Ce que peut être le droit d’auteur

J’ai eu des discussions un peu libres ce soir à propos de droit d’auteur.

Je n’ai jamais caché avoir une vision très minimaliste du droit d’auteur. Je ne suis clairement pas certain de savoir dessiner un système fonctionnel. Plus exactement, je suis même certain de ne pas savoir. Le système actuel ne l’est déjà pas non plus, cependant.

Si j’essaie d’ordonner mes idées : Je suis d’abord très gêné par le système de monopole actuel du droit d’auteur, mais surtout par sa durée. J’avais déjà parlé de comment Bob, mon arrière-arrière-arrière-petit-fils, profitera encore des droits d’auteur des livres que j’ai écrit avant que ce monopole ne tombe.

Le monopole est là pour permettre aux auteurs de vivre de leur création. L’objectif est noble mais je n’en fais pas le centre de ma réfléxion. Ce modèle de monopole patrimonial est un modèle industriel. Il est tout à fait en phase avec notre société moderne, centrée sur le commerce et le contrôle du capital. Ce n’est cependant pas le seul modèle viable. Il y avait de l’art, y compris abondant, avant ce modèle basé sur le monopole des œuvres.

Ok Éric, mais au final ?

Disclaimer : Je partage les pensées de l’instant. Ça n’a rien d’un plan, et ça peut changer du tout au tout dès demain.

Je ne suis pas contre un monopole, mais à durée extrêmement courte, et à périmètre très restreint. On parle en mois, probablement pas plus d’une année. Le reste ça sera du financement participatif préalable, du mécénat, des montages spécifiques comme on peut en avoir sur de l’open source logiciel aujourd’hui, ou juste de la création non professionnelle.

Oui, ça veut dire moins de créateurs qui vivent de leur création, au moins au sens où on le voit aujourd’hui. Ça sera potentiellement moins un métier, et pas un qui rend riche.

L’art ne disparaitra pas pour autant. Il aura juste une autre forme. Si ce n’est pas un objectif en soi, un monde sans l’industrie culturelle, sans le contrôle de la connaissance, ça ne me semble pas si indésirable.