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Verba­lisé (parce que)

Préam­bule : J’in­clus dans cet inven­taire des PV arbi­traires ou abusifs, mora­le­ment ou léga­le­ment. Au delà de la subjec­ti­vité dans l’ap­pré­cia­tion, ce n’est qu’une collec­tion de liens publics, qui ne se veut même pas exhaus­tive. Je me contente d’évi­ter ce qui me parait contes­table ou liti­gieux. Mes critères de base sont soit une cita­tion dans la presse de métier, soit un message en ligne public par un témoin direct en son nom propre et via une iden­tité établie (donc pas de propos rappor­tés, pas de comptes de réseaux sociaux créés il y a deux semaines ou sans inter­ac­tions person­nelles solides).

Pour autant, cela ne consti­tue pas un travail de jour­na­liste et ne doit pas être consi­déré comme tel. Entre autres, je ne contacte pas les personnes concer­nées ou les auto­ri­tés, et ne recherche pas d’éven­tuels témoins. Vous êtes donc invi­tés à garder votre esprit critique et faire vous-même les véri­fi­ca­tions si vous les jugez impor­tantes.

Vous êtes plus que les bien­ve­nus à m’ai­der en me propo­sant d’autres liens à inclure (nouveaux témoi­gnages publics, confir­ma­tions ou correc­tifs par des jour­na­listes, etc.).

Comme je vois des gens qui me citent avec un message poli­tique que je ne soutiens pas forcé­ment : J’ai forcé­ment des opinions sur tout ça, je m’au­to­rise des commen­taires d’hu­meur, mais ne me prêtez aucune inten­tion ni aucun message poli­tique que je n’au­rais moi-même expli­ci­te­ment exprimé. En parti­cu­lier, cet inven­taire n’est *pas* un appel à mettre fin au confi­ne­ment, à lutter contre la police, à braver les règles, ou à quoi que ce soit d’autre (ni tout ça ni l’op­posé de tout ça).


Le droit de faire les courses, mais pas d’y inclure des paquets de gâteaux

Même si votre dépla­ce­ment est motivé, on risque de fouiller vos courses pour déter­mi­ner ce qui semble perti­nent ou pas comme achat de nour­ri­tu­re…

Préci­sions :

Le coca-cola non plus

Non, le chariot ne contient pas que du coca-cola.

Les serviettes hygié­niques non plus

Je n’ai pas l’in­for­ma­tion, mais on parie combien que le poli­cier était un homme qui aurait consi­déré le savon ou le gel hydro­al­coo­lique comme de néces­sité ?

La baguette ok, mais unique­ment par deux

A Sanary-sur-Mer, comme le racon­tait notre corres­pon­dante dans le Var, c’est deux baguettes sinon… un PV. Le maire a en effet pris un arrêté obli­geant ses conci­toyens à restreindre leurs dépla­ce­ments chez le boulan­ger. «  Toute personne sortant d’une boulan­ge­rie avec une seule baguette sera verba­li­sée », préve­nait [le maire] Ferdi­nand Bern­hard.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Bon, en fait non, pas la boulan­ge­rie

Elle est ouverte, mais il ne faut pas y aller

A Parmain (Val-d’Oise), un habi­tant pour­tant muni de son attes­ta­tion a juste­ment pris une amende alors qu’il se rendait à la boulan­ge­rie, comme il le rappor­tait au Pari­sien. « J’avais coché la deuxième case du formu­laire : dépla­ce­ment pour effec­tuer des achats », préci­sait Jean-François, auquel un gendarme aurait rétorqué qu’il ne s’agis­sait pas d’un motif d’ur­gence, dres­sant un PV que Jean-François entend bien contes­ter.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020 ; aussi raconté le 22 mars dans « Confi­ne­ment : un habi­tant du Val-d’Oise verba­lisé après être allé ache­ter une baguette de pain »

Et gardez bien le ticket de caisse

Parce qu’é­vi­dem­ment si on revient sur le trajet du super­mar­ché le coffre plein de courses et une auto-attes­ta­tion qui dit « je suis parti faire les courses », ça ne prouve rien.

