Un DRM léger sur le livre électronique ?

L’IDPF (organisme de normalisation autour du livre électronique) vient de publier un document sur son approche recommandée pour les DRM (les verrous numériques qui vous empêchent de faire tout ce que vous voulez avec vos DVD, Bluray, et livres électroniques).

Cette approche légère résout pour moi trois limitations qui me semblent fondamentales :

  • Je peux partager mes contenus à mes proches, genre conjoint et enfants. C’est le minimum. Le système du compte commun à tous n’était même pas une solution
  • Je peux utiliser autant d’appareil que je le souhaite. Avec la profusion actuelle de smartphone, liseuse, tablette, pc perso, et pc pro dans une même famille, ce n’est plus un luxe.
  • Je peux accéder et lire mes contenus à vie, même si l’éditeur arrête ses services ou que le fournisseur de DRM passe à autre chose.

L’approche préconisée a d’autres défauts, notamment la multiplications des mots de passe ou l’interdiction légale de les contourner, mais reste fondamentalement moins limitante que les solutions actuelles.

Je n’oublie pas que cela reste une DRM, avec tous les défauts inhérents au DRM qui gêne les honnêtes gens sans vraiment réussir à limiter la casse de la contrefaçon (voire l’encourage). Les procédés de watermarking me semblent préférables : les mêmes bénéfices sans les problèmes qui vont avec.

Malgré tout, je préfère voir le verre à moitié plein que le verre à moitié vide, surtout si le verre Adobe qu’on me proposait jusqu’à présent était rempli uniquement au quart : Ce n’est pas une bonne solution, mais elle semble moins mauvaise que ce qu’on a actuellement.

Sur le sujet :

Pas de ministres aux législatives

Je ne sais pas quand ça a pu commencer, mais cette histoire de légitimer un ministre nommé par l’élection aux législatives est un non sens complet. Et pourquoi pas le président pendant qu’on y est ?

Un ministre ne se légitime pas avec 50 000 votants choisis

L’absurde de la chose se voit par le désistement de Najat Vallaud Belkacem des législatives. Elle s’était présentée dans une circonscription fondamentalement à droite, difficile à gagner, et préfère renoncer pour ne pas être prise au piège. Elle se serait présentée dans une autre circonscription, plus tournée à gauche, elle aurait probablement gagné facilement.

Les législatives se font par circonscriptions de 110 000 habitants, moitié moins de votants, répartis politiquement de façon très hétérogène. Prise individuellement aucune circonscription n’est représentative de la France, ni même ne s’en approche. C’est l’assemblage de toutes ces spécificités qui forme la représentation nationale.

Si on ne prend que quelques circonscriptions arbitraires pour juger de la légitimité d’une poignée de ministres, il ne reste plus aucune représentativité, ça devient purement arbitraire. Le choix de la circonscription a parfois quasiment plus d’importance que le candidat lui-même tant qu’il est soutenu par le parti.

La seule « légitimité » qui sortirait pour le ministre serait celle d’être issu d’une circonscription sans risque, ou d’avoir su s’y faire désigner par le parti en passant devant les locaux et les autres cadres du parti.

Un député si, enfin normalement

Mais encore plus idiot : Le ministre ne pourra pas prendre son siège de député, il y a incompatibilité totale. C’est son second qui prendra le poste. Quelle est alors la légitimité de ce député remplaçant qui siègera à l’Assemblée nationale si c’est la légitimité du ministre qui est l’objet de l’élection ?

Ce n’est pas une petite question, l’Assemblée nationale est sensée représenter les français.

Même pour le ministre lui-même, pour peu qu’il perde son poste rapidement et récupère son siège, quelle légitimité aura-t-il en tant que député si l’élection a jugé ses compétences de ministre ? Les deux charges sont très différentes, les expériences et compétences nécessaires le sont aussi. Un homme peut très bien exceller aux deux, mais pour quel poste l’a-t-on choisi ?

Et si on respectait la constitution ?

L’équilibre des pouvoir n’est pas issu d’une pochette surprise. Même s’il est imparfait, il a tout de même été pensé à la base. Le ministre représente l’état, et est donc nommé par ce dernier. L’Assemblée nationale représente les français, et est donc élue par ces derniers. Ensuite, les français (l’Assemblée nationale) valide la gouvernance de l’État (le gouvernement).

Tout ça est déjà prévu. Nulle part il n’est prévu ou même envisagé que les ministres ne se fassent élire. Je ne connais d’ailleurs aucun pays où ce soit le cas. Il y a des raisons à tout cela.

