Catégorie : Recherche

  • [Commen­taire] Des cher­cheurs ont vu […] la DGSI, qui ont embarqué leurs ordi­na­teurs

    Afin de proté­ger les cher­cheur.e.s qui seraient amené.e.s à consul­ter ces sites [faisant l’apo­lo­gie du terro­risme] pour mener à bien leurs recherches, je vous demande de bien vouloir nous trans­mettre [les] noms et coor­don­nées [des cher­cheurs] qui travaillent ou envi­sagent de travailler en consul­tant ces sites.

    […] Cette infor­ma­tion est hélas néces­saire afin de pouvoir prou­ver qu’un programme de recherche était bien en cours sur ces ques­tions dans votre unité. Il s’agit d’une mesure préven­tive qui nous permet­trait, le cas échéant, de défendre les collègues

    Certains ont cru que l’in­for­ma­tion était là. C’est le symp­tôme d’une crainte, mais la vraie infor­ma­tion elle suit dans l’ar­ticle :

    Des cher­cheurs ont vu débarquer chez eux ou dans leurs labo­ra­toires les services de la DGSI, qui ont embarqué leurs ordi­na­teurs, juste­ment dans ce domaine.

    — Patrice Bour­de­lais, direc­teur de l’INSHS, Fran­ceinfo

    Mesure préven­tive ? vrai­ment ? peut-être pas tant que ça, et là ce n’est plus une crainte mais un vrai problème.

    Je n’ose imagi­ner un système telle­ment défaillant que les services de rensei­gne­ments ignorent qu’ils s’adressent à des cher­cheurs spécia­li­sés sur le sujet. Ils savent, et donc ce qui les inté­resse ce sont les données, les recherches, pas le risque de terro­risme de la part du cher­cheur.

    C’est un problème pour les cher­cheurs aujourd’­hui, mais aussi pour le futur. Je souhaite bien du courage aux cher­cheurs pour ne pas se faire fermer toutes les portes si leurs données peuvent à tout moment être saisies.

    On peut se dire qu’ils méritent la même protec­tion que les jour­na­listes mais c’est se trom­per de combat.

    Le problème est en amont. Tout le monde mérite d’avoir le droit de s’in­for­mer ou d’in­for­mer les autres, sans forcé­ment avoir une étiquette ou un métier parti­cu­lier.

    Ce sont nos liber­tés fonda­men­tales qu’on remet en cause. Lais­ser faire est d’une négli­gence grave. Le trai­ter comme un problème parti­cu­lier de cher­cheurs ou de jour­na­listes, c’est une erreur grave qu’on risque de regret­ter.

  • Éditeurs, arrê­tez de prendre en otage la connais­sance ! (1e cati­li­naire)

    j’ai mis au programme une dizaine de livres – tous publiés après 2011 ! – et la quasi-tota­lité d’entre eux est introu­vable […] indis­po­nibles chez le four­nis­seur – en six mois, impos­sible de les avoir […]

    Les maisons d’édi­tion ne distri­buent pas, même pas dans la forme la plus simple : rendre le livre dispo­nible sur une plate­forme de vente en ligne (voire même sur leur propre site). Et la plupart ne propose pas de version numé­rique.

    […]

    Il faut d’abord souli­gner que ces livres sont très souvent le fruit de recherches payées par l’uni­ver­sité, qui ensuite – direc­te­ment (biblio­thèques) ou indi­rec­te­ment (étudiants, profes­seurs) – les rachète. L’au­teur n’est pas payé par la maison d’édi­tion, mais par son employeur : l’uni­ver­sité. De plus, la plupart du temps, l’édi­teur est payé pour son travail – par les finan­ce­ments publics concer­nant les publi­ca­tions savantes.

    […]

    La réponse est simple : pourquoi se soucier de diffu­ser un livre lorsque l’on est déjà payé ? […] Pourquoi perdre du temps et risquer de l’argent pour distri­buer ? […]

    En bref, nous payons les maisons d’édi­tion avec de l’argent public pour prendre en otage la connais­sance que nous produi­sons avec des fonds publics.

    — via The conver­sa­tion

    Juste­ment à l’heure où le SNE essaye de convaincre qu’ou­vrir les publi­ca­tions scien­ti­fiques ou ne pas avoir une période d’ex­clu­si­vité longue risque­rait de casser l’édi­tion scien­ti­fique, qui fonc­tion­ne­rait parfai­te­ment.

    Certes, aujourd’­hui on se demande pourquoi lais­ser aux éditeurs ce privi­lège : les correc­tions et la mise en forme peuvent être faites au sein de l’uni­ver­sité – les maisons d’édi­tion demandent d’ailleurs déjà en partie l’aide non payée des univer­si­taires pour l’éva­lua­tion des manus­crits – et la diffu­sion peut se faire pratique­ment gratui­te­ment sur le web. Pourquoi alors paye-t-on les éditeurs ? Cela aurait du sens si le travail de diffu­sion était excel­lem­ment fait et que les conte­nus deve­naient véri­ta­ble­ment visibles et acces­sibles. Mais c’est dans les faits tout le contraire.