A Fresnes-sur-Marne (Seine-et-Marne), Pierre a été verba­lisé vendredi en rentrant de Lidl, où il venait de faire ses courses. C’est sa mère qui raconte pour lui. Pierre est handi­capé mental. « Asper­ger, précise Michelle, sa maman. Il a des capa­ci­tés pour certaines choses, pas pour d’autres. Excu­sez-moi de le dire, mais ça se voit… » Les gendarmes de la brigade locale ne l’au­raient pas vu. « En poste sur un rond-point, ils lui ont demandé son motif de dépla­ce­ment. Cons­ta­tant les provi­sions dans le coffre, ils ont alors exigé le ticket de caisse, que dans l’af­fo­le­ment mon fils n’a pas été capable de produi­re… » Là encore : 135 € pour Pierre ainsi que pour son amie.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Et pas dans la ville à côté

Le drive, c’est trois jours d’at­tente pour la commande et il y a beau­coup de produits manquants. Et je ne voulais pas non plus m’en­gouf­frer au Leclerc, que je savais encore bondé. J’ai donc estimé plus prudent de me rendre à l’In­ter­mar­ché de Kerfi­chant, à Lorient, que je sais plus calme et où j’ai égale­ment mes habi­tudes […]

Ses courses termi­nées, Cyrille Le Meur a repris la voiture en direc­tion de son domi­cile. Au niveau de la gare, il tombe sur un contrôle de police. « À la vue de ma domi­ci­lia­tion, les poli­ciers lorien­tais m’ont dressé une contra­ven­tion de 135 €

Le télé­gramme, « Une amende de 135 € pour avoir fait ses courses à Lorient plutôt qu’à Lanes­ter », 26 mars 2020

À ceux qui se demandent, la distance entre les deux super­mar­chés est de moins de 5 km d’après Google Maps ; la gare est à la moitié du chemin, donc 2,5 km. C’est litté­ra­le­ment « de l’autre côté du pont ». Visi­ble­ment à Lorient c’est « pas d’étran­gers chez nous ».

Pas plus d’un kilo­mètre en fait

J’ha­bite à Plou­gas­tel Daou­las, je mets exac­te­ment 4 min en voiture pour aller à Picard de chez moi (4km). Je ne croise personne. Je tombe sur un contrôle de police à la sortie du pont de Plou­gas­tel. Je ne m’inquiète pas. Je suis en règle.

Et là … je prends une contra­ven­tion ! Mais pourquoi ?

Le poli­cier me dit que je ne suis pas à 1 km de chez moi. Mais j’avais lu que cela concer­nait que les prome­neurs de chien et les joggeurs ! Pas les courses. Je n’ai rien à 1km de chez moi à part la boulan­ge­rie et le tabac et j’ima­gine que nous sommes beau­coup dans cette situa­tion d’ailleurs.
Et j’ai véri­fié partout sur le net et je n’ai vu nulle part que cette nouvelle règle concer­nait les courses. Puis bon je n’ai pas fait 20 bornes non plus quoi.

« Attes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire et abus de pouvoir….l’in­hu­ma­nité pointe son nez », 25 mars 2020

J’ai véri­fié. Le premier commerce alimen­taire de proxi­mité est à pile 950 mètres de chez moi. Je l’ai échappé belle… (et non, les décrets ne précisent de distance que pour l’exer­cice physique).

Et pas à vélo s’il vous plait

C’est vrai quoi, on ne va pas lais­ser ces trucs d’écolo-gauchistes s’ins­tal­ler.

Défi­ni­ti­ve­ment, pas de vélo, même utili­taire

Le vélo c’est mal, la voiture c’est telle­ment moins risqué… ou pas. On a une logique pro-voiture dans notre société que j’ai toujours du mal à comprendre. Ce n’est perti­nent ni écolo­gique­ment, ni écono­mique­ment, ni même d’un point de vue sani­tai­re…

Et atten­tion à l’heure

Il y a d’ailleurs un vrai sujet entre les injonc­tions données dans les discours, celles écrites sur le site du minis­tère de l’in­té­rieur, et ce qu’il y a dans les décrets. Problème : Les poli­ciers vont se baser sur ce qu’ils entendent et inter­prètent, pas sur les décrets.

Et lais­sez les bébés dans la voiture

Je reste sans voix…


On a dit pas d’hy­giène

C’est telle­ment surfait quand on parle de lutter contre la mala­die. Le fait que la lave­rie soit un des cas expli­ci­te­ment auto­ri­sés par le site du minis­tère de l’in­té­rieur n’y change rien.

Un tren­te­naire de Pontivy (Morbi­han) s’est fait verba­li­ser devant une lave­rie, malgré son attes­ta­tion de dépla­ce­ment. Il n’a pas de lave-linge chez lui et laver ses vête­ments est une néces­sité profes­sion­nelle : il est agent d’en­tre­tien. Il a inter­pellé la préfec­ture du Morbi­han et le gouver­ne­ment.