Nous sommes en train de casser la représentativité et la légitimité du parlement qui représente les français pour satisfaire la volonté populiste du pouvoir en place. C’est quand même très court terme comme vision.

Alors quoi ?

Alors le vrai changement, au lieu de dire « si vous perdez l’élection, il faut démissionner », ne serait-il pas plutôt de dire « si vous vous présentez c’est pour assumer le mandat que vous briguez, et il faudra démissionner de votre poste actuel si vous êtes élu » ?

Parce que finalement le choix est plutôt là : il faut être ministre ou député, pas les deux. Si quelqu’un se présente aux législative ce doit pour être député, rien d’autre. L’élection ne concerne que ça.

Ce à quoi il faut mettre fin ce sont surtout ces élections fantômes, ces réservations de places et chaises musicales avec les remplaçants pour assurer ses arrières et autres histoires d’égo ou de gros sous.

Le quinquennat

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Ok, c’est partisan et de la politique, mais il faut vraiment voir ça côté humour et parodie, sur le même esprit que des caricatures dessinées ou les marionnettes des guignols de Canal+.

Le quinquennat, générique de fin (c’est une vidéo mais c’est court et le son est optionnel).

Tous ces délits jugés moins graves que le partage de la culture

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La liste n’est pas neuve mais elle est éclairante. Nous saurons que nous aurons avancé dans la question des droits d’auteurs quand la répression ne sera plus disproportionnée.

Tous ces délits jugés moins graves que le partage de la culture

Côté échelle pénale, partager le dernier tube à la mode c’est aussi grave que l’évasion d’un détenu, l’assistance à l’eugénisme, le vol, ou l’expérimentation biomédicale à l’insu d’autrui. Plus marrant, vous risquez moins à exposer autrui à un risque immédiat de mort par une violation délibéré d’une obligation de sécurité, à harceler sexuellement, ou à faire des propositions sexuels à un mineur de moins de 15 ans par voie électronique. Côté civil si vous avez partagé un bon giga-octet de chansons, l’accusation parle en millions dans certains pays.

Bien entendu il s’agit de maximums, probablement pas pertinents et non utilisés. Ces maximums sont utiles car on fait entrer la contrefaçon industrielle dans la même catégorie. Mais même dit comme ça, ce sont aussi des maximums pour les autres délits. Le pire harcèlement sexuel imaginable vous fait risquer trois fois moins que partager des oeuvres sous droit d’auteur.

A quand la révision de l’échelle pénale ?

 

Tor Books goes completely DRM-free

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Ce n’est que le début, ça mettra encore longtemps, mais c’est bien le début. Des éditeurs sérieux commencent à abandonner les DRM sur les livres numériques. D’autres suivront, c’est inévitable et même les soutiens des DRM s’accordent sur ce point. La seule question c’est quand.

Un grand éditeur américain, Tor, filiale de Mcmillan, vient d’abandonner purement et simplement les DRM sur ses livres numériques. Il s’agit d’un éditeur de science fiction, mais pas d’un éditeur négligeable. Tor Books goes completely DRM-free.

“Our authors and readers have been asking for this for a long time,” said president and publisher Tom Doherty. “They’re a technically sophisticated bunch, and DRM is a constant annoyance to them. It prevents them from using legitimately-purchased e-books in perfectly legal ways, like moving them from one kind of e-reader to another.”

En France Bragelonne est bien en avance, puisqu’ils sont déjà sans DRM. Ce ne sont pas les seuls. Même dans les diffuseurs français plus historiques comme EDEN, c’est pas moins de 36 éditeurs qui proposent désormais leurs livres sans DRM. Les éditions La Musardine viennent d’ailleurs de les rejoindre.

Le maire refuse des enfants étrangers, les parents d’élèves sont rassurés

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Des enfants qui n’ont rien demandé et qui ne sont coupables de rien sont laissés à la rue. Leur unique faute est d’avoir des parents nés dans un pays en guerre, qui demandent asile en France pour protéger leur famille et fuir la guerre.

Ces enfants sont interdits de scolarité. Non seulement ils doivent fuir leur pays, affronter la misère, changer de langue, s’intégrer, mais en plus on se débrouille pour qu’ils n’aient pas les armes pour s’intégrer, apprendre la langue, recevoir une éducation et participer à la société, plus tard travailler et payer des impôts. Non, on les laisse à la rue, parce que vous comprenez, sinon « ils baissent le niveau de la classe ».

Peu importe qu’on gâche des vies innocentes, au moins nos enfants n’auront pas eu à vivre quelques mois de fraternité et d’entre-aide, avec potentiellement (mais ça reste à prouver) un temps à l’école centré sur le partage et pas uniquement sur l’apprentissage (si vous croyez que le CP c’est du bourrage de crâne, discutez avec un enseignant, vous vous trompez lourdement).

