rien racheté chez toi depuis.

En avril c’est le hub Nest qui est arrêté, à peine deux ans après sa commer­cia­li­sa­tion. On ne parle pas d’une fonc­tion annexe de perdue mais d’un appa­reil de 300 $ qui ne sert plus que de presse-papier.

Il y a quelques jours j’ai vu passer l’an­nonce d’arrêt d’une carte SD wifi. Oui, une simple carte SD qui fait wifi. Le construc­teur peut déci­der de ne simple­ment plus les faire fonc­tion­ner, à peine un an après sa fin de commer­cia­li­sa­tion.

Et si demain Adobe, Amazon ou Kobo décident d’ar­rê­ter le support de leur DRM de livre numé­rique ? Vos livres risquent de ne deve­nir que des suites de 0 et de 1 tota­le­ment illi­sibles.

Nous avons de plus en plus d’objets connec­tés, de conte­nus numé­riques contrô­lés par des tiers, sans que jamais nous n’ayons un quel­conque enga­ge­ment de péren­nité.

Pour du logi­ciel sur abon­ne­ment c’est une chose, pour du maté­riel qu’on achète et qui n’a aucune raison de s’ar­rê­ter de fonc­tion­ner, c’est encore plus diffi­cile à conce­voir.

Inter­net of things qu’ils disaient. Nous ne contrô­lons plus rien, nous ne déte­nons plus rien. Une société privée peut à tout moment déci­der que notre maté­riel, chez nous, arrê­tera de fonc­tion­ner, simple­ment parce que ce n’est plus rentable pour elle. Peut-être même simple­ment pour promou­voir ou se concen­trer sur une nouvelle version en vente.

À l’heure où on parle d’ob­so­les­cence program­mée, de garan­tie de dispo­ni­bi­lité de pièces déta­chées, il serait temps d’im­po­ser par la loi une péren­nité mini­mum, ou au moins que le vendeur affiche très expli­ci­te­ment le temps de fonc­tion­ne­ment garanti.


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