[…] J’avais une attes­ta­tion de sortie sur moi. Je l’ai montrée aux gendarmes, je leur ai expliqué ma situa­tion : je n’ai pas de machine à laver chez moi, je vis dans un petit loge­ment de 20 m2. Comment font les gens qui ont ni les moyens d’avoir un lave-linge ni la place chez eux pour en avoir un ?

[…] Je travaille dans le nettoyage, je dois donc laver mes vête­ments très régu­liè­re­ment. Mon métier exige une bonne hygiène person­nelle, encore plus avec le coro­na­vi­rus : je nettoie des bureaux occu­pés par des personnes qui évidem­ment ne souhaitent pas être en contact avec le virus inuti­le­ment. Vu le contexte actuel, la bonne hygiène semble vrai­ment essen­tielle. Je ne comprends pas que l’on puisse me donner une contra­ven­tion…

« Sans machine à laver chez lui, il est verba­lisé en allant à la lave­rie à Pontivy », 25 mars 2020

Le test de gros­sesse ce n’est pas essen­tiel

À ranger dans la même case « moi je n’en ai pas besoin donc ça doit être inutile »…

Les cour­riers admi­nis­tra­tifs urgents peuvent attendre

Même si on fait pour­tant venir les postiers pour ça

Le coup de colère du jour nous vient des bords du lac d’An­necy, d’un habi­tant de Veyrier-du-Lac verba­lisé par la gendar­me­rie, samedi 21 mars au matin, sur le retour du bureau de poste où il était allé dépo­ser des cour­riers urgents, attes­ta­tion en poche.

[…] « J’ai été contrôlé devant la mairie par un jeune gendarme qui ne connais­sait pas Veyrier, j’ai présenté mon attes­ta­tion et je lui ai dit que j’ha­bi­tais à 700 mètres mais il n’a pas voulu me croire […] Il m’a dit que j’étais à plus de 500 mètres

« Je vais produire les copies des cour­riers que j’ai envoyés pour le compte de deux familles, adres­sées à la Caisse d’al­lo­ca­tions fami­liales (CAF), des lettres urgentes décou­lant d’une erreur commise par l’or­ga­nisme. Je n’ai pas grand espoir mais je veux prou­ver ma bonne foi et qui sait… »

Le Dauphiné, « Haute-Savoie : verba­lisé à 700 mètres de chez lui après avoir posté des cour­riers urgents », le 24 mars 2020

Le droit à l’exer­cice physique mais unique­ment si on court

Parce que ça change tout (ou pas) à la conta­gion, au fait de se dégour­dir les jambes quand on habite dans un petit studio. Les mauvaises langues diront que la même chose dans les beaux quar­tiers plutôt qu’à Ménil­mon­tant aurait proba­ble­ment mené à une autre issue.

Et on ne court pas en jean !

Repris par David Dufresne dans son signa­le­ment 904.

Et pas de pause hein…

Parce que même à 78 ans, l’exer­cice, pour­tant indis­pen­sable, doit se faire d’une traite. On ne sait jamais.

Aller, sur demande des pompiers, récu­pé­rer quelqu’un ayant eu un acci­dent n’est pas un motif valable

Qu’elle rentre à pied après son acci­dent ! (et en courant, parce que sinon ils alignent aussi, mais moins de 1 km parce que sinon…)

Ce jeudi encore, il était aux alen­tours de 14 heures lorsque, circu­lant sur l’au­to­route A86 à hauteur d’Al­fort­ville (Val-de-Marne), Lena, 19 ans, percute un autre véhi­cule. Le sien est réduit à l’état d’épave. Elle n’est que légè­re­ment bles­sée. « Les pompiers m’ont dit d’ap­pe­ler un proche pour qu’il vienne me cher­cher, raconte la jeune femme. J’ai télé­phoné à mon copain, qui est venu avec son frère. »
Les deux jeunes prennent soin de se munir au préa­lable de leur attes­ta­tion. Pas suffi­sant aux yeux des poli­ciers, qui sont arri­vés entre-temps sur le lieu de l’ac­ci­dent. « Les CRS leur ont demandé ce qu’ils faisaient là. Leurs expli­ca­tions n’ont pas suffi. Ils ont écopé chacun de 135 € », soupire Lena, dépi­tée. Elle-même rentrait de son travail. Léna est hôtesse de caisse dans un super­mar­ché Leclerc.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Gérer les animaux, mais pas donner à boire aux chevaux