Voici la réflexion que je lis quand on me dit que le maire refuse des enfants étrangers, les parents d’élèves sont rassurés.

Décidément, je comprends de moins en moins mes compatriotes. Mes valeurs ne sont pas celles ci. Nous sommes dans la xénophobie la plus pure et même ces histoires de niveau scolaire ne sont qu’un prétexte. Le même quand on dit que les phares cassés et la prostitution sont la faute des étrangers.

Il est vraiment temps de changer. Dans notre devise il y a fraternité, pas frontière.

Ramener le droit d’auteur de 70 à 20 ans

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Pour le type de création qui est le plus proche de ta sensibilité, tu trouves raisonnable qu’il bénéficie d’une protection plus longue que tous les autres.

[...]

Un projet doit s’autofinancer et dégager des bénéfices dans l’année ou les suivantes, autrement c’est un échec. La faible probabilité que le projet que vous avez financé se révèle indémodable et continue de générer des profits pendant des décennies est une chance pour l’investisseur, mais ça n’a pas sa place dans dans un projet de développement sérieux.

[...]

L’important c’est de se débarrasser des durées de protection actuelles d’une vie ou plus. Ces longues périodes sont clairement néfastes pour la société, puisqu’elles gardent la plupart de notre héritage culturel commun bloqué même longtemps après que la majorité des productions aient perdu toute valeur commerciale pour les ayants droits. C’est une perte sèche économiquement parlant, et un scandale culturellement parlant.

L’argument principal est qu’en cas de réussite, la rentabilité ne demande pas plus de quelques années. En cas d’échec ce n’est pas avoir un droit d’auteur à vie qui changera fondamentalement la rentabilité. Tous ceux qui tablent sur un investissement financier de la création tablent de toutes façons sur une rentabilité très courte.

Personne ne calcule cette rentabilité sur 170 ans. Parfois c’est une bonne surprise mais ce n’est pas cela qui incite à l’investissement, et la balance entre le bénéfice et les contraintes que ça apporte à la société sont largement favorables.

Définir une durée arbitraire a peu de sens mais il faudrait compter sur quelques années, pas sur quelques dizaines. Je remarque que leur réflexion est la même que la mienne il y a quelques temps : faire un compromis pragmatique en prévoyant large.

Ramener le droit d’auteur de 70 à 20 ans ? pourquoi pas. Ça suffit à payer la création, et c’est un équilibre qui pourrait être une base acceptable, à défaut d’affirmer que c’est la base idéale.

Et vous ? quelle durée pour le droit d’auteur ? (nous parlons bien entendu de la partie patrimoniale)

Worried about online porn? Don’t regulate the net – regulate your kids

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Je n’ai jamais envisagé ça ainsi, mais ça prend vite du sens : Le problème avec le Porno c’est qu’on essaye de réguler le réseau au lieu de réguler les enfants voire les parents.

Franchement, est-il sain de brider, surveiller, et modifier la nature même du réseau et de ce qu’il peut apporter uniquement pour permettre à des parents d’abandonner leur surveillance et de laisser l’outil dans les mains de leurs enfants sans avoir à opérer leur rôle ?

Worried about online porn? Don’t regulate the net – regulate your kids

Jusqu’à présent j’ai toujours considéré que le risque était celui d’une domination de l’ordre moral mais cela pourrait être encore plus idiot : Sommes-nous en train de casser ces superbes outils que sont Internet et le web juste pour donner un peu plus de confort à quelques uns ?

More Than 55,000 Twitter Account Usernames & Passwords Are Hacked And Leaked

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Quand on trouve un article annonçant 55 000 mots de passe de comptes révélés au grand jour, je ne me plains pas de la sécurité des mots de passe ou de celle du service. Dans la liste on trouve des mots de passe complexes, et rien ne permet d’affirmer qu’il y a eu une négligence coupable de la part de twitter.

More Than 55,000 Twitter Account Usernames & Passwords Are Hacked And Leaked

C’est bien joli d’inciter les gens à utiliser un mot de passe différent par service, à ne pas les sauvegarder, d’en utiliser des complexes et en plus de les changer souvent, mais c’est proprement irréaliste

La solution on la trouve dans WebID, dans BrowserID, ou même pourquoi pas dans OpenID, malgré tout les défauts liés à ce dernier. Et si on s’y mettait ?

Ce n’est pas si complexe que ça. Il suffirait d’un mouvement de la part de la communauté pour avoir des outils simples, ergonomiques et utilisables. La base technique est là.