Il ne faut pas essayer. Il faut faire.

Je l’entends encore et ça me fatigue à chaque fois.

Il y a du sens, quand on parle d’une action à réaliser, là où « je vais essayer » revient à dire « je remets à plus tard » et où « je fais » revient à dire « je m’en occupe maintenant et tu peux compter dessus« .

C’est depuis devenu un mantra de management. Il ne faut pas essayer, il faut faire.

Malheureusement, en dehors du contexte initial, quand on parle de résultats à atteindre, ça sert surtout à rassurer le manager, au détriment de la reconnaissance du travail du collaborateur et de la relation de confiance.

On met d’un coup des œillères pour ne pas voir l’incertitude ou le risque.

On dit au collaborateur que son effort ne compte pas. On lui laisse entendre que l’absence de résultat sera un échec. On le place lui-même dans une situation de stress et de sentiment d’injustice.

La seconde fois on l’incite à ne plus proposer, faute de se retrouver engagé malgré lui à un résultat qu’il ne peut assurer.

La troisième fois on l’incite à ne plus croire aux engagements et aux objectifs qu’on lui communiquera, faute de savoir quelle crédibilité et quelle confiance il peut y apporter.

Tout ça pour rassurer le manager qui pourra repartir de la discussion en croyant avoir renforcé la motivation de son interlocuteur…