Au Pouli­guen (Côtes-d’Ar­mor), une adoles­cente de 16 ans a été verba­li­sée jeudi alors qu’elle trans­por­tait, selon sa mère, plusieurs bidons d’eau pour abreu­ver ses chevaux, situés à 500 m de chez elle. « Les fonc­tion­naires, dans une voiture bleue, lui ont expliqué que ce n’était pas vital », a dénoncé la maman dans Ouest-France, avant que les poli­ciers de La Baule démentent ce mardi soir toute verba­li­sa­tion. « Qui, alors, l’a verba­lisé ? » inter­ro­geait en retour le quoti­dien.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Au pire on vous donnera un motif d’al­ler à l’hô­pi­tal

il est dans les envi­rons de 16 h lorsqu’elle sort faire des courses près de son domi­cile à Auber­vil­liers (Seine-Saint-Denis). […] Sur le chemin du retour, alors qu’elle ne se trouve plus qu’à quelques mètres de chez elle, une patrouille de police décide de contrô­ler son attes­ta­tion de déro­ga­tion de sortie, dans le cadre du confi­ne­ment lié à la propa­ga­tion du coro­na­vi­rus Covid-19.

A la suite de ce contrôle musclé, la jeune femme se voit pres­crire cinq jours d’in­ca­pa­cité tempo­raire totale (ITT).

« Coro­na­vi­rus en Seine-Saint-Denis. Elle est tasée et frap­pée pour ne pas avoir montré son attes­ta­tion », 24 mars 2020

Reve­nir avec les courses c’est sortir pour un bon motif. Tout ce qu’on peut repro­cher c’est un défaut de papier. Même s’il y avait alter­ca­tion, cinq jours d’ITT est-ce bien raison­nable comme propor­tion pour une sortie moti­vée mais poten­tiel­le­ment un défaut admi­nis­tra­tif ?

Oh, c’est la Seine Saint Denis, elle est noire et voilée. Oui je le précise parce que c’est loin d’être neutre dans les expli­ca­tions possibles.

Non, on ne rigole pas

Même durée mais il ne s’agit pas du même cas qu’au-dessus. Je n’ai mis que ces deux là car les autres vidéos soit ne sont pas datables faci­le­ment soit on ne sait pas si ça parle d’at­tes­ta­tion de sortie, mais il y a d’autres cas qui tournent

Vrai­ment… c’est dange­reux

Ne cour­rez pas (enfin si, mais pas ici)

Besoin d’en parler : je viens d’être témoin de ma première violence poli­cière (gendar­mière en fait) et ça fait vrai­ment bizar­re… 🥺

Un groupe de gendarmes contrô­laient les gens qui marchaient dans ma rue sous mon balcon, tout se passait « norma­le­ment ».

Plus grand monde dans la rue, ils repartent dans le four­gon, font 50 m et sortent le méga­phone pour crier à un type qui marchait dans l’autre sens sur le trot­toir opposé : « gendar­me­rie natio­nale, arré­tez-vous, présen­tez votre attes­ta­tion ».

Le gars hésite un instant, hausse les épaules et se mets à marcher plus vite. 5 gendarmes sortent du four­gon en courant, il se mets alors à courir, mais pas très vite.

L’un deux arrive vite à son niveau et le projette très violem­ment contre la vitre d’un restau­rant, à tel point que la vitre se casse. Le gars est par terre, ne bouge pas, ne se débat pas, ils se jettent sur lui à 4 avec une grande violence pour le mettre face contre terre. (Objec­ti­ve­ment, je crois que c’est cette partie qui m’a le plus choqué car certains gestes me parais­saient vrai­ment gratuits, pire qu’au cinéma et le gars avait vrai­ment l’air « normal » et ne protes­tait pas, ne se débat­tait pas.)

Il ne bouge plus, il est blessé, il leur dit dit qu’il n’avait juste pas d’at­tes­ta­tion et pas envie de payer 135€. Ils s’éloignent de lui, appelent le samu qui après l’avoir examiné sors le bran­card, lui mets une minerve, lui déchire le jean pour lui mettre bandages et immo­bi­li­sa­tion aux jambes.

Et en route pour l’hô­pi­tal sur un bran­card. Voilà.

Au-delà de la dispro­por­tion de la violence de l’ar­res­ta­tion qui m’a enfin fait voir ce qu’on a entendu dans les mani­fes­ta­tions de ces deux dernières années, je suis choqué de voir qu’une ambu­lance et des services hospi­ta­liers soient mobi­li­sés pour ça en ce moment…
Et la vitre du restau­rant va coûter plus que 135€.

