J’ai sauté dans le vide, par sécurité

Bon, c’est parti. Il y a eu plein de faux départs mais là ça a été entendu et acté. J’hésite entre dire « enfin » et « merde, j’ai fait une connerie ».

Je ne vais vraiment pas bien depuis un moment, je ne le vis pas bien.

Parfois c’est difficile de sortir des causes individuelles. J’ai identifié des choses, pas toutes exposables ici, je préfère en parler en privé si vous le souhaitez, mais il y a un gros facteur d’isolement dû au télétravail. Si ce n’est pas forcément une cause racine, c’est très probablement au moins un facteur démultiplicateur ou quelque chose qui me pèse assez pour m’empêcher de remonter.

J’ai dû me résoudre à quitter la boîte où je suis et chercher un poste avec des collègues à côté, physiquement dans le même bureau. J’espère que ça va me permettre de repartir. C’est l’objectif.

J’ai privilégié la sécurité de ma santé sur les opportunités de carrière. Dit comme ça ça parait très sage mais je crois que c’est une des décisions professionnelles les plus difficiles que j’ai eu à prendre. Je quitte le télétravail, son confort et ses facilités, mais aussi une société que j’ai rejoint aussi pour sa mission, des collègues que j’apprécie, des opportunités gigantesques qui sont en train de se réaliser pour l’entreprise, quelque part une situation qui est peut-être moins grave qu’il y a quatre mois (ou pas) quand j’ai enclenché tout ça ou qui pourrait encore s’améliorer (ou pas).

Je ne sais toujours pas si j’ai bien fait. J’ai encore l’impression de faire une connerie que je vais regretter longtemps. Le fond c’est que malgré les portes ouvertes de mes employeurs, je n’arrive pas à me projeter dans une proposition d’organisation que je sente à même de changer la donne durablement.

Je vais embrayer sur un poste d’engineering manager sur une entreprise bien plus importante, équipe plus petite, rôle probablement beaucoup plus limité. Je stresse de me dire que ça va justement être trop limité, que je vais m’ennuyer, me frustrer, me boucher des opportunités et avoir du mal à retrouver quelque chose d’aussi bien que j’avais aujourd’hui.

Je ne sais pas, je ne suis pas en assez bonne position pour avoir les idées claires sur tout cela. Je ne sais pas si je saborde sans raison tout ce qui m’arrive de bien ou si je suis sage de privilégier la santé.

Quoi qu’il en soit ce n’est pas simple, et je ne le vis pas bien non plus. J’ai fait ma première crise de panique depuis longtemps. Amis, je risque d’avoir besoin de vous et de votre soutien.


Bien évidemment tout ceci est privé, confidentiel, tout ce que vous voulez. Je vous remercie d’y faire attention.

Vos commentaires sont évidemment les bienvenus en privé, tant que vous évitez de me dire simplement ce que vous croyez que j’ai envie d’entendre ou ce dont vous croyez que j’ai besoin. Même si je risque de m’écraser au sol, je préfère le savoir, si ça se trouve je peux trouver des parachutes et vous ne le savez pas.

Prenez soin de vous.