J’ac­cepte d’être iden­ti­fiable, pas d’être iden­ti­fié


Fina­le­ment, pourquoi n’ai-je pas envie d’être iden­ti­fié ?

Ma réflexion à propos de la vie privée et de mon iden­tité en ligne m’amène à prendre comme ligne direc­trice par défaut la distinc­tion suivante :

J’ac­cepte d’être iden­ti­fiable, pas d’être iden­ti­fié.

Comme une prome­nade dans mon quar­tier

Je suis iden­ti­fiable. Mes voisins me recon­naissent si je m’ar­rête discu­ter. Mes amis proches pour­ront me recon­naître du trot­toir d’en face. Quelqu’un pourra prendre une photo et la compa­rer avec une base de données pour véri­fier si je suis bien qui il pense. Un offi­cier de police peut contrô­ler mon iden­tité s’il a de bonnes raisons pour soupçon­ner un problème

Mais je ne suis pas iden­ti­fié. Ma boulan­gère me recon­naît mais ne me connaît pas, ou juste par le nom que je lui ai moi-même donné quand j’ai récu­péré ma dernière commande. Certains voisins me connaissent comme « le voisin du premier » mais fina­le­ment seraient bien inca­pables de donner mon nom. Un tiers dans la rue n’a pas accès à mon iden­tité et n’a aucune raison d’y avoir accès, offi­cier de police compris.

J’ai plusieurs iden­ti­tés

Même quand mon iden­tité est connue, c’est *une* iden­tité qui est connue. Chaque sphère connait fina­le­ment une partie de moi diffé­rente, liée au contexte et au besoin. Les plus proches finissent forcé­ment par connaitre une grande partie de moi, d’au­tant que je ne cache rien, et cela inclut forcé­ment l’état civil, mais je n’ai pas que des amis très proches dans la vie. Je discute de façon suivi avec plus d’une centaine de personnes, dont un nombre non négli­geable que je peux quali­fier de connais­sances sérieuses ou d’amis, mais tous ne sont pas dans le cercle des 5 à 10 amis très proches.

Je peux enga­ger la conver­sa­tion dans un bar, seuls mon atti­tude et mes dires seront pris en compte, pas qui je suis, qui est mon père ou ma mère, ou qui j’ai pu être ailleurs dans la société. Tout au plus on me deman­dera mon prénom, mais que je leur réponde Pierre, Paul ou Jacques ne chan­gera rien tant que je répon­drai quand on me désigne.

Pourquoi en serait-il diffé­rem­ment en ligne ?

Google+ m’im­pose de rensei­gner mon nom complet, civil : Je suis iden­ti­fié, par prin­cipe, et cette iden­tité est unique. Pire, elle est publique.

Pourquoi ai-je besoin de me prome­ner avec ma carte d’iden­tité sur le front si tout ce que je souhaite est de parti­ci­per à une discus­sion ? Quelle est la valeur ajou­tée pour moi ? pour mon inter­lo­cu­teur ?

Pourquoi faudrait-il accep­ter en ligne un compor­te­ment qu’on n’ac­cep­te­rait jamais hors ligne ?


6 réponses à “J’ac­cepte d’être iden­ti­fiable, pas d’être iden­ti­fié”

  1. « Pourquoi faudrait-il accepter en ligne un comportement qu’on n’accepterait jamais hors ligne ? »

    Pourquoi faudrait-il accepter d’utiliser Google+ ?

  2. Bonjour,

    Je n’ai pas la même perception que toi.
    Je me suis toujours ressentie comme étant Monique Brunel… cela remonte à un souvenir de mon enfance quand je déclarais que je ne marierais jamais parce que je voulais garder mon nom ! (conventions de l’époque où une femme perdait son nom en se mariant)
    Quand j’ai débarqué sur Internet, c’est sous mon nom (Usenet d’abord puis forums, blogs…). Et si j’ai choisi webatou pour Twitter par exemple, c’est pour le nombre de caractères… mais c’est le nom de mon blog associé à mon nom.

    Il est évident que selon le contexte (en ligne ou IRL) je ne suis pas connue de la même façon, mais ce sont juste des facettes différentes, pas des identités différentes.

    En résumé, mon nom et moi sommes indissociables… que ce soit en ligne ou hors ligne.

    Amicalement,
    Monique

  3. Mon propos n’est pas d’empêcher, interdire ou dissuader les gens d’utiliser leur identité légale. Je le fais d’ailleurs probablement plus que la moyenne.

    Le propos c’est de permettre à ceux qui ne le peuvent ou ne le veulent, de faire autrement. Si tu préfères rester à ton nom, rien ne t’y empêche, mais as tu un intérêt à forcer les autres à faire de même ? c’est là ma question

  4. Loin de moi l’idée de forcer qui que ce soit à quoique ce soit… si je t’ai donné cette impression c’est que je me suis mal exprimée, et je le regrette.
    Je n’ai d’ailleurs pas dit que je n’étais pas d’accord avec toi, juste que je n’ai pas la même perception… et j’ai tenté d’expliquer pourquoi :-)

    PS et HS : j’adore la police Georgia !

  5. J’aimerai l’idée d’un nom par cercle. Ainsi je peut être désigné par un nom et un prénom, juste un prénom ou un pseudo suivant les gens avec qui je discute.

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