Cyril R., message Face­book du 22 mars 2020

L’im­por­tant c’est le papier

Parce qu’on n’est pas la France pour rien. Que le motif soit bon, s’il n’y a qu’un seul papier le prou­vant sans ambi­guité et pas en plus une auto-attes­ta­tion, mieux vaut mettre 2x 135€. D’au­tant plus aux soignants qui se déplacent vu les condi­tions d’exer­cice en ce moment…

En colère, Chris­tophe Blon­del, secré­taire du syndi­cat CGT au sein du centre hospi­ta­lier Béthune-Beuvry : «  Deux collègues ont été verba­li­sés ce matin. Une patrouille de police les a contrô­lés. Ils avaient leur justi­fi­ca­tif de dépla­ce­ment profes­sion­nel, mais avaient oublié de remplir l’at­tes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire ! C’est ridi­cule ! Ils avaient leur justi­fi­ca­tif d’em­ployeur pour la santé ! » L’in­fir­mière et le person­nel soignant ont donc reçu une amende de 135 euros.

L’ave­nir de l’Ar­tois, « Béthune : deux person­nels soignants verba­li­sés pour leur attes­ta­tion de dépla­ce­ment », 19 mars 2020

Et ce n’est pas une excep­tion, il y a d’autres témoi­gnages simi­laires.

Et imprimé s’il vous plaît

Et l’at­tes­ta­tion pour aller au taxi­phone alors ? On ne me reti­rera pas faci­le­ment de l’es­prit que cette situa­tion n’au­rait jamais eu lieu dans un beau quar­tier (d’au­tant que les taxi­phones n’y sont pas légion).

Faut dire qu’à la main il ne faut rien oublier

Ce qui est non seule­ment idiot, inutile, mais aussi contraire aux instruc­tions offi­cielles qui disent qu’on peut se conten­ter de la ligne utile.


Bon, ça dépend évidem­ment de qui vous êtes

On le voyait déjà venir les premiers jours. Quand les mêmes jour­naux montraient des quais de Seine intra-muros en prome­nade tranquille mais annonçaient en même temps fière­ment que 10% des amendes venaient de Seine Saint Denis, on voyait bien que la réac­tion des forces de l’ordre n’était pas la même partout.

Plus il y a d’ar­bi­traire, plus les biais habi­tuels tendent à ressor­tir.


Des faux ? Pas impos­sible, mais n’en faisons pas un présup­posé

Il n’est pas impos­sible qu’une partie des témoi­gnages soient montés de toute pièce. J’écarte toute­fois déjà les on-dit et les comptes qui semblent trop frais ou trop anonymes, et pour certain on a même des vidéos.

Il n’est pas non plus impos­sible qu’une partie de ces gens aient été de vraies victimes d’ar­naques par de faux poli­ciers ou faux gendarmes. Pour certains on voit toute­fois des uniformes ou des voitures de fonc­tion dans la vidéo, pour d’autres ça trans­pa­raît dans le témoi­gnage. Atten­tion donc à ne pas y voir une expli­ca­tion trop facile.

Dans tous les cas, ne payez rien sur place et atten­dez l’amende offi­cielle par cour­rier, à payer par des biais offi­ciels (ou à contes­ter le cas échéant).


À propos de l’es­pace de commen­taires qui suit : N’hé­si­tez pas à me donner des liens publics pour que je les intègre. Mes critères sont expli­ci­tés en préam­bule et je ne publie­rai donc pas les témoi­gnages rédi­gés direc­te­ment en commen­taire ici. Si vous jugez votre témoi­gnage essen­tiel au débat public, publiez les quelque part pour m’en donner le lien ou contac­tez un jour­na­liste profes­sion­nel qui saura respec­ter votre anony­mat.

De même, cette page a été citée par David Dufresne et, forcé­ment, les trolls viennent. J’ai le privi­lège d’un espace person­nel. Comme d’ha­bi­tude ici, je ne publie donc que les commen­taires qui me semblent avoir un inté­rêt pour mes lecteurs. Si je ne publie pas vos opinions ou remarques, vous avez la liberté de les publier ailleurs.

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Protégé : Quand on se jette à l’eau, et que la marée descend

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Peut-on arrê­ter de se battre ?

On est en train de tout chan­ger, radi­ca­le­ment, de façon abrupte, de façon rare­ment vue dans notre monde occi­den­tal moderne.

Bien entendu qu’il y a et aura de la résis­tance, des expli­ca­tions à répé­ter et répé­ter, et une prise de conscience qui ne se fera pas dans l’ins­tant. C’est vrai pour tout chan­ge­ment, celui là comme un autre. Encore plus celui là, vu l’im­por­tance du chan­ge­ment et le court délai sans vraie prépa­ra­tion.

Ce n’est pas que (et proba­ble­ment pas majo­ri­tai­re­ment) de la mauvaise foi et des gens qui s’en foutent.

Et si ce sont simple­ment des gens qui n’ont pas le même niveau d’in­for­ma­tion, de prise de conscience ou de compré­hen­sion : insul­ter, moquer et mépri­ser n’ap­por­tera rien sauf se déchi­rer entre nous.

Commen­cer ainsi n’a aucun sens. On ne créera pas de soli­da­rité sur ces bases.

Ça ne veut pas dire lais­ser faire, mais un peu de bien­veillance dans l’ap­proche ne fera pas de mal.


Acces­soi­re­ment, on peut repro­cher aux pari­siens de faire la fête dans les bars le vendredi 13 au soir avant la ferme­ture, mais sans oublier que deux jours avant, le 11 mars, notre président a fait de grandes phrases sur la France qui « [ne renonce pas] aux terrasses, aux salles de concert, aux fêtes de soirs d’été ». On beau savoir que c’était dans le cadre d’un événe­ment commé­mo­ra­tif, quand on sait que quatre jours jours encore avant, le 7 mars, il fait une opéra­tion de commu­ni­ca­tion pour inci­ter les gens à sortir le soir malgré la situa­tion, forcé­ment, ça soli­di­fie la résis­tance.

Bref, plutôt que cher­cher qui est idiot, on pour­rait être un peu plus construc­tif.

Quelque part le gouver­ne­ment, en étalant les paliers sur quelques jours, me semble avoir bien compris la problé­ma­tique du chan­ge­ment.

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« Ils ont été trop lents »

Oh comme c’est facile, après coup, dans notre canapé, à mani­pu­ler de simples cause à consé­quence binaires à un seul para­mètre.

Il aurait aurait fallu tout fermer plus vite ? Peut-être. Ou pas. À fermer trop vite on risque de le faire trop bien et de juste repor­ter le problème à quand on sortira des mesures de confi­ne­ment. C’est typique­ment ce qu’on craint pour la Chine. On risque aussi de le faire trop long­temps, ou juste par précau­tion, et ça aussi ça tue même si c’est moins immé­dia­te­ment visible comme effet.

On a déjà atteint la satu­ra­tion ? Il semble que oui dans certaines zones. Est-ce que c’était évitable ? Peut-être, mais je n’en sais honnê­te­ment rien. Ça ne me parait pas évident au point que l’in­tui­tion soit bonne conseillère et je préfère lais­ser les auto­ri­tés travailler avec ceux qui savent. Il est tout à fait possible que l’enjeu soit de choi­sir le « bon » niveau de satu­ra­tion parce que de toutes façons on en aura un. Il est aussi possible que les confi­ne­ments natio­naux soient préfé­rables à des confi­ne­ments par région et que du coup il soit néces­saire de faire une balance entre ce qu’il se passe entre diverses régions quitte à ce que une commence à satu­rer.

Tel ou tel ponte dit qu’il aurait fallu faire autre­ment ? Possible. D’autres ont pu dire le contraire par le passé. Notez que certains ne se font vocaux publique­ment que main­te­nant. Pour eux aussi c’est plus facile de reve­nir sur le passé que de connaître l’ave­nir. Même eux ne connaissent en géné­ral que leur disci­pline. On ne gère pas qu’une courbe de conta­gion avec un nombre de lits. On gère tout un écosys­tème avec des dizaines ou des centaines de variables avec des impacts et enche­vê­tre­ments complexes, dont des dyna­miques humaines. Le respon­sable de réani­ma­tion dépassé devant la satu­ra­tion n’a pas à gérer les équi­libres entre acti­vité, soins, appro­vi­sion­ne­ments, régions, etc. Faites-lui confiance sur son métier, mais sur le reste il en sait poten­tiel­le­ment autant que tous les autres.

Peut-être que je raconte plein de conne­ries. Proba­ble­ment au moins en partie. C’est d’ailleurs bien le sujet. Toi, moi, et quasi­ment tout le monde, y compris les experts sur tel ou tel sujet, n’avons pas tout sur la table, n’avons pas réflé­chi avec tout un comité inter­dis­ci­pli­naire dédié au sujet, ne savons pas ce qui est faisable et quels sont les risques à part « la satu­ra­tion des hôpi­taux » et « c’est la merde ».

Ça ne veut pas dire qu’il faut s’ar­rê­ter de réflé­chir, de discu­ter, d’échan­ger, de critiquer même — je ne suis pas le dernier pour ça. — Par contre si on pouvait se foca­li­ser sur le présent et le futur plutôt que de repro­cher le passé, ça serait pas mal.

Parlons de ce qu’on fait ou ne fait pas plutôt de ce qu’on a fait ou n’a pas fait. Il sera temps de reve­nir sur le passé quand tout ça sera fini.

On réagit dans l’émo­tion, mais ayons un peu d’hu­mi­lité vis à vis de ceux qui ont du prendre ces déci­sions. Prendre ces déci­sions n’a certai­ne­ment pas du être facile, et ne l’est certai­ne­ment toujours pas. Je n’ai­me­rais pour rien au moindre avoir à les prendre à leur place. Je ne peux leur repro­cher d’avoir réflé­chi plusieurs fois avant de prendre des mesures lourdes inédites dans notre histoire moderne. Je trouve telle­ment facile de dire ce qu’il aurait fallu faire, après coup, depuis notre cana­pé…

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Protégé : Ces personnes qui réchauffent un peu le cœur

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« Quoi qu’il en coûte »

Ces quelques mots du discours de notre Président hier résonnent encore dans mon esprit. En regar­dant le verba­tim c’est normal, et volon­taire : Cette expres­sion appa­raît trois fois telle quelle. Ça ne peut pas être un hasard.

Mais ça résonne parce que je m’en suis souvenu vis à vis du soutien à l’éco­no­mie. Sur les trois usages, deux sont liés au soutien à l’éco­no­mie. On proté­gera les entre­prises et l’ac­ti­vité quoi qu’il en coûte.

Ces mots résonnent et me font mal au cœur.

Ils me font mal parce qu’on n’a jamais osé les sortir pour les SDF qui meurent chaque hiver sur nos pas de portes, pour les fuites d’eau dans les tribu­naux, pour les salles de classe sans chauf­fage, pour les hôpi­taux dont on mesure aujourd’­hui la satu­ra­tion et où parfois certains meurent dans les couloirs.

Les pauvres, la justice, l’édu­ca­tion et la santé ne méri­taient visi­ble­ment pas ce quoi qu’il en coûte. Si on parle des malades aujourd’­hui, mon esprit cynique me fait croire que c’est unique­ment parce que l’am­pleur actuelle aurait un impact sur l’éco­no­mie.

Même en dehors du quoti­dien, on a une vague de réfu­giés gigan­tesque, des morts sur nos côtes, à nos fron­tières ou sur le chemin pour y arri­ver. On a un défi comme jamais l’hu­ma­nité n’en a connu avec l’évo­lu­tion du climat.

Même là, on peine à sortir les grandes mesures et jamais nous n’avons eu un quoi qu’il en coûte. Un mois d’ar­rêt de la produc­tion c’est comme si c’était la fin du monde. Quand on parle effec­ti­ve­ment de la fin du monde tel qu’on le connait, là on ne va surtout pas trop vite pour ne pas impac­ter la produc­tion.

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Je ne conteste pas les déci­sions annon­cées. Si ce n’est l’hy­po­cri­sie de saluer les services publics, le système de santé et l’im­pli­ca­tion des fonc­tion­naires après avoir cher­ché à casser ces modèles peu avant, je n’ai rien à dire sur le fond.

Je vois juste que, quand on le souhaite, on peut réser­ver les ressources et prendre des mesures graves, quoi qu’il en coûte. Je regrette que tout ce qu’il a salué hier ou les grands discours sur le climat, eux, ne justi­fiaient pas à ses yeux la même néces­sité impé­rieuse.

Oui Ron, il est temps de revoir l’ordre de nos prio­ri­tés.

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Protégé : J’ai sauté dans le vide, par sécu­rité

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Strea­ming Netflix et carbone

Je ne pouvais pas suppor­ter cette étude qui clas­sait la consul­ta­tion de vidéo en strea­ming quasi­ment au même niveau qu’al­ler cher­cher le char­bon de son barbe­cue en pickup 4×4.

Ok, j’exa­gère, mais les chiffres sortis ne semblaient réalistes à personne autour de moi et… c’est confirmé : Ils ne l’étaient pas. On parle quand même d’une erreur d’un facteur 30 à 60. Rien que ça. L’étude a été jusqu’à confondre bits et octets dans les mesures de trafic.

Cela dit, oui ça consomme, et il faut donc faire atten­tion.

La clef c’est toute­fois aussi que tout ce qu’on fait consomme. Si vous rempla­cez le strea­ming par un DVD, il faudra quand même comp­ter la TV dans le calcul (il l’était dans le décompte pour Netflix), y ajou­ter aussi la produc­tion, le trans­port et le stockage du DVD, y compris la voiture pour aller l’ache­ter ou vous le faire livrer, ainsi que la consom­ma­tion élec­trique du lecteur DVD et son coût de construc­tion – trai­te­ment en propor­tion du vision­nage.

Ça vous parait un peu flou ? Le « bon sens » propo­sait par exemple de lire un bon livre en lieu et place de votre série Netflix. Sauf qu’un livre c’est 2,7 kg de CO2. Si on reprend l’étude corri­gée, un livre c’est 25 à 50h de Netflix (27 à 57 gr par demie-heure). Même les études opti­mistes proposent au moins 1,1 kg de CO2 par livre de poche (et plus pour les grand formats), donc une dizaine d’heures sur Netflix. Sauf si vous lisez très lente­ment ou qu’il est repar­tagé de multiples fois, mieux vaut faire du strea­ming Netflix (et c’est encore plus vrai en France où notre élec­tri­cité produit très peu de carbone).


Comme l’objec­tif de mes compa­rai­sons semble mal comprise, je précise : Mon but n’est pas de déga­ger un gagnant, ni d’op­po­ser lecture et strea­ming. Il y a plein de variables (combien de fois lit-on le livre, comment est-il trans­mis, combien de personne devant l’écran de strea­ming…)et la ques­tion n’a pas grand inté­rêt. Le message de fond n’est pas non plus de dire « on s’en fout tout va bien », mais juste d’ar­rê­ter d’ima­gi­ner le strea­ming comme tota­le­ment hors de propor­tion par rapport à nos autres acti­vi­tés jugées habi­tuel­le­ment raison­nables.

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Chan­ger d’ac­ces­soire lumière

Il parait que je fais du stro­­bisme. Joli nom, n’est-ce pas ? Essen­­tiel­­le­­ment j’ai un flash déporté avec un pied et un diffu­­seur.

J’ai remplacé mon flash mais j’avais aussi mon pied qui avait cassé il y a peu et mon petit diffu­seur A5 de voyage faisait pâle figure face à mes envies de vraie boite à lumière.

La vraie contrainte : Ça doit me char­ger et m’en­com­brer un mini­mum quand je pars sur Paris avec ma valise. Boîtier, flash, objec­tifs et acces­soires divers, ça commence à déjà occu­per l’es­sen­tiel de la place.

Le pied

Je cher­chais un pied léger, qui monte à 2 mètres 20, si possible qui rentre dans une valise au format cabine. Oh, et plus de 50 €.

Je n’ai évidem­ment pas trouvé. On m’a prêté un pied récem­ment et le poids comme la taille m’ont semblé déme­su­rés pour mes trajets sur Paris.

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Je me suis fina­le­ment fixé sur un K&F. Je ne monte qu’à 2 mètres, il n’est pas très fin, mais sinon tout corres­pond. Moins de 1 Kg dans la valise, il faut faire des compro­mis. S’il est en limite de stabi­lité à pleine hauteur chargé avec flash et boite à lumière, il y a un crochet pour ajou­ter un contre­poids. Ça le fera.

La boite à lumière

J’avais un petit truc de voyage format A5 pour juste adou­cir un peu le flash. J’ai voulu voir ce que ça donnait et une octo­box para­pluie c’est effec­ti­ve­ment top. Seul reproche : C’est volu­mi­neux et je bloque encore une fois avec mes contraintes de trans­port. Ça doit tenir dans la valise, ou au moins ne pas être volu­mi­neux à côté.

J’ai trouvé une Godox 80×80 pliable. C’est carré et pas octo­go­nal, ça va bloquer les puristes, mais ça se plie dans un petit sac à plat et c’est accom­pa­gné d’un adap­ta­teur pour flash cobra. Exac­te­ment ce dont j’ai besoin. Suivant la taille et le modèle, c’est entre 30 et 70 €. Accep­table.

La fixa­tion n’est pas très rassu­rante, le pliage n’est pas évident, mais c’est infi­ni­ment mieux que les para­pluies à monture Bowens type S qui imposent de se trim­bal­ler un tube de 15 cm de diamètre.

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